Le CICES se dote d’une direction chargée du cadre de vie, affirme Salihou Kéita

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Propos recueillis par Moctar FICOU                      

La nouvelle équipe du Centre international du commerce extérieur du Sénégal (CICES) a décidé de réhabiliter le parc existant du CICES, démultiplier son taux d’occupation et de fréquentation et d’inaugurer de nouvelles activités, sources de revenus complémentaires et d’augmentation de l’usage des locaux rénovés. En partenariat avec des acteurs majeurs, le  CICES va rénover et mettre aux normes  internationales les plus exigeantes ses  infrastructures et ses services dédiés au Parc  des Expositions et au Centre des Congrès.

Dans une entrevue accordée à VivAfrik, le directeur général du CICES, Salihou Kéita qui mise sur la végétalisation de son assiette foncière pour afin de disposer d’un cadre de vie dépourvu de toute reproche a affirmé qu’il s’agira, pour se faire, de proposer de nouveaux services (transports, restauration, logement…), de créer de  nouveaux espaces tels que des lieux de  détente, piscines et centre sportif, centre  commercial, place d’alimentation, centre culturel, cinémas… mais aussi d’offrir de  nouveaux usages des espaces existants rénovés lorsqu’ils ne sont pas exploités.

Lors de la cérémonie de lancement des activités promotionnelles de la 29ème FIDAK, vous aviez montré votre intention de relever le défi de la professionnalisation. Etes-vous sûres que vous êtes sur la bonne voie ?                                   

Je vous rappelle d’emblée que la Foire internationale de Dakar (FIDAK) qui voit la participation officielle de plus de 40 pays, est l’activité phare du Centre international du commerce extérieur du Sénégal (CICES). Quand nous avons pris service, nous avons fait l’état des lieux pour mesure le poids de la mission que le président de la République nous a confié. Cet état des lieux a révélé beaucoup de choses. D’abord, les infrastructures du CICES que vous voyez datent de 1974. Cela veut dire que nous sommes frappés par la vétusté des infrastructures qu’il faut forcément réhabiliter pour répondre aux standards internationaux. Dans le cadre de la réhabilitation du CICES, il faut remercier la Fondation Getty du Canada qui a accepté de porter la phase étude en attendant la phase réhabilitation. Le président de la République, Macky Sall a en outre mis en place un comité présidé par l’architecte du palais. Le CICES, en tant que patrimoine, en tant que structure événementiel de l’Etat est concurrencé par d’autres structures privées. D’où la nécessité d’aller vers la réhabilitation de ses infrastructures pour répondre aux normes internationales mais aussi valoriser l’espace qui reste ici pour renforcer notre efficience opérationnelle et faire en sorte qu’il puisse devenir un attrayant centre d’exposition, un centre des affaires, de la promotion culturelle mais également des loisirs. Nous voulons vraiment avoir un véritable hub économico-culturel.   

Nous écoutons également le grand public qui voit la Foire internationale de Dakar comme le Sandaga bis. Et nous avons le devoir d’écouter ce grand public pour apporter des solutions. Nous avons ensuite travaillé sur une nouvelle feuille de route pour relever les principaux défis. C’est pourquoi, pour l’organisation de la 29ème édition de la FIDAK, nous voulons réussir les défis de la participation mais aussi les défis de l’organisation. Nous recevons du monde, et ce monde qui arrive doit trouver un cadre convivial. Donc, en termes d’organisation, nous sommes en train de mettre en place tout le dispositif qu’il faut pour que les exposants et les congressistes puissent être satisfaits.

En termes d’innovation, nous avons dit : « oui, nous écoutons le grand public ». Nous sommes un centre d’exposition et de congrès. Les exposants ou congressistes qui vont arriver vont exprimer les besoins pendant leur séjour au Sénégal. Le premier besoin depuis l’aéroport, c’est le besoin de se déplacer et aujourd’hui, nous avons mis en place ce qu’on appelle le CICES Transport. Ils vont après exprimer le besoin de se loger pendant leur séjour. Sur ce point précis, nous avons le CICES Hébergement. On assure le transport, on assure l’hébergement mais la restauration aussi doit être assurée. Ainsi, on a ce qu’on appelle le CICES Restauration.

