L’UICN appelle à des « changements radicaux » dans son manifeste clôturant le Congrès mondial de la nature

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Ouvert au public pour la première fois, le Congrès, qui s’est tenu durant huit jours à Marseille, a d’abord montré que les questions de biodiversité devaient être traitées au même titre que celles liées à la crise climatique.

C’est pourquoi, le manifeste de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) propose notamment de protéger au moins 30% de la planète d’ici à 2030, mais aussi de créer un réseau d’aires protégées « ambitieux, interconnecté et efficace ».

A quelques semaines de la conférence de l’Organisation des Nations unies (ONU) sur le climat COP26 et de la COP15 biodiversité, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) appelle à des transformations ambitieuses. L’UICN, forte de 1 400 membres (Etats, agences gouvernementales, ONG, peuples autochtones, associations d’entreprises) a clos vendredi 10 septembre 2021 l’assemblée de ses membres avec la publication d’un « manifeste de Marseille » et l’adoption de motions en lien avec les négociations internationales en cours.

Réinventer en urgence les liens de l’humanité avec le monde vivant : tel est le vœu qui transparaît de ce manifeste. Alors que le déclin de la biodiversité se poursuit à un rythme alarmant, accentué par les premiers effets du changement climatique, « des activités humaines insoutenables pour la planète aggravent la situation, et menacent non seulement notre propre survie mais aussi la possibilité mêle d’une vie sur Terre », alerte la plus importante organisation de protection de la nature. Un million d’espèces animales et végétales sont en péril, certaines à l’horizon des dix prochaines années. En France, près de 2 500 espèces sont menacées de disparition. Le document de synthèse de sept pages, qui appelle à des « changements fondamentaux », exhorte les gouvernements à investir « au moins 10 % » des fonds mondiaux pour la reprise dans des projets liés à la nature.

« La réussite économique ne saurait plus se faire aux dépens de la nature », insiste dans l’organisation, rappelant que « nous en faisons partie et nous dépendons d’elle pour nos vies et nos moyens de subsistance ». Elle demande des « plans de relance fondés sur la nature », avec « au moins 10% des budgets totaux de relance » dédié à protéger et restaurer la nature, le reste ne devant pas financer des activités qui lui soient dommageables.

Pour l’UICN, « il est impératif de réduire d’urgence les émissions de gaz à effet de serre ». La protection de la nature doit notamment s’appuyer sur les jeunes, les peuples autochtones et les femmes et les actions locales. L’urgence environnementale peine à se hisser au niveau de l’urgence climatique sur le plan politique. La pandémie de Covid-19, en obligeant les négociations internationales pour la COP15 à se tenir en ligne, n’a pas aidé, empêchant de réelles avancées, a regretté l’organisation.

Dans la perspective de la COP15, prévue en avril 2022 en Chine, et d’un nouveau cadre mondial pour la biodiversité, l’UICN appelle à s’attaquer « aux polluants, notamment ceux issus de l’agriculture et de l’industrie », à « mettre un terme à la pollution par les matières plastiques comme à la surpêche ». « Il est impératif de réduire d’urgence les émissions de gaz à effet de serre », demande encore l’UICN, pour qui les solutions basées sur la nature sont une solution efficace pour s’adapter au changement climatique. Le manifeste suggère également de protéger au moins 30% de la planète d’ici à 2030, mais aussi de créer un réseau d’aires protégées « ambitieux, interconnecté et efficace ».

Moctar FICOU / VivAfrik 

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