Utiliser les données climatiques pour renforcer la résilience des agriculteurs ouest-africains face aux chocs climatiques

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[Dakar] — Du 28 juin au 02 juillet 2021, environ vingt (20) agents des services météorologiques de huit (08) pays d’Afrique de l’Ouest seront formés à Dakar (Sénégal), sur la production de données climatiques robustes à partir des données satellitaires combinées avec les données des stations météorologiques collectées, au profit des agriculteurs.
En Afrique de l’Ouest, l’agriculture qui est fortement dépendante des systèmes de production pluviale, subit les affres des changements climatiques. Ce qui compromet la sécurité alimentaire et nutritionnelle ainsi que le bien-être des populations.
« Le changement climatique a un sévère impact sur l’agriculture et pour les agriculteurs, il est plus que jamais essentiel de s’adapter, voire d’anticiper afin de réduire leur impact sur la qualité de vie des producteurs », déclare Dr Caroline MAKAMTO SOBGUI, Experte en Mise à l’Échelle des Technologies et Innovations au CORAF.

Afin d’aider les agriculteurs à faire face à l’impact négatif du changement climatique, le CORAF et World Agroforestry (ICRAF) collaborent avec divers partenaires, notamment AGRHYMET, l’International Research Institute for Climate and Society (IRI) et bien d’autres. La présente formation qui est une initiative conjointe du CORAF et de l’ICRAF, s’inscrit dans le cadre de cette collaboration. Elle vise à renforcer les capacités des agents des services météorologiques des pays de l’Afrique de l’Ouest, en les dotant des techniques et outils pour (1) contrôler la qualité des données climatologiques, l’acquisition des produits climatiques par satellite, (2) cartographier des données des réseaux climatologiques avec un accent particulier sur la quantification des incertitudes d’interpolation, (3) combiner des données satellitaires et celles des réseaux pluviométriques et enfin (4) élaborer des produits climatiques d’aide à la décision.

L’atelier de renforcement de capacité des agents des services météorologiques s’inscrit dans le cadre de l’initiative « Enhancing National Climate Services (ENACTS) », qui est une approche mise au point par l’IRI et ses partenaires, pour fournir des données climatiques robustes, fiables et facilement accessibles aux décideurs et aux producteurs en Afrique.
Cette formation sur le module «Merging» de ENACTS permet de remédier à la faible densité du réseau météorologique en Afrique sub-Saharienne. Elle permet d’établir une corrélation entre le peu de données observées qui existent et celles des images satellitaires, et à partir de cette corrélation, d’extrapoler pour générer des données avec des qualités acceptables pour les sites qui n’en disposent pas.


La formation ENACTS-Merging est une composante très utile pour la mise à l’échelle de l’approche « Services climatiques participatifs intégrés pour l’agriculture (PICSA) » qui a été mise au point par l’université de Reading en Angleterre et ses partenaires dont l’ICRAF, dans le cadre d’un projet sur les changements climatiques, financé par le programme “Climate Change, Agriculture and Food Security (CCAFS)”. L’approche PICSA a pour objectif d’aider les producteurs à prendre des décisions adéquates fondées sur l’information climatique et météorologique actuelle et historique spécifique à leurs localités, en tenant aussi compte des options de cultures, de l’élevage et d’autres moyens de subsistance localement pertinents pour eux.


« L’information climatique constitue un puissant outil d’aide à la décision, qui aide les agriculteurs à prendre des décisions éclairées pour mieux faire face au changement climatique », soutient Dr MAKAMTO SOGBUI.

La formation sera assurée par des partenaires d’AGRHYMET basés au Niger et de IRI, basés aux Etats-Unis.

Les principaux résultats escomptés à l’issue de l’atelier de formation de cinq (05) jours sont les suivants :
• Une maîtrise des outils et des techniques de contrôle de qualité, de spatialisation des données climatologiques ;
• Une maîtrise des outils et des techniques de combinaison des données satellitaires et celles des réseaux au sol ;
• La production des grilles de pluie et des cartes de référence contribuant au renforcement des services climatiques ;
• La production des produits opérationnels pour le suivi de la campagne agricole sur la base de la combinaison des données satellitaires et celles des réseaux au sol ;
• Le renforcement de la maîtrise du logiciel R —un logiciel dédié aux statistiques et aux bases de données.

Les participants viendront des six (06) pays couverts par le programme de Partenariat pour la recherche, l’éducation et le développement agricoles en Afrique de l’Ouest (PAIRED) que sont le Bénin, le Mali, le Niger, le Nigéria, le Ghana et le Sénégal, et de deux pays additionnels à savoir le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire.

À propos du CORAF : Le CORAF, une organisation sous-régionale constituée des systèmes nationaux de recherche agricole de vingt-trois pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre, a pour mandat de coordonner la mise en œuvre des politiques sous-régionales de recherche agricole telles que définies par les gouvernements. Créé en 1987 avec son Secrétariat Exécutif à Dakar, Sénégal, le principal objectif du CORAF est d’améliorer les moyens de subsistance en Afrique de l’Ouest et du Centre, à travers des augmentations durables de la production et de la productivité agricoles et de promouvoir la compétitivité et les marchés.

À propos de l’ICRAF : Le World Agroforestry (ICRAF) est un centre d’excellence scientifique et de développement qui exploite les multiples avantages que les arbres procurent à l’agriculture, aux moyens de subsistance, à la résilience et à l’avenir de notre planète, à partir des champs des agriculteurs à l’échelle continentale des paysages. Avec son siège basé à Nairobi, Kenya, il s’est donné pour vision, un monde équitable où tous les peuples ont des moyens de subsistance viables soutenus par des paysages sains et productifs.

À propos d’AGRHYMET : Créé en 1974, le centre régional AGRHYMET est une institution spécialisée du Comité permanent inter-États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS) regroupant treize pays qui sont : Bénin, Burkina Faso, Cap Vert, Côte d’Ivoire, Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal, Tchad et Togo. Il a pour objectifs (i) de contribuer à la sécurité alimentaire et à l’augmentation de la production agricole dans les pays membres du CILSS et de la CEDEAO et (ii) d’aider à l’amélioration de la gestion des ressources naturelles de la région du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest.

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