Résilience face au changement climatique : l’Afrique sur la bonne voie?

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Zambie remporte le prix Water ChangeMaker 

« Résilience au changement climatique », titre la BAD dans son communique de presse du 27 janvier qui précise que le 25 janvier le prix africain « Water ChangeMaker People’s Choice» a été reçu par la Zambie, soutenu par la Banque africaine de développement et le Fonds d’investissement pour la lutte contre le changement climatique (CIF)L’agence Ecofin reprend également le communiqué à sa UNE du 28 janvier et fait savoir que le prix a été remis lors de l’édition 2021 du Sommet pour l’adaptation au changement climatique organisé par le gouvernement des Pays-Bas et le Partenariat mondial de l’eau. Le programme pilote, mis en œuvre en Zambie et intitulé « Renforcement de la résilience au changement climatique dans le sous-bassin de Kafue » (SCRiKA), a été choisi par un jury composé de spécialistes et a collecté environ 7 000 votes. Il remporte le premier prix devant deux autres finalistes : le Zutari Water Resources Group (Afrique du Sud) et le Programme de gestion du bassin du Shire (Malawi). 

Indie Dinala, cheffe de projet du SCRiKA et fonctionnaire au ministère zambien de la Planification et du Développement soutient que nous n’aurions pas pu réussir cela seuls. « Nous remercions la Banque africaine de développement et le CIF d’avoir aidé à renforcer la résilience des agriculteurs des zones rurales de Zambie pour faire face au changement climatique ». Selon toujours la cheffe de projet du SCRiKA, le gouvernement zambien, avec leur soutien, a réussi à faire progresser le développement résilient au changement climatique. « En étendant nos activités à d’autres régions, nous espérons pouvoir établir davantage de partenariats avec le CIF, les banques multinationales de développement et les acteurs de l’adaptation au changement climatique, car le besoin est immense et urgent », conclut-elle. 

Aussi, Wambui Gichuri, directrice par intérim du Département du développement de l’eau et de l’assainissement et vice-présidente par intérim chargée de l’Agriculture et du Développement humain et social à la BAD a souligné que des initiatives d’adaptation comme le SCRiKA sont nécessaires pour faire face aux impacts du changement climatique en Afrique sur les ressources en eau. Elle rajoute que le fait de savoir que des milliers d’agriculteurs ont désormais accès à des forages alimentés grâce à l’énergie solaire et à diverses technologies innovantes pour irriguer leurs cultures et augmenter leurs revenus montre comment les interventions de la Banque peuvent améliorer la qualité de vie, notamment dans les zones rurales. La sécurité de l’approvisionnement en eau est également essentielle à la sécurité énergétique, à la sécurité alimentaire et nutritionnelle, et au développement industriel. 

Pour sa part, Anthony Nyong, directeur chargé de la lutte contre le changement climatique et de la croissance verte à la Banque estime que le projet SCRiKA est la preuve du potentiel des partenariats et des communautés placées au cœur des mesures d’adaptation. Nous sommes très heureux de recevoir ce prix. La BAD continuera à mobiliser des ressources pour pouvoir réaliser davantage de projets innovants à l’échelle des besoins et transformer la situation relative aux mesures d’adaptation en Afrique. Le prix « Water ChangeMaker People’s Choice » récompense et promeut les groupes et les organisations d’Afrique, qui participent à la prise de décision dans le domaine de l’eau et qui consacrent le renforcement de la résilience au changement climatique en Afrique, eu égard au fait que le continent est à l’avant-garde de la lutte contre le changement climatique. 

