L’Éthiopie annonce la fin de la deuxième phase de remplissage du Barrage de la Renaissance

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L’Éthiopie est arrivée au bout de la deuxième phase de remplissage de son mégabarrage controversé sur le Nil. Ce dernier, censé devenir la plus grande infrastructure hydroélectrique d’Afrique une fois achevé, est à l’origine d’un conflit diplomatique entre Addis Abeba et les pays en aval, l’Égypte et le Soudan.

Selon un responsable éthiopien qui s’exprimait lundi 19 juillet 2021, la fin de la deuxième phase de remplissage de ce Barrage veut dire qu’il est prêt à produire de l’électricité après le succès de cette seconde phase de remplissage.

« Le premier remplissage a été effectué l’an dernier, le deuxième est aujourd’hui achevé et sera formellement annoncé aujourd’hui ou demain », a assuré le responsable sous couvert d’anonymat ajoutant que la quantité d’eau stockée était désormais suffisante pour assurer la production d’énergie.

Rappelons que l’Éthiopie a procédé avec succès à la deuxième phase de remplissage de son mégabarrage sur le Nil.

En juillet 2020, l’Ethiopie avait annoncé avoir rempli son objectif de stocker 4,9 milliards de m3 d’eau et prévu une seconde phase à 13,5 milliards de m3.

Il y a désormais assez d’eau pour mettre en opération les deux premières des treize turbines du barrage, a indiqué ce responsable éthiopien sans avancer de date précise pour le début de la production d’électricité.

Le « Grand Ethiopian Renaissance Dam » (Gerd) constitue une pomme de discorde avec les Soudanais et les Égyptiens, tous deux tributaires du Nil pour leurs ressources hydrauliques, depuis le lancement du projet en 2011.

Des discussions entamées sous l’égide de l’Union africaine (UA) n’ont pas permis aux trois pays de parvenir à un accord tripartite sur le remplissage du barrage et sur les modalités d’opérations des retenues d’eau.

Le Caire et Khartoum avaient demandé à Addis Abeba de surseoir au remplissage du barrage dans l’attente de la conclusion d’un accord.

Le Conseil de sécurité des Nations unies s’était saisi de l’affaire le 8 juillet 2021 pour négocier un accord, mais l’Éthiopie a diplomatiquement repoussé cette initiative en jugeant « regrettable de constater que l’avancement des négociations a été freiné et politisé ».

« L’Éthiopie a clairement indiqué à maintes reprises que porter le sujet devant le Conseil de sécurité des Nations unies était et reste inutile et loin du mandat du Conseil », avait indiqué mardi dernier le ministère éthiopien des Affaires étrangères.

Le méga-barrage, d’une contenance totale de 74 milliards de m3 d’eau, est construit depuis 2011 dans le nord-ouest de l’Ethiopie, près de la frontière avec le Soudan, sur le Nil bleu qui rejoint le Nil blanc à Khartoum pour former le Nil.

Avec une capacité de production d’électricité de 5.000 mégawatts, revue à la baisse par rapport aux 6.500 initiaux, il devrait devenir un des plus grands barrages hydroélectriques d’Afrique. 

Moctar FICOU / VivAfrik

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