La ferme agricole communautaire de Kandiaye (Sénégal) fait renaître les rêves de développement

0

Le maire de la commune de Kandiaye a laissé entendre que les fermes agricoles communautaires exploitées dans la commune de Kandiaye, dans le département de Vélingara (sud du Sénégal) redonnent espoir aux populations locales, avec de « réelles » possibilités de revenus et de création d’emplois des jeunes, tout en contribuant à réduire l’exode rural et les migrations clandestines.

« Ma commune a eu à bénéficier de neuf fermes pour un cout de 108 millions de francs CFA. Certains périmètres sont clôturés par la Collectivité territoriale, d’autres par nos partenaires. Les fermes créées par la mairie sont réservées exclusivement aux femmes. Et nous avons des fermes communautaires appelé +fermes natangué+ », a indiqué Aliou Baldé.

Le Docteur Baldé, auteur du livre intitulé : « Mise en valeur des aménagements hydro-agricoles du bassin de l’Anambé », publié en 2018, intervenait en marge d’une visite du barrage de Niandouba, situé dans sa commune.

L’ouvrage hydroagricole, inauguré en 1999 par l’ancien président Abdou Diouf sert d’appoint à la vallée de l’Anambée, comprise entre les départements de Kolda et Vélingara, destiné à l’exploitation intensive du riz.

M. Baldé a précisé que sa commune a aussi bénéficié aussi de la ferme départementale du Projet pôle de développement communautaire de Casamance (PPDC) d’un périmètre de 15 hectares. Dix hectares sont actuellement clôturés pour la mise en valeur du champ maraicher.

« A travers l’exploitation de ces fermes pour le maraichage, nous visons, la création de revenus, la santé des populations, et le développement cognitif des enfants », a-t-il indiqué. A termes, « sa commune va disposer d’ici à la fin de l’année de deux fermes collectives et neuf fermes individuelles », a précisé docteur Aliou Baldé.

Non loin des rives du barrage de Niandouba, deux coépouses, de concert avec leur chef de ménage et enfants, exploitent un hectare de périmètre maraicher qui leur a réussi.

Les deux coépouses qui s’entendent « très bien », disent avoir obtenu leur champ grâce à l’appui de leur Collectivité territoriale.

« Nous n’avons pas bénéficié de bourses familiales dans notre concession et nous nous en sommes ouvertes à notre maire qui nous a conseillé de nous investir dans cette activité de maraichage. Grâce à son appui et ses orientations, nous y trouvons aujourd’hui, notre compte », a expliqué Kadiatou Diallo, l’une des exploitantes.

Elles ont, après leurs premières récoltes, au terme d’un an d’exploitation, 12 chaises plastiques qu’elles louent aux organisateurs d’évènement dans leur localité et environ, à raison de 1500 francs par jour.

« Ça marche fort en saison sèche avec la succession des cérémonies de diverses natures. Cela nous offre, une autre source de revenus », a expliqué Khadidiatou en fait part de leur ambition d’étendre le périmètre maraicher.

Elle a toutefois indiqué qu’avec les nouvelles perspectives qui s’offrent à elles, un deuxième puits moderne, bien équipé leur permettra de mieux arroger leur exploitation familiale.

Pour sa part, Youssouna Baldé, président du Comité de gestion de la ferme agricole communautaire de Linguéwal a fortement salué l’idée qui selon lui permettra de retenir les jeunes dans leur terroir, créer des emplois et générer des revenus.

« Notre dernière récolte, nous avons rempli quatre bassines de 18 Kilogramme chacune. Nous vendons ici notre production en fonction de la demande à raison de 300 à 1000 francs CFA le kilogramme de gombo par exemple », a-t-il expliqué.

Cette ferme qui regroupe des exploitants de sept villages cultive du gombo, de l’oignon, du bissap, de la carotte et autres produits maraichers, écoulés généralement au marché hebdomadaire de Diaobé (commune voisine) qui se tient le mercredi.

M. Baldé a toutefois indiqué que l’unique forage de sa ferme ne peut pas arroger suffisamment le périmètre maraicher en raison de la puissance assez faible. Selon lui, aussi, pour plus d’efficacité et à moindre cout, l’idéal est de la faire fonctionner avec le solaire, à la place du carburant.

Youssouna Baldé a invité sa Collectivité territoriale et l’administration territoriale ainsi que les partenaires à aider les exploitants à acquérir du matériel pour labourer leur champ, des semences et intrants agricoles à temps mais aussi les appuyer en renforcement de capacité.

Il a aussi demandé un appui pour l’écoulement rapide de leur production actuellement vendue seulement dans le département de Vélingara.

« Nous avons beaucoup de bachelier parmi les exploitants de cette ferme agricole communautaire. Nous avons la compétence, la volonté et l’engagement de travailler et nous avons choisi de rester dans notre terroir. Si nous sommes dans de bonnes conditions, nous allons produire des revenus réels », a ajouté M. Baldé, en présence de plusieurs autres exploitants de la ferme et le chef du village de Linguéwal.                             

Moctar FICOU / VivAfrik

Avec APS

Laisser un commentaire