La famine aux portes de la région du Tigré en Ethiopie, le PAM apporte une aide alimentaire d’urgence

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« Il existe un risque sérieux de famine si l’aide n’est pas augmentée ces deux prochains mois » au Tigré en Ethiopie, avait averti un haut responsable de l’Organisation des Nations unies (ONU) dans une note, mardi 25 mai 2021 au Conseil de sécurité, en réclamant des mesures urgentes.

« Il est clair que les personnes vivant au Tigré sont désormais confrontées à une insécurité alimentaire considérablement accrue en raison du conflit, et que les parties au conflit limitent l’accès à la nourriture », a pour sa part fait part le secrétaire général adjoint des Nations unies pour les affaires humanitaires, Mark Lowcock.

Rappelons qu’une résolution de 2018 impose à l’ONU d’alerter le Conseil de sécurité à chaque fois qu’un conflit menace d’entraîner une famine dans une région ou un pays.

Il s’avère que la quasi-totalité de la population dans la région du Tigré en Ethiopie a besoin d’aide alimentaire, a de son côté indiqué, mardi 1 juin 2021, le Programme alimentaire mondial (PAM), qui a lancé un appel de 203 millions de dollars pour accroître son aide.

Le PAM « a distribué une aide alimentaire d’urgence à plus d’un million de personnes depuis le début des distributions en mars dans les régions du nord-ouest et du sud de la région du Tigré, où un total de 5,2 millions de personnes – soit 91% de la population du Tigré -, ont besoin d’une aide alimentaire d’urgence en raison du conflit », a déclaré un porte-parole, Tomson Phiri, lors d’un point de presse à Genève.

Poursuivant son speech, il laisse entendre : « nous sommes profondément préoccupés par le nombre de personnes que nous voyons avoir besoin d’un soutien nutritionnel et d’une aide alimentaire d’urgence ».

Le PAM est responsable de l’aide alimentaire d’urgence dans les zones du nord-ouest et du sud du Tigré et va intensifier ses opérations pour atteindre 2,1 millions de personnes dans ces zones.

L’accès, en particulier dans les zones rurales, reste le principal défi à cause de l’insécurité.

« Le PAM demande 203 millions de dollars (166 millions d’euros, Ndlr) pour continuer à accroître sa réponse dans le Tigré afin de sauver des vies et des moyens de subsistance jusqu’à la fin de l’année », a expliqué M. Phiri.

Le PAM coordonne son intervention alimentaire au Tigré avec Commission nationale de gestion des risques de catastrophe (NDRMC) et un consortium d’ONG soutenu par les Etats-Unis. Les trois opérateurs opèrent principalement dans des zones différentes, le PAM étant présent dans les zones du nord-ouest et du sud.

Rappelons que depuis plus de six mois après le lancement d’une opération militaire annoncée comme rapide par le premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, les combats et exactions se poursuivent au Tigré où le spectre d’une famine plane depuis plusieurs mois.

Des estimations considèrent que « plus de 90% des récoltes ont été perdues en raison du pillage, des incendies ou d’autres destructions, et que 80% du bétail de la région a été pillé ou abattu », a aussi indiqué le haut responsable de l’ONU.

A Genève, le porte-parole du PAM a indiqué que l’organisation est « alarmée par l’impact du conflit sur les niveaux déjà élevés » d’insécurité alimentaire.

« Nous constatons une augmentation du nombre de femmes et d’enfants souffrant de malnutrition », a-t-il indiqué, expliquant que près de la moitié des femmes enceintes ou allaitantes dans 53 villages souffraient de malnutrition modérée ou aiguë. « Près d’un quart de tous les enfants qui ont été examinés ont été trouvés mal nourris », a-t-il ajouté.

Le PAM souligne également que l’insécurité met à mal la capacité des travailleurs humanitaires à atteindre de nombreuses communautés vulnérables au Tigré, en particulier dans les zones rurales. Suffisant pour l’organisation onusienne d’appeler à un cessez-le-feu.

« Un cessez-le-feu et un accès sans entrave sont essentiels pour que le PAM et tous ses partenaires au Tigré puissent atteindre toutes les régions et toutes les personnes qui ont désespérément besoin d’une aide vitale », a insisté Tomson Phiri.              

Moctar FICOU / VivAfrik                                         

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