Afrique : agriculture, valorisation des déchets et protection de l’environnement

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Climat Madagascar : les jeunes repensent le monde d’après

 Les jeunes Malgaches se mobilisent pour le développement durable et la lutte contre le changement climatique. Vendredi et jusqu’à samedi après-midi se tient un atelier baptisé « Le monde d’après. » Deux jours pour repenser l’économie et les modes de consommation en cette période de pandémie et de crise mondiale, a consacré RFI dans sa Une du vendredi 19 février. Organisée par le Réseau Climat Océan indien, cet atelier réunit des jeunes de trois grandes villes du pays : Antananarivo, Tamatave et Diego Suarez. La créativité et l’innovation de la jeunesse malgache a toute sa place pour apporter de nouvelles solutions respectueuses de l’environnement, explique cette plateforme qui regroupe une trentaine d’associations à Madagascar mais aussi aux Comores, à Mayotte et à La Réunion. Sur de grands panneaux, novices ou jeunes plus sensibilisés au développement durable planchent sur des solutions pour répondre à l’épineux défi de la gestion des déchets. Un problème qui concerne toute la Grande Île et que les pouvoirs publics peinent à résoudre, selon RFI. Conscient de ces impacts, à 27 ans, Andritiana Rafalimanana, s’est lancé, après ses études, dans l’entrepreneuriat durable avec la transformation de produits alimentaires. Il a baptisé sa petite société « Lucide Transformateur Entrepreneur ». Pour Andritiana, il faut toujours prendre conscience qu’une fois qu’on transforme un produit, il y aura toujours des déchets. C’est pourquoi, sa petite entreprise s’oriente dans la production des produits bio et à long terme envisage de recycler les huiles des chips pour les transformer en savons ou encore en bougies. Sécheresse, érosion côtière, pollution marine… les effets du changement climatique et de la destruction de l’environnement sont déjà bien palpables sur la Grand Île font remarquer ces jeunes. C’est ce qui pointe Delphine Berthet, l’une des fondatrices du Réseau Climat Océan Indien : « Quand on parle changement climatique, le gouvernement, et même quand on demande aux gens, ils vont parler uniquement de reboisement. Ils ne vont pas aborder dans son ensemble la problématique du changement climatique et du développement durable. Par exemple, pendant l’atelier qu’on a fait ce matin, sont ressortis beaucoup de problématiques d’urbanisation et donc de déchets et de montée des eaux à Tana, de problématique des océans, qui ne sont pas du tout pris en compte. On n’entend jamais parler de la problématique de l’océan. On entend uniquement parler de flore, de reboisement. Cette idée de monde d’après, c’est faire qu’on ne reparte pas en arrière. Grâce à cette épidémie, il y a eu beaucoup d’entrepreneurs qui ont développé leurs idées. On a vu beaucoup d’émergence de petites initiatives et on voudrait que ça continue et aussi que les jeunes soient entendus par le gouvernement parce que leurs idées ne sont jamais vraiment prises en compte dans les décisions. » La plateforme compte organiser dans les prochains jours des ateliers dans d’autres grandes villes du pays, à Majunga, Tuléar et Fianarantsoa.

Union africaine : Josefa Sacko veut faire de l’agriculture une priorité

La mise en œuvre de l’Agenda 2063 est l’une des priorités de la nouvelle Commission de l’Union africaine pour les quatre prochaines années. Josefa Sacko, commissaire à l’agriculture et au développement durable, estime qu’un fort investissement dans l’agriculture peut permettre de tenir cet agenda, d’après Africanews. « Nous avons une facture d’importation de 45 milliards de dollars par an, alors que l’Afrique dispose de 60 % de terres cultivables de la planète. Il faut apprendre à tirer profit de cet avantage et tirer aussi les leçons de la Covid-19. Notre dépendance vis-à-vis des importations a assez duré « , assure Josefa Sacko. Selon l’agronome angolaise, les catastrophes naturelles comme le cyclone Idai et la pandémie de la Covid-19 ont montré la nécessité de disposer de réserves alimentaires pour faire face aux imprévus. « C’est pourquoi nous avons déjà lancé des pistes », explique-t-elle. « Nous travaillons avec la Banque africaine de développement et la banque africaine d’import-export Afreximbank pour voir si nous pouvons mettre en place une réserve alimentaire sur le continent. Nous voulons tirer les leçons de la pandémie et développer des agro-parcs pour la réserve alimentaire. Depuis le début de la Covid-19, nous nous sommes aperçus que les nombreux pays, principalement en Afrique de l’Ouest, qui vivaient des importations de riz, notamment sur le marché asiatique, se sont retrouvés bloqués par la fermeture des frontières. On se doit de réagir. » En Afrique, l’agriculture occupe 70 % de la population et les femmes représentent 60 % de la main-d’œuvre. Seul un 1/5 des travailleuses rurales possèdent leurs propres terres. Leur difficulté à obtenir un accès à la propriété empêche leur recherche de financement. « L’accès à l’innovation, la science et le numérique est aussi fondamental que l’accès au financement. Si une personne possède sa terre, elle va pouvoir obtenir des aides de sa banque et négocier plus facilement un financement », avance Josefa Sacko. L’Union africaine mettra bientôt en œuvre les recommandations du rapport conjoint sur l’Afrique rurale où quatre domaines d’action sont privilégiés, à savoir la mise en œuvre de la stratégie de développement territorial et de création d’emplois, la gestion durable des terres et des ressources naturelles et l’action en faveur du climat. « Nous avons sélectionné de grands think tanks africains et européens pour travailler ensemble. Pendant six mois, ce groupe de travail s’est réuni en Belgique, où nous avons bénéficié d’un grand soutien de l’Union européenne pour rédiger notre rapport sur l’Afrique rurale », conclut la commissaire à l’agriculture et au développement durable de l’UA. En plus de l’agenda 2063, l’Union africaine est guidée par la déclaration de Malabo, dans laquelle les chefs d’État se sont engagés à investir 10 % de leur budget annuel dans l’agriculture. En 2020, seuls quatre pays étaient en mesure d’atteindre cet objectif d’ici 2025.

