La protection des habitats naturels, un moyen de veiller sur la santé

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Les solutions pour préserver la richesse et la diversité des écosystèmes tel que le suivi de la biodiversité, la restauration des milieux naturels, des récifs artificiels sont à portée de main. Ces pratiques ont pour la plus part du temps des avantages pour les activités humaines.                               

Mais la dégradation et la destruction des habitats naturels, aujourd’hui en forte hausse, sont les principales menaces au regard de la biodiversité de la planète. Les écosystèmes naturels qui sont, à nos jours fragmentés, pollués mais aussi diminués souffrent de l’expansion des activités humaines intensives comme la déforestation, l’urbanisation, le surpâturage ou encore la pêche non durable. Mais l’impact ne s’arrête pas ici. 100 000 KM² de forêt disparaissent chaque année dans le monde, l’équivalent d’un territoire quatre fois plus grand que la Belgique, s’alarme-t-on. Avec la pandémie du Coronavirus (Covid-19), l’humanité entière a vécu une conséquence dramatique de la destruction de la nature.

Si l’on se fie à la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), 85 % des espèces classées parmi les espèces « en danger » ou « en danger critique » sont affectées par la perte de leur habitat naturel.

C’est pourquoi, il urge, selon Fonds mondial pour la nature (WWF), de préserver les milieux naturels pour assurer la survie des espèces les plus menacées. Suffisant pour l’Organisation non gouvernementale (ONG) qui fait de cette mesure l’un des objectifs majeurs d’insister sur l’instauration d’aires protégées et d’habitats sûrs pour préserver la biodiversité.

S’il fallait un argument supplémentaire pour préserver les écosystèmes, la pandémie en cours nous l’a apporté. En rappelant que les humains ne sont pas épargnés par les conséquences de l’appauvrissement de la diversité du vivant et de la destruction des habitats naturels des espèces sauvages – qui favorisent la transmission de zoonoses (maladies ou infections transmissibles des animaux à l’homme et inversement) -, elle a ravivé l’urgence de lutter contre ce que certains scientifiques nomment la « sixième extinction de masse ». Rappelons que selon le rapport 2019 de l’IPBES, sur les huit millions d’espèces animales et végétales dénombrées sur la planète, jusqu’à un million seraient menacées d’extinction à brève échéance.                           

Les activités humaines, parmi lesquelles l’exploitation intensive des terres et des ressources naturelles, les méthodes de production, ainsi que la surconsommation et les déchets qu’elle génère entraînent la dégradation et la destruction des écosystèmes. A ces aux s’ajoute la pollution liée aux activités citées plus haut. Cette pollution se propage dans tous les écosystèmes, du pôle Nord au pôle Sud, des plus hauts sommets jusqu’aux espaces maritimes où les cétacés comme le dauphin ou la baleine ne trouvent plus ni habitats ni ressources pour s’alimenter, se reposer et se reproduire, a expliqué l’ONG de défense de l’environnement.

Qui renchérit que cette situation expose de très nombreuses espèces animales qui sont désormais obligées de vivre dans des habitats naturels de plus en plus réduits et fragmentés. Elles se retrouvent isolées, courant le risque de manquer de nourriture et de ne plus pouvoir trouver de partenaires pour se reproduire. La fragmentation des habitats naturels diminue aussi la capacité des animaux à se cacher et à fuir. Ils deviennent alors des proies plus faciles pour les braconniers.

Ce calvaire n’épargna pas l’humain. Selon WWF, la destruction et la dégradation des habitats naturels de la planète ont une incidence directe sur le climat, les espèces et sur l’ensemble des ressources naturelles dont nous avons besoin pour vivre et sur notre santé. Il y a un lien invisible entre notre santé et celle des écosystèmes. En détruisant les forêts et pénétrant de plus en plus profond au cœur des écosystèmes jusqu’ici intactes, l’être humain se met en contact de nouveaux virus hébergés par la faune sauvage. On crée ainsi des opportunités pour que des virus tels que le SARS-CoV-2 qui cause le coronavirus passent de leur hôte naturel à un animal domestique ou qu’il contamine l’être humain directement.

Moctar FICOU / VivAfrik          

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