« Le PROMOGED devra ainsi contribuer à l’éradication des décharges sauvages », selon Macky Sall

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Le Sénégal entend miser sur le Projet de promotion de la gestion intégrée et de l’économie des déchets solides (PROMOGED) pour trouver une réponse au colossal défi de la gestion des déchets. C’est dans cette perspective que le chef de l’Etat Sénégalais, Macky Sall a procédé, jeudi 24 juin 2021 au lancement dudit projet à la décharge de Mbeubeuss.  

S’exprimant sur la pertinence du « projet qui devra ainsi contribuer à l’éradication des décharges sauvages », néfastes pour l’environnement, la santé des populations, les activités économiques et l’attractivité des cités, Macky Sall informe que « le PROMOGED procédera à l’assainissement complet du site de Mbeubeuss avec l’installation d’une unité de tri et de compostage de déchets. Le PROMOGED est un instrument stratégique d’exécution du programme Sénégal zéro déchets ».

Le site de Mbeubeuss, une décharge à ciel ouvert aux portes de Dakar est ouverte en 1968 et est devenu un enfer écologique et sanitaire. Avec le PROMOGED, elle sera assainie, et réhabilitée progressivement grâce à l’installation cette unité de tri et de compostage des déchets. C’est là la première étape d’un vaste programme financé par l’État et les bailleurs pour améliorer la salubrité publique. À terme, le projet vise à créer 150 infrastructures de traitement des déchets, dans 138 communes, et devrait générer 3 000 emplois.

Mbeubeuss, puis à terme les régions de Thiès, Saint Louis, Matam, Ziguinchor, Sédhiou et Kolda doivent être couvertes par le PROMOGED. Coût total du projet : 314 millions d’euros, soit 206 milliards de FCFA, dont 163 milliards financés par les bailleurs, Banque mondiale, coopération espagnole, Banque européenne d’investissement et Agence française de développement (AFD). Objectif affiché par le président Macky Sall : un « Sénégal zéro déchet ».

« La décharge cessera d’être une source de menace pour devenir une niche d’opportunités », a annoncé le maire de la commune de Malika, Talla Gadiaga.

« En consacrant ma première visite officielle dans le tout nouveau département de Keur Massar à l’hygiène publique et à l’assainissement, j’ai à l’esprit les défis majeurs notamment l’insalubrité et l’inondation », a confié Macky Sall, assurant que ces questions seront prises en compte par le nouveau projet de gestion intégrée des déchets.

« Nous avons commencé à les résorber grâce au travaux de la phase 2 du PROMOGED qui est un projet de gestion des eaux fluviales d’adaptation des changements climatiques piloté par l’Agence de développement municipal avec la création d’ouvrages hydrauliques et de voiries ainsi que divers aménagements paysagers qui seront réalisés à la fin de ce mois de juin », a-t-il expliqué.

Dans la modernisation de Keur Massar, récemment transformé en département, Macky Sall entend aller plus loin avec l’initiative qu’il vient de mettre en branle.

« Le PROMOGED que nous lançons, aujourd’hui (Ndlr : jeudi 24 juin 2021) vise à créer de meilleures conditions d’hygiène et de salubrité publique partout au Sénégal à travers une stratégie nationale intégrée de gestion et de valorisation des déchets. Ce faisant, nous rendons notre pays plus propre en créant, en même temps, des emplois et d’autres activités génératrices de revenus », poursuivi le président de la République sénégalaise.

Un projet ambitieux, qui suscite aussi des inquiétudes : dans une tribune, la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (CNTS) et l’ONG Wiego ont appellent à un processus plus « inclusif et transparent » pour protéger les quelques 2 000 « récupérateurs » qui travaillent dans la décharge de Mbeubeuss.

Tentant de rassurer ces deux entités, Macky Sall dit prêter une oreille attentive aux récupérateurs en activité et renseignant que leurs intérêts seront entièrement pris en compte à travers leur reconversion dans la filière dans le respect des normes d’hygiène, de santé, de sécurité et de sûreté.

Moctar FICOU / VivAfrik  

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