La famine progresse à nouveau dans le monde, selon l’ONG Oxfam

0

Les chiffres font mal dans le dos. En effet, plus de 500 000 personnes se trouvent « dans des conditions proches de la famine », soit six fois plus qu’en 2019. D’ici à la fin de l’année, onze personnes pourraient mourir de faim chaque minute.

Mieux, explique l’ONG Oxfam dans son nouveau rapport publié le 8 juillet 2021, la famine est l’une des conséquences les plus lourdes de la pandémie de Covid-19. Ainsi, le nombre de personnes souffrant de ce fléau a été multiplié par six depuis le début de la pandémie.

Actuellement, sept personnes meurent chaque minute de la pandémie dans le monde. Mais l’ONG Oxfam sonne l’alerte. Le nombre de personnes vivant dans des conditions de famine a été multiplié par six depuis le début de la pandémie, atteignant plus de 520 000 individus. Elle met en cause ce qu’elle nomme « les 3 C », comme Conflits, Covid-19 et Crise Climatique.

En cause, le « cocktail explosif des trois C », à savoir « les conflits, le Covid-19 et le changement climatique », qui pourrait, « sans action immédiate », d’ici à la fin de l’année, faire mourir de faim onze personnes par minute, une cadence « supérieure au taux de mortalité actuel dû à la pandémie, qui est de sept personnes par minute », selon l’ONG. Les conflits restent toutefois « la principale cause de la faim depuis la pandémie, poussant plus d’un demi-million de personnes dans des conditions proches de la famine, soit six fois plus » qu’en 2019, indique Oxfam.

Au total, 155 millions de personnes sont désormais en situation de crise alimentaire, c’est-à-dire exposées à des difficultés d’accès à la nourriture, selon ce rapport. C’est « l’équivalent de la population de la France, l’Allemagne et la Belgique réunies », et c’est 20 millions de plus qu’en 2019.

La pandémie et les mesures de confinement ont fait ralentir l’activité économique et provoqué un chômage de masse. À cela s’ajoutent les fermetures de frontières qui continuent de perturber l’approvisionnement de certains pays comme le Yémen ou Haïti. Toutes ces mesures ont provoqué une augmentation de 40% du prix des denrées alimentaires depuis l’année 2020. Ce qui en fait l’inflation alimentaire la plus importante de la décennie.

Parmi les 155 millions d’êtres humains en situation de crise alimentaire, deux sur trois vivent dans un pays en guerre ou en conflit. A cela s’est ajouté « l’impact massif » des chocs économiques, « exacerbés par la pandémie de coronavirus, et l’aggravation de la crise climatique, plongeant des dizaines de millions de personnes supplémentaires dans la faim ».      

L’ONG s’inquiète notamment des zones les plus ravagées par le conflit, comme le Burkina Faso et le nord du Nigeria. L’escalade des violences notamment dans le bassin du lac du Tchad a conduit plus de 5 millions de personnes à fuir.

La région du Sahel subit l’une des crises alimentaires les plus préoccupantes dans le monde, avec actuellement 1,6 million d’enfants souffrant de malnutrition aiguë. Les inondations, près de deux fois plus nombreuses en cinq ans, ont détruit les habitations et anéanti les cultures et les troupeaux de près de deux millions de personnes l’année dernière.

Dans le même temps, Oxfam regrette que les gouvernements ne fassent pas une priorité de la lutte contre la faim alors que les budgets affectés aux dépenses militaires se multiplient. Le Mali par exemple a importé sept fois plus d’armes ces cinq dernières années qu’au début de la décennie.

Pour Hélène Botreau, porte-parole d’Oxfam, « il faut arrêter les conflits, surtout dans cette période de pandémie où on a besoin que les États se recentrent sur des services essentiels, sur la protection sociale ». Les budgets affectés aux dépenses militaires, les ressources pour acheter des armes augmentent, alors que les ressources pour répondre à la crise alimentaire n’augmentent en parallèle pas assez vite ».

L’ONG attend des gouvernements qu’ils prennent des mesures à l’occasion du prochain Comité de la sécurité mondiale qui se tiendra à Rome en octobre 2021.

Parmi les foyers de faim extrême identifiés, l’Afghanistan, le Yémen, la région sahélienne d’Afrique de l’Ouest, le Soudan du Sud et le Venezuela, notamment, ont vu leur situation s’aggraver encore en 2020. « On assiste aujourd’hui à une superposition des crises : conflits incessants, conséquences économiques du Covid-19 et une crise climatique qui s’affole, tous ces événements ont poussé plus de 520 000 personnes dans une situation catastrophique de famine », a déclaré Hélène Botreau, chargée de plaidoyer pour la sécurité alimentaire et l’agriculture à Oxfam France, citée dans un communiqué de presse.

Moctar FICOU / VivAfrik

Laisser un commentaire