Entre 2011 et 2018, le nombre de pauvres au Sénégal a augmenté de 200 048 individus, selon Samba Ndiaye

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Le directeur par intérim des statistiques démographiques à l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), Samba Ndiaye, a, dans une interview accordée à VivAfrik, révélé que le nombre de pauvres au Sénégal a augmenté de 200 048 individus  entre 2011 et 2018. Mieux, le nombre de pauvres est passé de 5, 8 millions à plus 6 millions alors que le taux de pauvreté monétaire a enregistré une baisse de cinq points sur la même période, a renseigné l’Agence nationale de la statistique et de la démographie lundi 13 septembre 2021.                        

L’ANSD a effectué une enquête sur les conditions de vie des ménages au Sénégal en 2018. Comment cette étude  a été élaborée ?

L’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages (EHCVM) est une enquête qui entre dans le cadre du programme des enquêtes réalisées dans la zone UEMOA (Ndlr : Union économique et monétaire ouest-africaine). Ce sont donc des enquêtes qui sont réalisées dans les pays membres de l’UEMOA pour apprécier les conditions de vie des populations et des ménages avec une méthodologie harmonisée dans les différents pays afin d’avoir des indicateurs qui sont comparables dans le temps et dans l’espace.

En termes d’effectifs, le document souligne que le nombre de pauvres a augmenté de 200 048 individus entre 2010-2011 et 2018-2019 au Sénégal. Avez-vous des explications sur cette augmentation ?

Au préalable, avant d’arriver sur ce nombre de pauvres qui a augmenté, il faut dire que le Sénégal a réalisé en 2010-2011 une enquête de suivi de la pauvreté. Et l’enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages qui est réalisée en 2018-2019 montre que le taux de pauvreté qui est sorti de cette enquête est de 37,8%. Si on compare ce taux à celui de 2010-2011, on a un taux de 42,8%. Ce qu’on peut dire à cet effet, c’est que le taux de pauvreté entre 2011 et 2018 a baissé de 5 points. Maintenant, avec cette baisse relative de la pauvreté effectivement entre 2011 et 2018, le nombre de pauvres est passé de 5 832 008 à 6 032 379. Ce qui correspond à une augmentation de 200 048 individus. Cette augmentation de l’effectif en réalité est une conséquence de l’effet démographique parce que parallèlement, quand on regarde l’effectif de la population, on voit qu’il a augmenté sur la période passant de 12 700 000 individus en 2011 à 15 967 000 personnes en 2018 soit une augmentation de 3 200 000 individus. C’est pour cette raison-là qu’on voit l’augmentation du nombre de pauvres en valeur absolue. Mais en valeur relative, la pauvreté a effectivement baisée entre 2011 et 2018.

Une autre baisse, c’est celle relative à l’extrême pauvreté et surtout en zone rurale.     

L’extrême pauvreté a bien sûr baissée. Cette tendance est observée aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain. Pour ces indicateurs, le milieu rural a enregistré une baisse. Ça veut dire, en termes de précarité, le nombre de personnes qui vivaient dans l’extrême pauvreté a baissé si on fait une comparaison entre 2011 et 2018. Ce qui pourrait être entre autre expliqué par des programmes d’intervention.

La région de Sédhiou est la plus touchée par cette pauvreté. Quels ont été les critères de définition de cette pauvreté ?

Pour mesurer la pauvreté, il y a un travail préalable. C’est-à-dire après la collecte de données, il y a un travail de traitement de données qui se fait et on détermine un seuil de pauvreté. Le seuil, c’est une valeur qu’on détermine et tous les ménages qui auront une consommation inférieure à ce seuil sont considérés comme étant pauvres. Ce seuil est déterminé pour être appliqué sur tout le territoire national raison pour laquelle effectivement, on constate que, si on fait référence à ce seuil qui est un élément de comparaison, on constate que les taux de pauvreté sont plus élevés, c’est-à-dire, en termes de valeur relative, les taux de pauvreté sont plus élevés dans la région de Sédhiou comparativement aux autres régions.   

Moctar FICOU / VivAfrik

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