Sénégal : Ibrahima Thiam plaide pour la mise en place d’une stratégie nationale de restauration des écosystèmes de mangroves

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Le directeur exécutif l’Organisation non gouvernementale (ONG) Wetlands International qui sauvegarde et restaure les zones humides pour l’homme et la nature a profité de la cérémonie de célébration de la Journée mondiale de l’environnement, samedi 5 juin 2021 à Toubacouta, commune située dans le département de Foundiougne, région de Fatick pour inviter les autorités à mettre en place une stratégie nationale de restauration des écosystèmes de mangroves.

Même si la communauté internationale a célébré cette Journée autour du thème : « Restauration des écosystèmes », le Sénégal, pour adapter l’évènement au contexte spécifique, l’a célébré du thème  suivant : « PSE vert, un levier pour la sauvegarde et la restauration des écosystèmes au Sénégal ». Un choix loin d’être fortuit, selon Ibrahima Thiam.

« Le Sénégal dispose des écosystèmes d’importance mondiale abritant notamment des forêts de mangroves et une diversité d’espèces. Le Delta est donc l’endroit idéal pour accueillir la cérémonie de célébration de la Journée mondiale de l’environnement eu égard à la thématique retenue. Il faut cependant noter que les mangroves ont décliné d’environ 15 à 25% entre 1980 et 2015 même si des études récentes rapportent un accroissement entre 86 et 2006 », a dit patron de Wetlands International Afrique.

A l’en croire, cet accroissement est dû aux efforts de restauration et de conservation.

De manière générale, les menaces qui pèsent sur les mangroves sont les pratiques illégales et non durables de gestion des ressources naturelles, le développement d’infrastructures non soucieuses de l’environnement, tout cela exacerbé par effets négatifs des changements climatiques.

Malgré tout, M. Thiam reste optimiste et envisage des options d’adaptation. « Les options d’adaptation à ces changements climatiques sont préconisés afin de réduire la vulnérabilité et préserver ces écosystèmes », a-t-il poursuivi avant d’évoquer la valeur économique réelle des mangroves.

« Pour mieux mettre en évidence la valeur réelle des mangroves, nous avons effectué une estimation économique des services éco systémiques des mangroves du Delta du Saloum en 2020. Cette étude a évalué la contribution des mangroves au développement local à 964 milliards FCFA sur une période de 10 ans. Elle démontre qu’en restaurant et en conservant de manière durable les mangroves, le gouvernement du Sénégal peut économiser d’importantes ressources qui serviraient autrement à construire des pistes de production contre l’érosion », a renchéri M. Thiam lors ce rassemblement.

« C’est donc que, dans cadre, monsieur le ministre, en relation avec les directions techniques de votre ministère avec lesquelles nous travaillons au quotidien que nous avons l’intention proposer la mise en place d’une stratégie nationale de restauration des écosystèmes de mangroves », a-t-il plaidé.

Le directeur exécutif l’Organisation non gouvernementale, Wetlands International, par ailleurs porte-parole des différentes ONG qui ont pris part à cette rencontre a confié qu’ils conscients du rôle que les ONG doivent jouer à côté des élus locaux, de l’administration territoriale en vue de la gestion durable et participative des ressources naturelles au profit des communautés. C’est pourquoi, ces ONG ont mis en place la plateforme Mangrove qui est placée sous l’autorité technique de l’Aire marine protégée (AMP) de Fatick. Cette plateforme regroupe l’ensemble des départements techniques, des gestionnaires des AMP, des élus locaux et constitue un cadre d’harmonisation et de formulation des activités des experts.  

Moctar FICOU / VivAfrik          

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