Au Sénégal, la Grande muraille verte vise un taux de survie de 80% pour ses plantations, dixit le colonel Moussa Diouf

0

Le secrétaire général de l’Agence sénégalaise de la reforestation et de la Grande muraille verte, le colonel Moussa Diouf a indiqué, dimanche 29 août 2021 à Mbartoubab, une localité située dans la commune de Sieul, région de Louga que sa structure nourrit l’ambition d’atteindre un taux de survie d’au moins 80% de ses plantations afin d’avoir, d’ici à cinq ans, « une grande muraille verte bien établie ».

« Nous voulons que tout ce qui est planté survive. C’est l’ambition que nous avons pour que nos plantations se portent bien et que d’une année à l’autre nous ayons des taux de survie d’au moins 80%, pour que d’ici à cinq ans au plus nous ayons une Grande muraille verte bien établie », a-t-il dit.

L’Agence sénégalaise de la reforestation et de la Grande muraille verte précise que pour parvenir à cet objectif, un « système de contrat-plante est mis en place pour contractualiser avec les communes », a signalé M. Diouf lors d’une journée de plantation organisée à Mbartoubab.  

Il a expliqué que les communautés locales auront en charge pendant un an la production de plants, le reboisement, la reforestation, l’arrosage et la surveillance, le temps de regarnir et remplacer les plants morts la saison suivante.

A ce propos, le colonel Diouf affirme que « des moyens de l’agence seront mis à la disposition des populations et nous sommes en train de recruter 7 000 jeunes qui seront réparties dans toutes les communes du Sénégal et en particulier, sur le tracé de la Grande muraille verte ».

Le secrétaire général de l’Agence sénégalaise de la reforestation et de la Grande muraille verte a, en outre, annoncé le recrutement de 500 jeunes dans le département de Louga, lesquels seront déployés dans les communes pour sensibiliser sur la Grande muraille verte, mais aussi s’occuper de la surveillance, de l’entretien et de la lutte contre les feux de brousse ainsi que du regarni et de l’arrosage.

Rappelons que la commune de Sieul est l’une des 16 communes du tracé de la partie sénégalaise de la Grande muraille verte, un projet continental commun à 11 pays situés dans une zone allant du Sénégal à Djibouti. Son objectif est de stopper l’avancée du désert à travers la mise en place d’une bande d’arbres, aussi mais de favoriser le développement local.

« Le Sénégal est en train de jouer sa partition à Sieul, sur une parcelle de 450 ha. Vous avez vu toute la mobilisation de la population, du maire et des communautés pour appuyer ce programme », s’est félicité le secrétaire général de l’Agence. L’objectif vise à reboiser un million 300 mille plantes, dont 45 000 à Mbartoubab

Pour atteindre Mbartoubab, il faut, à partir de la commune de Keur Momar Sarr, emprunter une piste latéritique boueuse, conséquence des dernières pluies. On débouche ensuite sur une immense forêt formée de centaines d’arbres. Ici, impossible de ne pas tomber sous le charme de la palette de couleurs que présentent les arbres, arbustes, buissons et le tapis herbacé. Un paysage captivant dont seule la course affolée des chèvres et des moutons broutant de l’herbe au bord de la piste, vient perturber la contemplation au passage d’une voiture. C’est ce décor qui s’expose sous les yeux du passant jusqu’à Mbartoubab, a-t-on décrit dans l’Agence de presse sénégalaise (APS).

Sur place, une cinquantaine d’hommes et de femmes dont des adolescents s’activent. Ils sont divisés en plusieurs groupes. Pendant que certains creusent, d’autres, regroupés autour d’un baril, remuent énergiquement une substance gluante qui est ensuite versée sur de petits sauts transportés par des femmes puis versée sur des trous destinés à recevoir les plantes.

« Pour se donner une chance d’avoir un succès dans la reprise des plantes, nous avons mis des sillons qui vont permettre de capturer l’eau de pluies qui ruisselle », a-t-il expliqué.

Ensuite, nous avons aussi utilisé cette substance gluante, des polymères appelés pluies solides qui sont des particules qui (…) vont se gonfler et permettre de capter l’eau et de la mettre à la disposition de la plante. Voilà l’innovation », expliqué Alioune Guissé, professeur titulaire d’écologie à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD).

Pour sa part, le Directeur de la grande muraille verte, Gora Diop a soutenu : « nous avons deux facteurs limitants au niveau du tracé de la muraille verte. Le premier, la protection des parcelles, car l’essentiel du cheptel national s’y trouve. Le second est l’aridité et la rareté de l’eau. Aujourd’hui, un travail du sol a été fait, et il permet de retenir le maximum de l’eau par l’utilisation d’un polymère qui nous permet de diminuer l’évaporation de l’eau ».

« En début année, au niveau de la Grande Muraille verte, nous avons planifié une production d’un million 300 mille plantes qui sont réparties dans 10 pépinières tout le long du tracé de la Grande Muraille, verte dans 16 communes. Et leur production nous permet de réaliser ces différents chantiers de reboisement », a-t-il poursuivi.

Signalons qu’au début de la semaine dernière, la délégation s’était rendue à Golmy, un village situé dans le département Bakel, à Ranénou dans la région de Matam, puis à Mbartoubab. Dans le cadre de la planification annuelle, il est prévu d’y réaliser 6 200 ha de plantation massive sur tout le long du tracé de la muraille verte.

Selon M. Diop, il est prévu de reboiser, sur la parcelle de Mbartoubab, 45 000 plantes composées de cinq espèces différentes. « Au moment où nous parlons, nous avons dépassé pratiquement la moitié », a-t-il indiqué.

Le maire de la commune de Sieul, Sidy Dior Ka, s’est réjoui de l’initiative qui, selon lui, est un « grand espoir pour le pays, car pouvant contribuer à stopper l’avancée du désert, développer l’élevage et contribuer au développement économique des localités ».

Moctar FICOU / VivAfrik

Laisser un commentaire