Le GIEC publie son 6ème rapport sur le climat avec à la clef 6 chiffres alarmants

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Le nouveau rapport des experts climat de l’ONU (GIEC), dévoilé ce lundi, montre que le climat change plus vite, et plus fort que ce que l’on craignait. Même en limitant le réchauffement global, de nouveaux désastres « sans précédent » menacent l’humanité, déjà frappée par des canicules et inondations en série.

Alerte rouge pour l’humanité. Le Groupe intergouvernemental sur le climat (GIEC), a publié lundi 9 aout 2021, le premier volet de son sixième rapport : une première depuis sept ans. Ces nouvelles prévisions climatiques, très attendues à trois mois de la conférence climat COP26, sont accablantes.

Réchauffement climatique, montée des eaux, fonte des glaces, multiplications des épisodes dévastateurs… le climat change plus vite qu’on le craignait… Et les humains en sont en grande partie responsables.

· + 5,7 °C

C’est le point central du rapport. Dans tous les scénarios envisagés, du plus optimiste au plus pessimiste, la température mondiale devrait atteindre + 1,5 °C, par rapport à l’ère pré-industrielle, autour de 2030. Soit dix ans plus tôt que la précédente estimation du GIEC il y a trois ans.

Mais les températures pourraient aussi monter beaucoup plus haut. Cinq scénarios sont présentés par le GIEC. Le plus noir envisage un réchauffement compris entre 3,3 et 5,7 degrés.

Une hypothèse loin d’être insensée. Car seule la moitié des gouvernements ont révisé leurs engagements d’émissions de gaz à effet de serre. La précédente série d’engagements, pris dans la foulée de l’Accord de Paris de 2015, conduirait à un monde à +3 °C, s’ils étaient respectés. Au rythme actuel, le monde se dirige plutôt vers +4 °C ou +5 °C.

· + 2 mètres

Certaines conséquences du réchauffement de la planète sont déjà « irréversibles pour des siècles ou des millénaires », alertent les experts climat de l’ONU. C’est le cas notamment de la fonte des glaces et de la montée des eaux, quel que soit le rythme des futures émissions de gaz à effet de serre.

Le niveau des océans a augmenté d’environ 20 cm depuis 1900, et le rythme de cette hausse a triplé ces dix dernières années sous l’influence grandissante de la fonte des calottes glaciaires. Les scientifiques estiment désormais que le niveau de la mer pourrait gagner jusqu’à 1 mètre d’ici 2100.

Cette hausse pourrait atteindre près de 2 mètres d’ici à 2300, soit deux fois plus qu’estimé par le GIEC en 2019. Pire encore : en raison de l’incertitude liée aux calottes, dans le scénario du pire, les experts ne peuvent pas exclure une augmentation de 2 mètres d’ici 2100.

· 410 ppm

Le GIEC pointe la responsabilité humaine dans ce réchauffement de la planète. Depuis 2011, la concentration dans l’atmosphère de CO2, principal agent des gaz à effet de serre à l’origine du réchauffement, en moyenne annuelle, s’élève à 410 ppm. Cette valeur n’a pas été aussi élevée depuis au moins deux millions d’années.

· 800.000 ans

Le GIEC n’avait jamais autant parlé du méthane, deuxième gaz à effet de serre le plus important après le CO2. Il sonne l’alerte ce lundi : si les émissions de CH4 ne sont pas réduites, cela pourrait saper les objectifs de l’Accord de Paris.

Les concentrations de CH4 dans l’atmosphère – auxquelles contribuent les fuites venues de la production de gaz, les mines, le traitement des déchets et le bétail – dans l’atmosphère sont à leur plus haut depuis 800.000 ans. Et il a un pouvoir de réchauffement bien plus important que le CO2, même s’il reste bien moins longtemps dans l’atmosphère.

· X 150

Le rapport souligne également les progrès exceptionnels de la « science de l’attribution ». Cette dernière permet désormais de quantifier la part de responsabilité du réchauffement dans un événement météo extrême spécifique, à l’instar des inondations, canicules ou épisodes de sécheresse.

Les scientifiques ont par exemple montré que la canicule extraordinaire au Canada en juin 2021, avec des températures frôlant les 50 °C, aurait été « presque impossible » sans le changement climatique. Le réchauffement a ainsi rendu le « dôme de chaleur » 150 fois plus susceptible de se produire.

· X 3

Océans, terres, atmosphère : toute la planète se réchauffe, mais certaines zones plus vite que d’autres. En Arctique par exemple, la température moyenne des jours les plus froids devrait augmenter trois fois plus vite que le réchauffement mondial. Et si le niveau de la mer monte partout, il pourrait gagner jusqu’à 20 % de plus que la moyenne sur de nombreux littoraux.

Pour les scientifiques, l’effondrement des calottes glaciaires est identifié comme un « point de rupture ». Si sa probabilité est faible, son impact serait dévastateur. S’il vient à se produire, les changements seraient radicaux, et parfois irréversibles.

Avec Les Echos

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