Pour la FAO, l’Afrique est le continent le plus touché par la faim

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Malgré le fait que l’Asie compte le plus de personnes qui soient confrontées à la faim, c’est plutôt l’Afrique qui est le continent le plus touché avec 21% de sa population a souligné Dominique Burgeon, directeur à Genève du bureau de liaison de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) qui intervenait sur la Radio France internationale (RFI) dans la rubrique « Invité Afrique ».

M. Burgeon a renchéri qui a reconnu que la tendance globale était à la diminution jusqu’en 2014-2015 a ajouté que, « si en terme de nombre de personnes, c’est effectivement l’Asie qui a le plus de personnes qui sont confrontées à la faim, en matière de pourcentage, c’est malheureusement l’Afrique avec 21% de la population qui compte le plus de personnes affectées par la faim. 21% de la population, 282 millions de personnes sur un nombre total de 768 millions de personnes en 2020 qui étaient confrontées à la faim ».

« Depuis 2015, malheureusement, nous voyons que cette tendance s’est inversée et que le nombre de personnes confrontées à la faim continue à augmenter, avec une augmentation bien plus forte qui a été enregistrée au cours de l’année 2019 liée en particulier aux conséquences indirectes de la pandémie du Covid-19 », a poursuivi l’invité de la rubrique « Invité Afrique ».

Le site d’information matinlibre.com renseigne que cette situation serait liée aux conflits, les événements climatiques extrêmes, les catastrophes naturelles et les chocs économiques lesquels viennent s’accumuler sur un terreau de grande pauvreté et d’inégalité. En outre, la pandémie du Covid-19 n’a fait qu’accentuer la faim dans le monde. Ainsi, l’Afrique a connu une augmentation de 3%, alors qu’en Amérique latine, on a une augmentation de 2% et en Asie, une augmentation d’un peu plus de 1% du nombre de personnes confrontées à la faim en 2019.

Profitant de l’antenne de la Radio France internationale, « Dominique Burgeon explique le terme de « prévalence de la sous-alimentation ».  « C’est vrai qu’on peut dire que le terme de « prévalence de la sous-alimentation » est un terme très technique, mais concrètement qu’est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire que les personnes n’ont pas accès à une alimentation de qualité en quantité suffisante, de manière stable, au cours de l’année afin de leur permettre de conduire une vie saine et productive. Et malheureusement, on voit sur le continent africain qu’il y a beaucoup de crises alimentaires dans des pays comme la République démocratique du Congo qui est en matière d’insécurité alimentaire aigüe la plus grande crise alimentaire au monde, où on a le plus grand nombre de personnes qui sont en insécurité alimentaire aigüe, on voit que si on ne parvient pas à fournir de l’aide humanitaire, mais aussi très vite à enclencher le processus de développement, cela pourrait conduire à des situations de famine ».

« Il y a des gens qui meurent de faim en Afrique et des conséquences de la faim. Quand vous avez faim, votre capacité à résister aux maladies est beaucoup plus faible. Le problème, c’est qu’on ne doit pas attendre qu’il y ait une déclaration de famine dans un pays pour effectivement agir. Il faut agir bien plus tôt, quand on montre des tendances graves par rapport au nombre de personnes en insécurité alimentaire aigüe » admet M. Burgeon dont les propos sont repris par matinlibre.com.

Si l’on se fie à l’invité de la rubrique « Invité Afrique », il existe des pistes de sortie de crise. « Le rapport met en particulier en évidence six voies possibles vers la transformation des systèmes alimentaires qui ont trait à l’intégration de l’action humanitaire des politiques de développement et de consolidation de la paix, le renforcement de la résilience face au changement climatique et face à l’adversité climatique, aussi qui promeut des interventions le long de la chaîne d’approvisionnement en vue de réduire les coûts des aliments nutritifs, de promouvoir des stratégies afin de lutter contre la pauvreté des inégalités structurelles, et enfin de travailler sur le comportement des consommateurs. Et donc, tout cela, ce sont des solutions qui sont envisagées dans ce rapport. Il est évident qu’il ne s’agit pas de les adopter telles quelles, dans leur ensemble pour tous les pays, mais bien d’avoir une analyse détaillée de la situation pays par pays, en appuyant les autorités à faire cette analyse afin de pouvoir proposer des changements politiques et des portefeuilles d’investissement qui seraient capables d’au moins d’inverser la tendance d’ici à 2030 » a confié le directeur à Genève du bureau de liaison de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture lors de son intervention à RFI.             

Moctar FICOU / VivAfrik                 

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