Situation précaire des pêcheurs Sénégalais : BP pointée du doigt

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Sale temps pour les pêcheurs Sénégalais à la ligne. En effet, d’interdictions d’activités à Djatara (région de Saint Louis) ces pêcheurs sont en colère contre la compagnie pétrolière British Petrolum (BP) suffisant pour eux lors d’une marche de protestation avec des brassards rouges organisée, dimanche 1er aout 2021.

Les membres de l’association des pêcheurs artisanaux à la ligne de Saint-Louis (APALS) ont tenu, hier, un point de presse pour dénoncer les agissements mafieux que les fait subir British Petroleum. Les professionnels de la pêche à la ligne accusent la compagnie anglaise, pour des intérêts personnels, de vouloir les tuer à petits feux en les interdisant d’exercer leur métier dans la zone appelée « Djatara », l’un des sites les plus poissonneux de la côte. Ils menacent de riposter si les autorités ne réagissent pas pour rappeler à l’ordre BP.

Depuis plusieurs mois, aucune activité de pêche à la ligne n’est exercée dans la zone de Djatara à cause de l’interdiction des services de sécurité de British Petroleum BP, ont fustigé les leaders de l’association des pêcheurs artisanaux à la ligne de Saint-Louis. A en croire le président de l’APALS, la situation actuelle de la pêche à Saint-Louis est plus dévastatrice que la troisième vague du Covid-19.  » British Petroleum BP est entrain de sacrifier, pour ses propres intérêts, des milliers de familles de pêcheurs de la Langue de Barbarie.

Depuis qu’ils ont commencé l’installation de leur plateforme, plus de 1800 petites pirogues et des milliers de pêcheurs à la ligne sont à quai parce qu’ils sont interdits d’activité à Djatara et dans les récifs des environs. Chaque jour, d’honnêtes chefs de familles sont traqués, humiliés, éconduits dans leur propre pays comme de vulgaires bandits » a râlé à teranganews.sn Elh Douss Fall. Avant de dénoncer que la compagnie pétrolière anglaise, BP, est entrain de violer les lois et règlements de notre pays, de fouler au pied les règles les plus élémentaires de respect de la dignité humaine.  » Ce qu’elle fait subir aux pêcheurs artisanaux du Sénégal, elle n’ose pas le faire en Angleterre où ailleurs. Ce comportement esclavagiste est indigne dans un Etat de droit comme le Sénégal. British Petroleum BP doit savoir que nous sommes des responsables de famille et des chefs d’entreprise au même titre qu’elle. C’est pourquoi nous prenons l’opinion nationale et internationale à témoin puisqu’on ne va plus la laisser détruire l’œuvre de toute une vie » a-t-il martelé.

Très remonté contre les responsables de BP, le président des pêcheurs artisanaux à la ligne d’avertir  » BP veut la guerre, et bien, elle l’aura. Car nous n’allons pas nous laisser faire. Nous allons mener une campagne de dénonciation nationale et internationale contre British Petroleum BP sur cette basse forfaiture ».

Pour M. Fall qui s’est confié à teranganews.sn, pendant cette période de l’année, c’est la pêche artisanale à la ligne qui fait vivre tout Saint Louis.  » Les sennes tournantes sont à quai et l’essentiel du poisson quotidien est assuré par les petites pirogues qui pêchent sur les récifs qui ceinturent Saint Louis particulièrement à Djatara. Malheureusement à cause de son projet Tortue, British Petroleum BP interdit aux pêcheurs l’accès même de ces récifs. Alors, est-ce normal dans un pays qui se respecte qu’une compagnie anglaise puisse venir interdire l’accès des sites de pêche que des générations et des générations de pêcheurs ont toujours exploité, surtout en ces temps extrêmement difficiles de crise sanitaire sans aucune mesure d’accompagnement ?  » s’est désolé le président de l’APALS.

Avant d’interpeller l’État du Sénégal et le Président Sall pour qu’ils se penchent sur ce cas précis avant qu’il ne soit trop tard. « Que le président de la République sache que c’est sa famille qui est en danger. Actuellement, les pêcheurs sont à bout de souffle, et nous ne pouvons pas toujours continuer à gérer les comportements épidermiques. Nous avons alerté pour que des solutions appropriées soient trouvées avant que le pire n’arrive » a-t-il déclaré à teranganews.sn.

Mais en attendant de vous le bout du tunnel pour ces milliers de pêcheurs et leurs familles, l’association APALS interpelle les organisations de défense des droits de l’homme et a entrepris des tournées auprès des familles religieuses de Saint Louis, Touba et Tivaouane pour les sensibiliser sur la question.

Moctar FICOU / VivAfrik

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