Journée internationale des forêts : Le Sénégal s’érige en bouclier contre la déforestation et la désertification

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La communauté internationale va célébrer, dimanche 21 mars 2021, la Journée internationale des forêts sous le thème « La restauration des forêts : une voie vers la reprise et le bien-être ». Proclamée en 2012 par l’Assemblée générale des Nations Unies, la Journée internationale des forêts, fêtée le 21 mars de chaque année, se présente comme une occasion de célébrer la forêt dans sa diversité et de faire prendre conscience de l’importance des différents types de forêts mais aussi faire prendre conscience du rôle primordial que jouent les forêts dans nos vies, comme dans celles des générations futures. L’objectif visé est d’inviter les pays à engager des efforts aux niveaux local, national et international afin d’organiser des activités autour des forêts et des arbres, par exemple des campagnes de plantation d’arbres.

Malgré le fait que les forêts sont une source irremplaçable de biodiversité assurant dans le même temps la subsistance de pas moins de 1,6 milliard de personnes dans le monde, elles sont de plus en plus menacées par les phénomènes liés aux changements climatiques et à l’action anthropique.

La célébration de la Journée internationale des forêts permettra de mettre en avant l’ensemble des acteurs qui, à travers leur engagement, contribuent à entretenir, préserver ou restaurer les forêts et leur biodiversité dans un contexte de changements climatiques de plus en plus pressant. C’est pourquoi, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a à cœur de promouvoir la lutte contre la déforestation, la préservation des espaces forestiers et de leur biodiversité, mais aussi leur intégration dans des pratiques agricoles plus durables qui renforcent la sécurité alimentaire et la nutrition de toutes les populations, notamment les plus vulnérables.

Dans le cas spécifique du Sénégal par exemple, un pays particulièrement concerné par les enjeux de déforestation et de désertification, la FAO met actuellement en œuvre le projet global « Sécurité alimentaire : une agriculture adaptée (SAGA) ». Ce projet vise à renforcer la capacité des agriculteurs à s’adapter aux changements climatiques en faisant collaborer les acteurs politiques, du monde de la recherche et de la société civile.

S’exprimant sur ce projet, le Coordonnateur du Bureau sous-régional de la FAO pour l’Afrique et Représentant de la FAO au Sénégal, Gouantoueu Robert Guei a laissé entendre : « ces dernières années, le gouvernement du Sénégal a redoublé ses efforts dans la lutte contre les phénomènes de la déforestation et de désertification, particulièrement importants dans le pays. La FAO, à travers le projet SAGA par exemple, est fière de partager cette ambition et de l’intégrer au quotidien dans ses activités de terrain ».

Pour sa part, le Délégué général du Québec à Dakar, Iya Touré a révélé que « la Délégation générale du Québec à Dakar se réjouit du partenariat technique et financier établi entre le gouvernement du Québec et la FAO à travers le projet SAGA qui permet de soutenir la réalisation d’activités visant à promouvoir et renforcer la gestion soutenable des ressources forestières au Sénégal, et ce, grâce à l’expertise combinée d’organisations québécoises et de leurs partenaires sénégalais ».  

Rappelons que, dans le cadre du projet SAGA, l’Université Laval, en collaboration avec l’Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA), a réalisé une analyse de plus de 120 projets agroforestiers menés depuis près de cinquante ans au Sénégal afin de dégager leur potentiel à contribuer à l’adaptation des secteurs agricoles aux changements climatiques. Pratiquée depuis des siècles par les communautés agricoles d’Afrique de l’Ouest, l’agroforesterie, en associant des arbres aux cultures ou aux animaux d’élevage, permet d’atténuer certains impacts des changements climatiques et d’accroître la résilience des populations. Les résultats de l’étude permettent d’apporter une contribution scientifique pouvant orienter à la fois les décisions politiques et les interventions sur le terrain.

Dans la région de Matam, l’action du Centre d’étude et de coopération internationale (CECI) et de la Fédération des associations du Fouta pour le développement (FAFD) s’est inscrite dans l’initiative de la Grande muraille verte (GMV) à laquelle le Sénégal prend part aux côtés de dix pays du Sahel afin de contrer l’avancée de la désertification. Dans la commune d’Oudalaye, l’initiative a appuyé la plantation de 600 arbres fruitiers et la mise sur pied d’un « jardin intégré de résilience » (JIR), socle d’activités maraîchères résilientes au climat. Elle a démontré qu’il était possible de renforcer les moyens d’existence des communautés en restaurant des terres désertiques et en intégrant les espaces arborés à des pratiques agricoles durables.

Solidarité union coopération (SUCO) et le Groupe de recherche et d’appui aux initiatives mutualistes (GRAIM) ont pour leur part mené plusieurs activités dans la région de Thiès visant notamment à réduire la pression sur les ressources forestières, et par conséquent la déforestation. Elles ont permis à 600 femmes de s’équiper de fourneaux « jambars » économes en bois-énergie et de former les communautés sur la préparation de charbon végétal. Avec le support d’agents des eaux et forêts du gouvernement du Sénégal, l’initiative a également accompagné la construction de huit systèmes de captation d’eau de pluie pour l’entretien de pépinières destinées au reboisement.

Multi-acteur, multi-secteur et multi-échelle, SAGA renforce la planification de l’adaptation nationale pour la sécurité alimentaire et la nutrition, à travers une approche holistique, dans deux pays francophones vulnérables face aux impacts du changement climatique : Sénégal et Haïti.

Le projet facilite le dialogue politique, le renforcement de la société civile et la génération de données et d’études, et accompagne les ministères de l’Agriculture et de l’Environnement dans la mise en œuvre de leur Contribution déterminée au niveau national et le développement de leur processus de plan national d’adaptation pour le secteur de l’agriculture.

Cette collaboration reconnait que pour atteindre les objectifs du développement durable, des efforts de solidarité mondiale sont essentiels d’autant plus que la Journée mondiale des forêts 2021 est marquée par un contexte exceptionnel où les pays du monde entier doivent à la fois faire face aux changements climatiques et aux impacts généralisés de la pandémie Covid-19.

Moctar FICOU / VivAfrik

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