Les avantages de l’agroforesterie : pourquoi se lancer ?

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S’engager dans un projet d’agroforesterie peut apporter de multiples bénéfices et avantages mais requiert conseil et appui technique pour réussir en tout point son projet. Découvrez les 5 questions clés à se poser avant de se lancer en agroforesterie.

Repenser l’arbre ou la haie au sein de son exploitation agricole n’a pas que des vertus paysagères. Son entretien et son implantation apportent de multiples bénéfices :

  • – lutte contre l’érosion des sols
  • – création d’un microclimat favorisant les rendements des cultures (brise vent et limitation de l’évapotranspiration)
  • – développement d’insectes auxiliaires limitant l’attaque de ravageurs
  • – conservation des sols
  • – bien-être animal etc.

A tous ces avantages, il faut également ajouter la valorisation économique potentielle à terme du produit (bois d’œuvre, bois énergie, BRF…), des copeaux en litière plaquettes comme substitut de la paille en élevage, des récoltes fruitières en cas d’implantation de vergers ou de noyers…

Qu’est-ce que l’agroforesterie ?

L’agroforesterie se définit comme l’association d’arbres et de culture ou d’animaux d’élevage dans un même système de production agricole. Les arbres, d’essences forestières ou fruitières, peuvent se trouver au sein même d’une parcelle agricole (agroforesterie intraparcellaire) ou en périphérie (ex. haies bocagères), ou encore en peuplement forestier dans lesquels des productions végétales sont récoltées, ou des animaux sont emmenés à pâturer (sylvopastoralisme). L’agroforesterie est donc plurielle : c’est une infinité de systèmes agroforestiers, dans lesquels toutes les associations arbres et cultures ou pâtures sont imaginables.

Comment être accompagné dans son projet d’agroforesterie ?

Elaborer et intégrer un système agroforestier économiquement et agronomiquement performant sur son exploitation ne s’improvise pas. Pour réussir son projet, de nombreux critères doivent être pris en compte.

Il faut, par exemple, déterminer les essences à planter, la densité de plantation, l’orientation et la distance entre les rangées d’arbres. Ces choix dépendent aussi des objectifs de l’agriculteur, des contraintes de sol, du système de production, de la dimension des machines agricoles intervenant sur les cultures…

Les Chambres d’agriculture, comme d’autres organisations, accompagnent les agriculteurs dans leurs projets agroforestiers, de la conception du projet de plantation d’arbres ou de haies, à la valorisation en essence fruitière, bois d’œuvre, bois énergie… Vos conseillers peuvent vous accompagner dans vos questionnements juridiques ou réglementaires sur la place de l’arbre dans l’exploitation, sur les obligations PAC ou les mesures d’aides nationales, régionales ou locales dont vous pouvez bénéficier.

Un projet agroforestier peut-il réellement être rentable ?

Les retours économiques d’un projet agroforestier font souvent l’objet d’idées reçues, notamment en ce qui concerne l’impact de la concurrence entre les surfaces arborées et cultivées. Les vingt premières années, on ne perd que la surface de production occupée par les lignes d’arbres (2 à 8 %). Ensuite, en construisant intelligemment le projet au départ (orientation et espacements, adaptation de la culture intercalaire…), la baisse de rendement de la culture intercalaire peut être minimisée. Il ne faut pas perdre de vue que les systèmes agroforestiers permettent potentiellement : des revenus supplémentaires apportés par les arbres (vente des fruits, de bois énergie ou de bois d’œuvre…), de meilleures performances zootechniques grâce à une amélioration du bien-être animal, voire des diminutions de charges par la diminution du besoin en intrants et en irrigation. Dans la plupart des cas connus, la marge brute est améliorée !

L’auto-consommation de bois énergie ou de copeaux pour la litière peut s’avérer également rentable. Selon Loïc Gourvil, producteur de lait dans le Finistère et gagnant du premier prix national 2020 du concours agroforesterie en catégorie gestion : « la production de 100 tonnes de bois sec par an équivaut à une consommation de 36 000 litres de fioul  ce qui nous permet de produire plus de source de chauffage que d’en consommer ».

De quelles aides peut-on bénéficier dans son projet d’agroforesterie ?

Pour encourager la plantation d’arbres dans les parcelles, des aides sont accordées aux agriculteurs aux niveaux de certains départements, des régions ou par le biais de crédits européens (les sous-mesures 4.4 et 8.2 de la PAC, si elles sont ouvertes dans la région, peuvent financer une grande partie des investissements de plantation d’arbres et haies). Le gouvernement mobilise 50 millions d’euros dans le cadre de son Plan de relance par l’opération « Plantons des haies ! ». Son objectif consiste à planter 7 000 km de haies et arbres intraparcellaires sur la période 2021-2022, c’est-à-dire doubler les capacités annuelles de plantation agroforestière. Selon l’Ademe, le potentiel de développement de l’agroforesterie à l’échelle nationale d’ici 2030 est estimé à 400 000 ha de parcelles en agroforesterie et à 1,8 M ha de haies.

Comment s’informer sur l’impact et le succès de réalisations concrètes ?

Chaque système d’exploitation est différent et demande donc certaines adaptations. Toutefois, le Concours Général Agricole des Pratiques Agro-écologiques « Agroforesterie » met chaque année en avant des agriculteurs ayant tout particulièrement réussi leurs projets dans plusieurs catégories. Il sera facile d’entrer en contact avec les lauréats pour recueillir leur témoignage et leur parcours. Les Chambres d’agriculture coordonnent avec INRAE et de nombreux autres réseaux de la recherche, du développement et de la formation, un Réseau mixte technologique (RMT Agroforesterie) dont l’objectif est de recueillir et diffuser largement les connaissances technico-économiques des systèmes agroforestiers pour les mettre à disposition des producteurs.

(chambres-agriculture.fr)      

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