Changements climatiques : institutions africaines et développement au menu

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La BAD prend part à la session virtuelle Sommet international sur l’adaptation au changement climatique du 25 – 26 janvier

Ce lundi 25 janvier, le président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), Akinwumi A. Adesina, a pris une part active au Sommet international sur l’adaptation au changement climatique. Il est intervenu dans trois sessions dont celle consacrée au dialogue interministériel sur l’adaptation globale au climat et une autre au dialogue avec l’Afrique. Lors de ce sommet, qui se poursuivra le 26 janvier, Akinwumi A. Adesina participera également au dialogue avec les chefs d’État et les autres dirigeants de la planète. BAD signale que pour saluer son engagement en faveur de la finance climatique, la Banque a été choisie en 2020 par les partenaires au développement pour abriter le Bureau régional pour l’Afrique du Centre mondial sur l’adaptation. Le 16 septembre, le président Adesina a inauguré ce nouveau centre, en présence des chefs d’États africains et d’autres personnalités éminentes, dont Ban Ki Moon, ancien secrétaire général de l’Onu, et Kristalina Georgieva, directrice générale du Fonds monétaire international.

Au sortir de la Conférence des Nations unies pour le climat organisé en 2015 à Paris (COP 21), la BAD s’est dotée d’un Plan d’action pour le climat pour la période 2016-2020 qui accorde une grande priorité au renforcement de la résilience climatique. Outre son engagement pour l’adaptation, la Banque a consenti des efforts exceptionnels en faveur de la mobilisation de la finance climatique. En effet, elle précise que les ressources de la Banque allouées au financement de l’adaptation au changement et à la résilience climatiques ont quintuplé, au cours des dernières années, passant de 338 millions de dollars américains en 2016 à deux milliards de dollars en 2019. En marge de l’édition 2021 du « One Planet Summit » tenue le 11 janvier, le président Akinwumi A. Adesina, a été nommé « champion » de l’initiative africaine de « la Grande muraille verte » (GGW) qui regroupe onze pays allant du Sénégal à l’Ouest à Djibouti à l’Est. Enfin, elle ajoute que ce sommet des 25 et 26 janvier, organisé à l’initiative des Pays-Bas et du Centre mondial pour l’adaptation, sert de cadre au lancement d’un programme d’action global sur l’adaptation qui énonce des engagements clairs permettant de mettre en œuvre de nouveaux partenariats concrets capables de renforcer la résilience de la planète au changement climatique.

Cameroun – BAD : baisse des maladies d’origine hydrique dans plusieurs quartiers de Yaoundé

 La deuxième phase du Projet d’assainissement de Yaoundé (PADY 2) est en voie d’achèvement. Un de ses résultats notables est d’avoir contribué à une forte baisse de la prévalence des maladies hydriques dans plusieurs quartiers de la capitale du Cameroun, tout en générant, dans sa réalisation, 755 emplois directs ainsi que 1130 emplois indirects, lit-on sur le site de la BAD. Publié le 14 janvier dernier par la BAD, le rapport sur l’état d’exécution et sur les résultats (EER) du PADY 2, souligne notamment que le taux de prévalence du paludisme est passé de 11,84% en 2011 à 5% en 2018, et ceux de la diarrhée de 2,7% à 0,36% et de la typhoïde de 3,06% à 0,5%. Les deux dernières pathologies ayant quasiment disparu, précise hier la BAD sur son site. Ainsi, pour appuyer ces infrastructures d’assainissement et hospitalières, 23 ouvrages hydrauliques et près de 11 kilomètres de pistes piétonnes ont été construits tandis que 90% de voies sur berges ont été réalisées sur quelque 4,8 kilomètres prévus. En outre, 38 plateformes de pré-collecte des ordures ont été mises en place, 52 kits de matériels d’hygiène et assainissement (brouettes, pelles, gants, fourches, cache-nez, machettes, etc.) ont été remis aux associations de quartiers.