L’Afrique face au défi du recyclage d’ordures, titre la chronique de l’Agence d’information d’Afrique Centrale ce vendredi

Aujourd’hui, dans le monde, en un an, plusieurs milliards de tonnes de déchets sont produits. Si la majorité des pays développés a fait du traitement des ordures une priorité environnementale, politique et économique, d’autres nations beaucoup plus vulnérables n’arrivent pas à tenir le rythme et croulent sous les montagnes de détritus, selon l’Agence d’information d’Afrique Centrale. Cela peut paraitre caricaturale, mais jusqu’en 2019, seize des vingt-cinq pays de la planète les plus dépassés par le phénomène de décharge sauvage se trouvaient en Afrique, un continent où les décharges sont pleines à craquer, où des matériaux toxiques, des équipements électroniques et chimiques se mélangent aux ordures ménagères, où autant de détritus trainent dans des infrastructures archaïques que dans la nature ou dans les rues, pointe l’Agence. Le site affirme, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) que l’insalubrité provoque plus de treize millions de décès par an, un chiffre qui devrait exploser dans les années à venir à cause du boom démographique que subit l’Afrique. Le défi de l’Afrique est simple : réussir à donner une deuxième vie aux déchets. En effet, les ordures ne doivent plus être considérées comme des matériaux sans aucune valeur mais comme une ressource à valoriser pour en tirer des bénéfices économiques et sanitaires utiles pour tous. Face à cette triste réalité, la jeunesse africaine a pris ses responsabilités et a décidé de mener ce combat pour lutter contre ce phénomène des décharges publiques qui polluent l’air, provoquant des maladies dangereuses pour les populations. Notons que depuis quelques années, des investissements colossaux ont permis aux Africains, entre autres, de mettre en place en un temps record de réels projets de valorisation des déchets, des systèmes performants de collecte et de tri, de construire de nouvelles infrastructures, de moderniser les anciennes, de sensibiliser la population aux bienfaits du recyclage, de créer des emplois dans le secteur de l’hygiène et de la propreté, etc. Il faut savoir qu’en 2050, l’Afrique comptera plus de trois milliards d’habitants, ce qui devrait faire augmenter le mètre cube des ordures ménagères si on ne trouve pas de solutions à cette problématique. D’ores et déjà, certains pays tentent d’enrayer la prolifération des décharges sauvages en s’attaquant notamment aux aspects les plus nocifs, et particulièrement la prolifération des sacs plastiques. Lesquels sont désormais interdits dans plusieurs pays africains comme le Rwanda, où l’on vous confisque vos sacs en plastique en échange de sacs en papier dès l’arrivée à l’aéroport. À l’heure où le traitement des ordures est devenu un business grandissant et pèse plusieurs milliards de dollars, la responsabilité sociale des gouvernements et entreprises doit être une priorité. Si cette condition n’est pas respectée, c’est la santé de la planète et de ses habitants qui risqueraient d’en payer le prix fort.

Protocole d’accord entre le ministre et Syngenta

Ce vendredi 19 février, le ministère de la Promotion de la riziculture et la société agro-business Syngenta ont signé un protocole d’accord afin d’assurer auprès des partenaires de la chaîne de valeur le transfert de technologie, l’assistance technique et les formations nécessaires à l’amélioration de la production rizicole, livre Fratmat.info, à sa une du 19. Le ministre Gaoussou Touré soutient que cette signature révèle toute son importance, dans les colonnes de Fratmat.info « Certes, nous avons signé plusieurs accords mais celui avec Syngenta était très attendu au regard des points que nous avons évoqués au niveau de la stratégie de développement qui est déjà étudiée par Syngenta », a-t-il fait savoir. Et d’ajouter que cet accord permet de résoudre le problème de livraison des produits dont le ministère a besoin pour une riziculture performante. En plus, affirme-t-il, Syngenta va encadrer les producteurs, faire des études de sols afin de conseiller à ces derniers des produits adaptés. Le directeur de la société Syngenta, Franck Tokoré, a remercié le ministre pour cette confiance placée en sa société. « Nous nous inscrivons dans ce genre de démarche de partenariat car nous savons que pour transformer durablement l’agriculture en Afrique, il faut conjuguer les expertises et les expériences des acteurs du domaine. Nous adhérons à ce genre de partenariat pour qu’ensemble nous puissions développer des plateformes qui permettent aux agriculteurs de devenir prospères », a-t-il exposé.  Poursuivant ses propos, il a expliqué que les quatre axes de ce protocole d’accord s’articulent autour de la fourniture des produits phytosanitaires pour le traitement des semences et la lutte contre la maladie ; la collaboration et l’accompagnement technique pour une agriculture rentable et durable ; du financement qui va se faire à travers un fonds suisse développé spécialement pour l’agriculture, et de la digitalisation. Ce protocole, faut-il le rappeler, s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie nationale de développement de la riziculture (Sndr) 2020-2030, afin d’assurer à la Côte d’Ivoire l’autosuffisance en riz de bonne qualité avant 2025, tout en faisant d’elle une des plus grosses exportatrices africaines de riz à l’horizon 2030.

Maïmouna Diop (Stagiaire / VIVAFRIK)

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