La Guinée compte miser sur les richesses minières pour redresser son économie

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La Guinée, à l’image de beaucoup de pays en développement, fonde beaucoup d’espoir sur le secteur de l’extraction minière. Le secteur minier représente 65 à 75 % des exportations du pays selon les années et figure en bonne place dans les priorités de développement du gouvernement, en témoigne le vaste mouvement de réformes entrepris par les autorités depuis 2010. Dans cette perspective, ces réformes visent à la fois à minimiser les risques inhérents tout en maximisant les avantages de l’activité. Ce qui suppose entre autres, une meilleure répartition des revenus tirés de l’exploitation, un respect rigoureux des normes environnementales, afin d’inscrire l’activité dans une perspective de développement durable. Réélu en octobre 2020, Alpha Condé pourra miser sur les richesses minières pour redresser l’économie guinéenne.

Cette performance pourrait contraindre Alpha Condé, réélu en octobre 2020, à miser sur les richesses minières pour redresser l’économie de son pays sachant la Guinée n’a pas échappé à la mauvaise conjoncture liée à la pandémie du Covid-19 et qui touche durement tout le continent.

Le Fonds monétaire international (FMI), qui avait prévu une croissance du pays de 5,8 % pour 2020, a revu ses estimations à la baisse, à 1,4 %. La Guinée a subi de plein fouet le fort ralentissement de l’activité économique chinoise, son principal marché d’exportations, et a souffert d’une diminution de ses exportations minières et de ses recettes fiscales, avec une contraction de la production minière de 5 % en glissement annuel pour le premier trimestre de 2020.

Pour mieux comprendre ces réformes et leur portée, cette démarche fait un diagnostic du cadre existant et des innovations apportées par les nouvelles réformes dans une perspective de développement durable du pays.

Avec près de 6 millions de tonnes d’exportations de bauxite sur l’année, le pays tire en effet une grande partie de ses revenus de l’exploitation minière. Le FMI a toutefois décaissé 148 millions de dollars afin d’aider le pays à faire face à la crise, et la croissance réelle pourrait rebondir à 6,6 % en 2021.

Le pays mise notamment sur le développement de sa gigantesque réserve de minerai de fer du mont Simandou, le plus grand projet d’exploitation minière industrielle guinéenne depuis l’indépendance.

Les gisements seront exploités par le consortium sino-singapouro-guinéen SMB-Winning, qui comprend la Société minière de Boké (SMB), la compagnie maritime basée à Singapour Winning Shipping, et des intérêts du gouvernement guinéen. La première production commerciale est prévue pour 2026.

Le projet signé, avec le consortium SMB-Winning, prévoit également la construction d’une voie ferrée de plus de 650 km reliant la région forestière jusqu’à la côte, ainsi qu’un port en eau profonde situé à Matakang. Une manne estimée à 15,5 milliards de dollars sur vingt-cinq ans.

Autre projet d’envergure : la nouvelle aérogare de l’aéroport international Conakry-Gbessia, qui sera trois fois plus grande que l’actuelle. Cet aéroport, dont la première pierre a été posée en octobre 2020, pourrait avoir une capacité de 1 million de passagers par an et sera développé par le groupe français ADP, qui a signé une concession de vingt-cinq ans.

Moctar FICOU / VivAfrik

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