Energies renouvelables et la protection des forêts - Zambie : Tetra Tech s’engage 

La résilience au changement climatique dépend grandement de la préservation des ressources naturelles forestières afin de leur permettre de jouer leur rôle de puits à carbone et d’appui à la biodiversité. L’USAID a désigné Tetra Tech pour l’accompagner dans la lutte contre la déforestation en Zambie. Pour l’accroissement de la consommation des énergies renouvelables et la réduction de la déforestation, USAID vient d’octroyer un contrat à Tetra Tech, détaille l’Agence Ecofin à sa UNE du 28 janvierGrace au financement de 25 millions $ que l’USAID mettra à sa disposition, le leader mondial des services de consultation, d’ingénierie et de services techniques, Tetra Tech s’est engagée à rendre la consommation énergétique zambienne plus écologique en 5 ans. En outre, les chercheurs et les analystes de la compagnie utiliseront des outils pointus pour analyser les études de marché, les barrières à l’adoption des options énergétiques moins polluantes afin de faciliter l’adoption des énergies renouvelables dans le pays. Le contrat inclut également un volet de réformes politiques et réglementaires qui permettra de faciliter l’implication des entreprises privées dans le secteur, écrit EcofinL’une des priorités de l’USAID en Zambie est de faire adopter des alternatives au charbon par les populations, ainsi à travers cette initiative elle espère contribuer à la réduction de la pauvreté par le biais d’une gestion durable des ressources forestières. Dan Batrack, directeur exécutif de Tetra Tech souligne que TetraTech a appuyé l’USAID dans la promotion des énergies renouvelables et la gestion des ressources naturelles en Afrique pendant 40 ans. « Nous sommes heureux de continuer à mettre notre approche scientifique au service de la promotion des solutions technologiques alternatives pour réduire l’impact du changement climatique dans les pays en voie de développement », note le directeur exécutif. Enfin, en Zambie, le phénomène de la déforestation a une ampleur telle que le gouvernement a admis le risque de disparition de ses forêts si rien n’est fait. L’USAID à travers ce programme contribue à la préservation et à la restauration des espaces verts du pays. 

Energie solaire : Tunisie, le gouvernement lance un appel d’offres pour 70 MWc  

Les autorités tunisiennes lancent un 5e appel à manifestation d’intérêts pour la construction de plusieurs centrales solaires photovoltaïques de 70 MWc. Les producteurs indépendants d’électricité (IPP) intéressés ont jusqu’au 21 mars 2021 pour se manifester, à lire sur le site web Afrik21, paru le 27 janvier. L’objectif de ce nouvel appel d’offres est de recruter des entreprises capables de produire 70 MWc à partir de plusieurs centrales solaires photovoltaïques. Chacune des six installations que souhaite construire le ministère tunisien de l’Énergie, des Mines et des Énergies renouvelables affichera une capacité comprise entre 1 et 10 MWc. Ainsi, les entreprises retenues signeront des contrats d’achat d’électricité (CAE) d’une durée de 20 ans avec la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG). Cet appel d’offres s’inscrit dans le cadre d’un vaste plan du gouvernement de la Tunisie visant à exploiter son potentiel en matière d’énergies renouvelables. Dans le cadre cette politique, les autorités ont déjà lancé quatre appels à manifestation d’intérêts. Afrik 21 pointe dans son texte que le dernier en date a été lancé il y a presque trois mois, avec pour objectif, une capacité de production de 60 MWc à partir de plusieurs centrales solaires. Le 3e appel d’offres du plan solaire tunisien a vu la qualification de plusieurs IPP notamment Akuo Energy qui s’est associée avec HBG Holding et Nour Energy pour installer une ferme solaire à Gabès au sud-est du pays. Le gouvernement tunisien a également choisi le consortium formé de Hatem Mabrouk et Bot Energy pour la construction d’une centrale solaire à Médenine, toujours au sud-est de la Tunisie. Pour finir, Tunis mise aussi sur des centrales solaires beaucoup plus grandes pour augmenter sa capacité installée. Ainsi, elle a confié à l’entreprise norvégienne Scatec, la responsabilité de construire trois centrales solaires pour une capacité totale de 360 MWc à Tozeur (60 MWc), Sidi Bouzid (60 MWc) et Tataouine (240 MWc). 

Maïmouna Diop (Stagiaire/VivAfrik)

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