350 000 personnes menacées par la famine au Tigré, selon l’ONU

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Au moins 350 000 personnes sont menacées par la famine au Tigré, une région du nord de l’Éthiopie au moment où des « groupes armés » bloquent l’aide humanitaire. C’est ce qu’a prévenu les Nations unies jeudi 11 juin 2021 six mois après la fin de la guerre dans cette région du nord de l’Éthiopie opposant l’armée au gouvernement rebelle de la province. 

Selon l’Organisation des Nation unies, (ONU) plus de 90 % des plus de cinq millions de personnes vivant au Tigré ont besoin d’une aide alimentaire d’urgence, a dit l’ONU qui a lancé un appel urgent pour obtenir plus de 200 millions de dollars afin d’intensifier sa réponse.

91 % de la population du Tigré va avoir besoin d’aide alimentaire. Et selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), il s’agit de la situation la plus grave depuis la famine qui avait fait 250 000 victimes en Somalie il y a dix ans. « C’est la pire situation d’insécurité alimentaire que j’ai vue depuis des années », confirme Mark Lowcock, le patron de l’OCHA.

« La famine sévit maintenant au Tigré », a confirmé M. Lowcock, chef des opérations humanitaires des Nations unies. « Nous avons vraiment besoin que tout le monde se mobilise », a-t-il insisté.

Les États-Unis et l’Union européenne (UE) ont lancé jeudi 11 juin 2021 un appel pressant à l’action pour lutter contre un début de cette famine provoquée par le conflit au Tigré, à la veille d’un sommet des dirigeants du G7 au Royaume-Uni.  

« La famine est peut-être déjà en cours dans certaines zones, menaçant la vie de centaines de milliers de personnes. C’est inadmissible », a lancé l’ambassadrice américaine aux Nations unies, Linda Thomas-Greenfield, lors d’une visioconférence internationale organisée par les États-Unis et l’UE.

Au cours des derniers mois, le responsable onusien a envoyé quatre notes d’alerte au Conseil de sécurité, comme cela est fait « à chaque fois que nous pensons qu’un conflit pourrait amener à une situation d’insécurité alimentaire ou à la famine », explique-t-il. Les trois premières alertes avaient poussé les quinze membres à se réunir – à huis clos – mais la dernière, envoyée il y a deux semaines, n’a eu aucun effet, a-t-il regretté.  

De son côté, Janez Lenarcic, commissaire européen chargé de la gestion des crises a soutenu que, « pour éviter une catastrophe humanitaire, l’ensemble de la communauté internationale doit agir directement et indirectement, rapidement et avec vigueur ».

L’impact du changement climatique sur les pays les plus pauvres, le financement du développement et les relations avec le continent africain seront évoquées par les dirigeants des sept grandes puissances industrialisées et leurs invités au cours de leur sommet ce week-end au Royaume Uni.

L’ambassadrice américaine a déploré l’incapacité du Conseil de sécurité de l’ONU à organiser une réunion publique pour mettre fin à la crise. Une réunion à huis clos est prévue mardi prochain.

« Nous assistons à un cauchemar humanitaire (…) Nous ne pouvons pas laisser l’Éthiopie mourir de faim. Nous devons agir maintenant », a-t-elle déclaré, dénonçant une urgence « provoquée par l’Homme ».

Moctar FICOU / VivAfrik

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