« La dégradation a atteint, depuis 1980, plus 25% des superficies couvertes », regrette le ministre de l’Environnement

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L’augmentation de la population humaine, le développement de l’industrie, de l’urbanisation et des transports, ainsi que la surpêche et les cultures peu diversifiées conduisent à la détérioration des écosystèmes, a souligné le ministre Sénégalais de l’environnement et du Développement durable, samedi 5 juin 2021 lors de la célébration de la Journée mondiale de l’environnement axée autour du thème : « Restauration des écosystèmes ».

« Ce thème est un rappel au rétablissement de l’harmonie dans relation avec la nature. Il s’agit aussi d’un appel à la mobilisation générale pour intensifier l’action en faveur de la restauration des écosystèmes dégradés à l’échelle mondiale. C’est aussi une invite à une prise de conscience individuelle et collective pour relever les défis présents auxquels l’humanité fait face notamment la pandémie du Coronavirus et les changements climatiques », a expliqué Abdou Karim Sall.    

Qui ajoute que cette journée, célébrée le 5 juin de chaque année et instituée par les Nations unies depuis 1972, vise à sensibiliser et à renforcer la responsabilité humaine dans la protection de l’environnement mais aussi vise une prise de conscience de leur rôle central dans la régulation du climat et des modes de vie.

Au Sénégal, la commune de Toubacouta, dans le département de Foundiougne, (région de Fatick),  a été choisie pour abriter la cérémonie marquant la célébration officielle de l’édition 2021 de cette journée. L’année 2021 marque le début de la « décennie pour la restauration des écosystèmes », adoptée le 1er mars 2019, par l’assemblée générale des Nations unies.

Ainsi, pour adapter l’évènement au contexte spécifique du Sénégal, la journée sera célébrée sur le thème : « PSE vert, un levier pour la sauvegarde et la restauration des écosystèmes au Sénégal ».  

« La crise écologique engendrée par la dégradation des écosystèmes représente une grande menace pour l’humanité. Ici, dans la zone éco géographique du Delta du Saloum, qui héberge sur 64 000 hectares, l’une des plus formations de mangroves du Sénégal, la dégradation a atteint, depuis 1980, plus 25% des superficies couvertes ».

A l’en croire, cette situation s’explique surtout par une exploitation abusive des ressources procurées par les mangroves qui jouent un rôle primordial dans le développement socio-économique local.

Le département de Foundiougne abrite la réserve de la biosphère du Delta du Saloum, qui constitue un écosystème fragile, menacé par les changements climatiques et les actions anthropiques. La dégradation de la mangrove et la salinisation des terres dans cette zone, représentent les manifestations les plus notables du recul de cet écosystème particulier.

« Les projets déployés sur ce site par le ministère de l’Environnement, offrent un bon prétexte pour abriter cette cérémonie officielle », a notifié M. Sall.

Lors de son séjour à Toubacouta, le ministre a visité des sites d’intérêt biologique et écologique, inauguré la mutuelle d’épargne et de crédit des femmes de Toubacouta. Il a aussi effectué une visite dans les stands d’exposition des acteurs de la conservation de la mangrove, un échange de pratiques de lutte contre la dégradation des écosystèmes, une distribution de lots de matériels aux écoles les plus distinguées dans la promotion de bonnes pratiques environnementales.

« Il est attendu de la communauté internationale, la restauration de 350 millions d’hectares d’écosystèmes terrestres et aquatiques dégradés, qui générait 9 000 milliards de dollars US en services éco systémiques et éliminerait de l’atmosphère, 13 et 26 gigatonnes de gaz à effet de serre », a conclu M. Sall.                       

Moctar FICOU / VivAfrik 

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