Plus de huit ménages sur dix (19 838 personnes au total) ont été sensibilisés par une campagne de proximité et 172 322 lors d’une campagne de masse. Par ailleurs, une campagne de lutte chimique contre les vecteurs a été organisée dans les communes de Yaoundé 1 et 7, durant laquelle une centaine de ménages ont bénéficié d’une pulvérisation intra-domiciliaire et d’une dératisation. Enfin, sept campagnes pilotes de lutte physique contre les vecteurs ont été initiées dans sept communes en matière d’assainissement du milieu et de débroussaillage et curage des drains, d’élimination des gites larvaires et supports des nuisibles, nous apprend la BAD. Selon le responsable du PADY2, M. Eboueme Bountsebe, en dépit de ces résultats satisfaisants, quelque cas d‘inondation restent encore visibles aussi bien dans le centre-ville (Avenue Kennedy) que dans les périphéries notamment en aval de la rivière Mfoundi, en dehors de la zone d’intervention du projet. Ainsi, afin de mettre un terme définitif à ces dernières poches de résistance, le plan de prévention et de gestion des inondations de la Ville de Yaoundé réalisé durant le PADY2 sur fonds FAD en 2018, a préconisé la réalisation de nouvelles infrastructures, souligne Bountsebe. Il s’agit notamment de la création d’une dizaine de bassins de rétention, en vue de réduire les apports d’eau dans la rivière Mfoundi, la réhabilitation des ouvrages hydrauliques dont la capacité est désormais insuffisante et la mise sur pied d’un réseau d’équipements hydrométéorologiques en vue d’améliorer l’acquisition de données fiables. Il découle de ce qui précède qu’une phase complémentaire du PADY 2 permettrait d’améliorer l’atteinte de l’objectif principal du PADY. Pour finir, cette troisième phase devrait aussi se matérialiser par la construction du bassin de rétention et du collecteur sur la rivière Djoungolo à l’Avenue Kennedy, la construction du dalot situé en face de la voirie municipale raccordant le canal de la rivière Mingoa à celui de la rivière Mfoundi, la réhabilitation de la voirie de la rue du Mfoundi, menant au marché du même nom, dégradée lors de la construction du canal sur le Mfoundi. 

UE, Côte d’Ivoire sous la pression de la durabilité du cacao

En Côte d’Ivoire la question de l’approvisionnement durable des produits agricoles se pose avec acuité, nous apprend l’Agence Ecofin. Pour les pays producteurs de cacao comme la Côte d’Ivoire, ce sujet est d’autant plus d’actualité que la matière première est régulièrement pointée du doigt dans la déforestation et le travail infantile. Le 22 janvier dernier, l’Union européenne (UE) a appelé les autorités ivoiriennes à accélérer leurs efforts afin de se conformer à la réglementation à venir du bloc sur un approvisionnement durable en cacao. L’agence rapporte que le Parlement européen envisage d’adopter une législation n’autorisant que l’entrée sur le marché commun de cacao non issu de la déforestation, du travail infantile et dont la production procure des revenus décents aux communautés. En effet, l’exhortation de l’UE s’inscrivait dans le cadre du lancement de l’initiative conjointe baptisée « Cacao durable ». Annoncé en septembre dernier par la Commission européenne, ce dialogue multipartite rassemble les autorités ivoiriennes, ghanéennes, les représentants du Parlement européen, des producteurs, les organisations de la société civile et les Etats membres de l’UE.

« Le consommateur européen veut pendre du chocolat sans avoir à penser à la déforestation, au travail des enfants et à la pauvreté de ceux qui cultivent le cacao », indique Jobst von Kirchmann, ambassadeur de l’Union européenne en Côte d’Ivoire. Il faut souligner que sur le plan de la lutte contre la déforestation, les autorités ivoiriennes ont élaboré une feuille de route d’un coût global de 616 milliards Fcfa qui vise la préservation, la réhabilitation et l’extension des superficies forestières sur la période 2020-2030. Pour rappel, l’UE est le premier importateur du cacao ivoirien en absorbant plus de 60 % des expéditions du pays.

Maïmouna Diop (Stagiaire / VivAfrik)

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