Burundi : 100 000 personnes ont dû quitter leurs maisons en raison des catastrophes naturelles

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L’ONG Save the Children a indiqué dans un rapport publié lundi 20 septembre 2021 que les inondations et autres catastrophes naturelles ont forcé au moins 100 000 personnes à fuir leur maison ces dernières années au Burundi. En termes clairs, depuis trois ans, tous les déplacés internes le sont en raison des inondations.

L’ONG anglaise Save the Children qui vient en aide aux enfants dans les pays défavorisés s’inquiète de la situation humanitaire au Burundi, petit pays d’Afrique de l’Est. En cause notamment les inondations qui ont provoqué le déplacement de plus de 100 000 personnes ces trois dernières années. C’est la première fois que l’écrasante majorité des déplacées le sont à cause de catastrophes naturelles et non des violences.

Ce pays d’Afrique de l’Est connaît depuis 2015 une profonde crise politique qui a fait 1200 morts et poussé à l’exil quelque 400 000 Burundais. Mais aujourd’hui, « plus de 84 % de tous les déplacés internes au Burundi […] l’ont été en raison de catastrophes naturelles plutôt qu’en raison de conflits, principalement à cause de la montée [des eaux] du lac Tanganyika, le deuxième plus grand d’Afrique », a affirmé l’ONG anglaise. 

Rappelons qu’en avril 2021, le lac est ainsi monté d’environ 4 mètres par rapport à son niveau normal, détruisant des centaines de maisons, note l’ONG, qui opère au Burundi.

A cela, s’ajoute les pluies diluviennes, les inondations, les glissements de terrain qui ont forcé des milliers de familles à fuir leurs maisons submergées par les eaux ou emportées par des coulées de boue. Rien que cette année, plus de 25 000 personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays. Beaucoup n’ont pas pu rentrer chez elles et vivent dans des camps de fortune, selon une étude récente de Save The Children.

« J’étais agricultrice avant les inondations mais maintenant ma maison est sous l’eau. La situation concernant les inondations est devenue pire qu’avant », a témoigné Marie, mère de trois enfants à Save the Children.

L’ONG, qui lutte pour la protection des enfants, souligne que ces derniers ont été particulièrement touchés. « Il est estimé que 7 200 déplacés – soit 7 % du total – sont des bébés de moins d’un an », ajoute le texte de l’ONG Save the Children. Qui relève que les enfants plus vieux ne peuvent plus aller à l’école, et beaucoup ne reçoivent qu’un repas par jour. 

« Le monde semble avoir oublié le Burundi, qui paye déjà le prix fort du changement climatique global, et les enfants sont les plus touchés », a regretté Maggie Korde, directrice pour le Rwanda et le Burundi. 

« Nous voyons des familles qui avaient auparavant des maisons solides, tous les enfants à l’école, et deux parents qui travaillaient, réduites à vivre dans des tentes, sans emploi, sans nourriture, où les enfants sont obligés de travailler pour un dollar par jour pour soutenir leur famille », ajoute-t-elle. 

En avril dernier, le lac Tanganyika est monté d’environ quatre mètres par rapport à son niveau habituel, détruisant des centaines de maisons, des écoles, des routes et des champs entiers de cultures. L’organisation Save The Children qui a recueilli des centaines de témoignages parle d’une crise oubliée, celle des victimes des chocs climatiques. Au Burundi, tous les déplacements internes des trois dernières années sont le résultat de catastrophes naturelles et non en raison des conflits.

Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), le Burundi fait partie des 20 pays les plus vulnérables au monde au changement climatique, ainsi que l’un des moins préparés à le combattre. Un projet de rapport des experts climat de l’ONU indique que les inondations déplaceront chaque année en moyenne 2,7 millions de personnes en Afrique d’ici à 2050.

Moctar FICOU / VivAfrik

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