La Guinée mise sur l’interdiction la coupe de bois pour endiguer la déforestation

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Halte à la déforestation. C’est le leitmotiv des autorités guinéennes. Pour atteindre cet objectif, elles ont interdit, à partir du lundi 14 juin 2021, la coupe de bois sur tout le territoire de ce pays ouest-africain à la riche biodiversité attaquée par une déforestation massive.

Selon ces autorités qui se sont exprimées via les réseaux sociaux, cette décision fait suite à des opérations clandestines d’abattage qui ont fait grand bruit ces dernières semaines, dans les régions de Mamou ou Faranah (centre).

« Après avoir constaté la coupe abusive du bois dans nos forêts et l’exploitation illicite des ressources forestières en général, le ministère de l’Environnement, des Eaux et Forêts interdit la coupe et le transport du bois sur toute l’étendue du territoire national à compter du lundi 14 juin 2021 et ce jusqu’à nouvel ordre », indique un communiqué du ministère publié sur sa page Facebook et daté du 11 juin 2021. En outre, le ministère interdit à l’administration la délivrance de permis de coupe et de transport.

La Guinée « fait partie des pays qui ont les taux de déforestation les plus rapides au monde », indique le ministère sur son site internet dans un article intitulé « déforestation effrénée ».

A signaler que la Guinée qui était à 14 millions d’hectares dans les années 1960, a vu son couvert forestier passé, à la fin des années 2010, à moins de 700 000 hectares. Ce qui fait de ce pays d’Afrique de l’Ouest « l’un des mauvais élèves » de la conservation des forêts, note-t-on dans le texte, malgré les efforts de reforestation entrepris. Même les « quelques lambeaux de forêts classées (…) ne sont pas épargnés ».

A l’origine de cette baisse drastique du son couvert forestier guinéen, l’on retient une diversité de facteurs à savoir l’expansion des cultures du cacao, du café ou de l’huile de palme, l’agriculture sur brûlis pratiquée par une population de plus en plus nombreuse, la pression démographique d’une population qui a doublé en quarante ans, les activités minières, l’exploitation du bois, légale ou clandestine, pour lui-même ou pour d’autres activités comme l’extraction de sel ou le fumage du poisson.

Les spécialistes affirment que cette déforestation appauvrit la biodiversité et impacte les populations, confrontées à l’érosion et à l’acidification des sols. La télévision nationale guinéenne rapportait, il y a quelques jours, la découverte de quantités considérables de bois, essentiellement du bois dit de rose, abattues clandestinement dans la région de Mamou.

« Selon les informations que nous avons, ce bois est exporté vers la Sierra Leone (pays voisin) et drainé vers les pays asiatiques », disait le colonel Layaly Camara, directeur national des Eaux et Forêts.

Dans le même temps, le sous-préfet local, Kaba Keita a dénoncé le manque de collaboration des populations. « On n’a ni de près ni de loin été informé par la population ».

Dans la foulée, les autorités Guinéennes ont annoncé la suspension de plusieurs hauts cadres de l’administration et des services forestiers à la suite de ces affaires de coupes illicites de bois.

Moctar FICOU / VivAfrik  

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