L’arrêt des financements de la filière gazière constitue une grave atteinte aux efforts de transition énergétique du Sénégal, selon Macky Sall

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Les pays en voie de développement ne peuvent réussir la transition énergétique et renoncer aux schémas pollueurs des pays industrialisés, sans une alternative viable, juste et équitable. L’exploitation du gaz naturel comme énergie de transition doit être soutenue, a plaidé le chef de l’Etat Sénégalais lors de son discours à l’Assemblée générale des Nations unies ouverte mardi 21 septembre 2021 au siège de l’organisation à New York.

« C’est pourquoi, le Sénégal considère que l’arrêt des financements de la filière gazière, sous prétexte que le gaz est une énergie fossile, sans tenir compte du fait qu’il est aussi et surtout une énergie propre, serait une grave atteinte à nos efforts de transition énergétique, d’accès universel à l’électricité, de compétitivité et de développement économique et social », a poursuivi Macky Sall.

A l’en croire, nos pays qui subissent déjà le poids écrasant de l’échange inégal ne sauraient porter le fardeau d’une transition énergétique inéquitable. « J’appelle, par conséquent, au maintien des mécanismes de financement du gaz comme énergie de transition », a-t-il ajouté. 

Bâtir notre avenir commun, c’est aussi prendre soin de notre planète, conformément au principe de responsabilité commune mais différenciée, face aux ravages du réchauffement climatique.

Au titre de sa Contribution déterminée nationale, le Sénégal poursuit ses efforts de transition énergétique, portant les énergies renouvelables à plus de 30% de ses capacités électriques installées.

« Ce taux sera renforcé avec le projet en cours d’électrification solaire de 1 000 villages, en partenariat avec le Fonds vert climat et la Banque ouest africaine de développement. A terme, grâce à la stratégie gas-to-power, nous visons un objectif de 100% d’énergies propres avec l’exploitation prochaine de nos ressources gazières », a laissé entendre M. Sall vendredi 24 septembre 2021 lors de la 76ème session de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies (ONU).  

Sous un autre registre, le président de la République du Sénégal a indiqué que l’Afrique a besoin d’un financement additionnel d’au moins 250 milliards de dollars d’ici à 2025 afin de pouvoir faire face au choc résultant de la pandémie de Covid-19 et amorcer sa relance économique.

« Au regard de l’impact profond de la crise, l’Afrique a besoin d’un financement additionnel d’au moins 252 milliards de dollars d’ici à 2025 pour contenir le choc et amorcer sa relance économique », a-t-il déclaré.

Il a insisté sur le fait que l’aide au développement à elle seule ne pouvait pas permettre de satisfaire les besoins d’un continent de plus d’un milliard d’habitants et dans lequel beaucoup de choses restaient à construire.

Macky Sall a précisé que cet appui devait se faire sous forme de prêts destinés à financer les secteurs indispensables à son décollage économique, citant entre autres les infrastructures, l’énergie, l’agriculture, l’industrie, l’eau et l’assainissement, la santé, l’éducation et la formation.

« Pour ce faire, un New Deal avec l’Afrique devrait aider à vaincre les déterminismes qui entravent l’accès du continent à ces ressources », a de nouveau expliqué Macky Sall.

Il a ainsi appelé les pays et Institutions partenaires à travailler avec les africains à l’assouplissement des règles de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique) pour libérer le potentiel de l’investissement en Afrique.

Moctar FICOU / VivAfrik

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