L’ONU exhorte à initier d’urgence une action contre le changement climatique

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A quelques heures de la tenue du sommet international sur le climat prévu les 22 et 23 avril 2021 et organisé par le président Américain, Joe Biden, les Nations unies alertent sur l’urgence imposée par la crise climatique. Des mesures fortes doivent être prises au plus vite.  

Le temps presse pour s’attaquer à la crise climatique alors que 2021 doit être l’année de l’action contre le changement climatique « dont les répercussions sont déjà trop coûteuses pour les populations de la planète », a souligné l’Organisation des Nations unies (ONU) lundi 19 avril 2021.

Les pays « doivent agir maintenant pour protéger les populations contre les effets désastreux du changement climatique », a mis en garde le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, lors de la présentation, en compagnie de Petteri Taalas, le patron de l’Organisation météorologique mondiale, de son rapport annuel.

Le rapport rappelle que l’année dernière a été l’une des trois plus chaudes jamais enregistrées et que les concentrations de gaz à effet de serre ont augmenté malgré le ralentissement économique lié à la pandémie du Covid-19.

« Nous sommes au bord du précipice », a insisté le patron de l’ONU. L’organisation compte sur une série de sommets clés, qui commencent cette semaine, pour offrir aux dirigeants de la planète l’occasion d’agir.

Une alliance « essentielle »

Le rapport est publié peu avant le sommet sur le climat organisé par le président Américain, Joe Biden jeudi et vendredi : quarante dirigeants mondiaux ont été invités à participer à ces discussions virtuelles visant à galvaniser les efforts des principales économies pour lutter contre la crise climatique.

L’« occasion » pour les pays qui ne l’ont pas encore fait d’annoncer de nouveaux objectifs climatiques ambitieux, a souligné Antonio Guterres.

Washington doit notamment dévoiler ses nouvelles cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2030.

Samedi 17 avril 2021, la Chine et les Etats-Unis, les deux plus grands pollueurs du monde, se sont engagés à « coopérer » dans la lutte contre le changement climatique. Une alliance « essentielle », a souligné le chef de l’ONU.

Ce sommet devrait être l’occasion de mieux informer afin de faire « changer les mentalités », selon la jeune militante écologiste suédoise Greta Thunberg.

« Tant que nous ne traitons pas la crise (climatique) comme une crise, nous n’arriverons pas à obtenir de changement profond », a-t-elle déclaré lors d’une autre conférence de presse, organisée par l’OMS.

M. Guterres compte par ailleurs sur la conférence des Nations unies sur le climat, la COP26, en novembre pour que des « changements radicaux » interviennent enfin.

 « Faire plus, et plus vite »

Les niveaux d’ambition actuels en matière de climat sont en effet bien en deçà de ce qui serait nécessaire, estime-t-il.

« Les pays doivent s’engager à atteindre des émissions nettes nulles d’ici 2050 », a-t-il déclaré, ajoutant: « Nous devons faire plus, et plus vite, dès maintenant ».

L’Accord de Paris de 2015 sur le changement climatique prévoit de plafonner le réchauffement de la planète en dessous de deux degrés par rapport au niveau préindustriel, tandis que les pays poursuivront leurs efforts pour limiter l’augmentation à 1,5 C.

Mais l’Organisation météorologique mondiale estime qu’il y a au moins une probabilité sur cinq que la température moyenne mondiale dépasse déjà temporairement la barre des 1,5°C d’ici à 2024.

« Tous les indicateurs climatiques clés (…) mettent en lumière l’aspect durable et implacable du changement climatique », résume Petteri Taalas.

« Implacable changement climatique »

« Tous les indicateurs climatiques clés […] mettent en lumière l’aspect durable et implacable du changement climatique, l’augmentation du nombre et de l’intensité des phénomènes extrêmes, ainsi que les pertes et dégâts de grande ampleur, qui nuisent aux individus, aux sociétés et aux économies », résume Petteri Taalas.

« Pour stabiliser la température moyenne mondiale à 1,5 °C ou 2 °C au-dessus des niveaux préindustriels d’ici la fin du siècle, il faudra une réduction ambitieuse des émissions de gaz à effet de serre, qui doit commencer à se produire au cours de cette décennie », prévient le patron de l’OMM.

En 2020, les concentrations des principaux gaz à effet de serre – dioxyde de carbone, méthane et protoxyde d’azote – ont continué d’augmenter malgré la réduction temporaire des émissions liée à la pandémie de Covid-19, qui a fait ralentir les économies.

Par ailleurs, selon le rapport, 2020 a été l’une des trois années les plus chaudes jamais enregistrées, avec par exemple des températures ayant atteint 38°C à Verkhoyansk en Russie le 20 juin, du jamais-vu au nord du cercle polaire.

L’élévation du niveau de la mer s’accélère, tandis que le stockage de la chaleur et l’acidification des océans augmentent, diminuant la capacité de l’océan à modérer le changement climatique.

Le rapport pointe également que l’étendue minimale de la glace de mer dans l’Arctique en septembre 2020 a été la deuxième plus faible jamais enregistrée.

En outre, un nombre sans précédent de 30 tempêtes dans l’Atlantique a été enregistré avec à la clé au moins 400 décès et coûté 41 milliards de dollars de dégâts.

Des vagues de chaleur extrêmes, de graves sécheresses et des incendies de forêt ont également entraîné des dizaines de milliards de dollars de pertes et de nombreux décès.

Enfin, quelque 9,8 millions de déplacements, dus en grande partie aux risques et catastrophes hydrométéorologiques, ont été enregistrés au cours du premier semestre de 2020.        

Moctar FICOU / Vivifrik

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