Les États-Unis s’engagent à mener la lutte mondiale contre le charbon

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Alors que le sommet virtuel sur le climat prévu les jeudi 22 et vendredi 23 avril 2021 organisé par le président américain, Joe Biden, approche à grands pas, le secrétaire d’État américain soutient que les États-Unis vont mener le combat contre le changement climatique, faute de quoi « il ne restera plus grand-chose de notre planète ».   

Antony Blinken qui s’exprimait lundi 19 avril 2021 lors d’un discours devant la baie de Chesapeake, dans l’État américain du Maryland a promis de faire pression pour que tous les pays réduisent leur dépendance au charbon avant d’annoncer le retour de Washington à l’avant-garde de ce combat après le désengagement de l’administration de Donald Trump. « Si l’Amérique ne mène pas le monde dans la gestion de la crise climatique, il ne restera plus grand-chose de notre planète», a-t-il martelé.

«Si nous y parvenons, nous allons capitaliser sur la plus grande occasion depuis des générations de créer des emplois de qualité ; nous bâtirons une société plus équitable, plus saine et plus durable ; et nous protégerons cette magnifique planète», a-t-il ajouté.

Alors que les États-Unis ont signé la semaine dernière une déclaration commune avec leur principal adversaire stratégique, la Chine, promettant de « coopérer » pour « affronter la crise climatique », Antony Blinken place aussi le curseur en termes de compétition.

A ce propos Antony Blinken indique : « pour l’instant, nous sommes en retard. La Chine est le plus grand producteur et exportateur de panneaux solaires, de turbines éoliennes, de batteries, de véhicules électriques. Elle détient près du tiers des brevets mondiaux sur l’énergie renouvelable », a-t-il fait valoir.

Avant de souligner que « si nous ne rattrapons pas notre retard, l’Amérique va rater l’occasion de modeler l’avenir climatique du monde de manière conforme à nos intérêts et valeurs, et nous perdrons un nombre incalculable d’emplois pour les Américains ».

Le climat est loin d’être une « monnaie d’échange »

Dans ce combat, Antony Blinken a mis particulièrement en avant la pression nécessaire sur les pays encore dépendants du charbon. « Nos diplomates vont mettre en cause les pratiques des pays dont l’action — ou l’inaction — nous freinent », a-t-il expliqué.

Poursuivant son discours, il a insisté sur ce fait en ces termes. « Quand des pays continuent de dépendre du charbon pour une part significative de leur énergie ou d’investir dans de nouvelles centrales à charbon, ou de permettre une déforestation massive, ils entendront de la part des États-Unis et de nos partenaires à quel point ces actions sont nocives ».

La Chine, principal émetteur mondial de gaz à effet de serre, possède environ la moitié de la production mondiale d’électricité au charbon, l’un des principaux freins à la lutte contre le réchauffement. Mais le sujet est aussi sensible aux États-Unis : l’ex-président Trump, qui avait retiré son pays de l’accord de Paris sur le climat, s’était érigé en défenseur des producteurs de charbon — même si la demande américaine de charbon ne cesse de diminuer.

Rappelons que Joe Biden a rejoint l’accord de Paris sur le climat dès le premier jour de son mandat. Et il organise ce sommet virtuel pour préparer la conférence des Nations unies sur le climat, la COP26, qui aura lieu du 1ᵉʳ au 12 novembre 2021 à Glasgow, en Écosse.

Malgré les vives tensions avec Moscou et Pékin, il a invité le président russe Vladimir Poutine, qui interviendra par visioconférence, et le chinois Xi Jinping — qui réserve sa réponse.

Aux républicains qui soupçonnent le président démocrate de vouloir transiger avec Pékin au nom de la crise environnementale, Antony Blinken a assuré lundi 19 avril 2021 que le climat n’était pas « une monnaie d’échange ». «Nous allons mettre la crise climatique au cœur de notre politique étrangère et de sécurité nationale », a-t-il assuré, car « le changement climatique risque d’aggraver énormément chacun des défis sécuritaires auxquels les États-Unis sont confrontés ».

« Mais cela ne signifie pas que les autres pays peuvent marchander leurs progrès climatiques pour s’acheter notre bienveillance face à leur mauvais comportement sur d’autres sujets importants pour notre sécurité nationale », a-t-il promis.

Moctar FICOU / VivAfrik

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