Nous avons mis en place toutes ces innovations grâce au concours du secteur privé. Car, la lecture que nous avons faite, si vous regarder la composition du Conseil d’administration du CICES, vous verrez qu’il est composé par le secteur privé. La forme triangulaire de notre logo et même de mon bureau est pleine de sens : la base, pour moi, ce sont des investissements. Et qui doit investir ? C’est le secteur privé. Les deux côtés, c’est acheter et vendre. En un mot, le secteur privé va nous accompagner pour mettre en place le CICES Transport mais aussi le CICES Hébergement. Nous avons dans le même sillage signé une convention avec les hôtels qui sont autour du CICES pour voir avec eux, comment héberger les exposants et les congressistes. Maintenant, le CICES Restauration également, c’est l’amicale des chefs cuisiniers du Sénégal qui va nous accompagner pour assurer la restauration des participants mais aussi le grand public qui prendra part à la FIDAK. Nous ne voulons plus, en réalité, voir les gargotes dans l’assiette foncière du CICES. Nous comptons aller de façon plus professionnelle.  

Quelle sera donc la place des acteurs du secteur informel dans votre dispositif ?

Pour ce qui est de la professionnalisation de la FIDAK, notre volonté d’aller de l’avant est irréversible. Maintenant, professionnaliser la FIDAK ne veut pas dire que nous allons écarter le secteur informel qui est un régulateur social. L’économie sénégalaise, par exemple, est portée à hauteur de 97% par le secteur informel. C’est pourquoi, nous avons mis sur place une nouvelle initiative dénommée l’Economie populaire (ECOPOP). Ce sont des Foires que nous organisons tous les trois mois, seulement avec le secteur informel. L’objectif recherché ici, c’est d’aller vers la formalisation de leurs activités pour que ces acteurs économiques soient plus professionnels. Ce qui est recherché ici, c’est de leur permettre de participer à la FIDAK mais de façon plus professionnelle. Nous ne pouvons aller vers l’émergence du Sénégal sans le secteur informel mais il faut le formaliser. Je rappelle qu’avec le secteur informel, l’Etat du Sénégal perd trois milles milliards de francs CFA parce que tout simplement, ce sont des acteurs économiques qui échappent à la comptabilité nationale. Le secteur informel c’est l’occupation anarchique et illégale de la voie publique. C’est pourquoi nous devons apporter notre contribution en les enlevant de la voie publique et organiser pour eux, des Foires au niveau du CICES, des Foires en dehors même de la FIDAK parce que la mission du CICES, c’est promouvoir l’expansion économique du Sénégal dans tous les secteurs d’activités sous toutes leur forme. Mais la mission c’est surtout d’organiser des Salons et des Foires.   

Le CICES contribue-t-il à la végétalisation urbaine ?

J’ai expliqué au préalable que nous avons travaillé sur une feuille de route, fait l’état des lieux pour mesurer le poids de la mission qui nous a été confiée. Dans le cadre de cette nouvelle feuille de route, nous voulons diversifier nos activités. Il ne s’agit plus d’organiser une seule activité, c’est-à-dire la FIDAK et croiser les bras. Pour nous, ce n’est pas ambitieux. Le CICES doit répondre aux préoccupations du grand public. La perception que le grand public a, c’est : « la mission du CICES, c’est d’organiser la FIDAK ». Ce n’est pas ça. Le CICES est un instrument extrêmement important pour véritablement aller vers une meilleure expansion ou promouvoir l’expansion économique du Sénégal sous toutes ces formes à travers l’organisation de Salons et de Foires dans tous les secteurs d’activités.

Notre mission c’est donc d’organiser des Salons et des Foires dans tous les secteurs d’activités. C’est pourquoi je dis que le CICES doit fonctionner 24h sur 24, 12 mois sur 12 et 365 jours sur 365. On doit voir le CICES fonctionner sans arrêt c’est-à-dire acheter et vendre à tout moment. Il doit être un centre des affaires, de la promotion culturelle mais également des loisirs. Pour cela, nous avons dit : « il faut booster le taux d’occupation et de fréquentation ». Et si nous voulons booster ce taux, le grand public qui arrivera doit trouver un cadre de vie convivial, un cadre de vie attrayant. C’est pour cette raison que nous avons mis en place une direction chargée du cadre de vie dans le nouvel organigramme pour véritablement faire du CICES un cadre très beau à voir. Nous avons aussi travaillé avec le ministère de l’Environnement et du développement durable avec le concours de la Direction des Eaux et Forêts qui nous a fourni un plan d’action consistant à aller vers la végétalisation de l’espace du CICES. Le projet a bien démarré. C’est ce qui fait que partout, on a des fleurs. Le patio est désormais bien aménagé au grand bonheur des visiteurs.

La 29ème FIDAK coïncidera avec la 17ème Foire commerciale des pays de l’Organisation de la coopération islamique (OCI). Qu’est-ce qui est prévu pour cette Foire ?

L’édition 2021 de la Foire internationale de Dakar sera organisée conjointement avec la 17ème Foire commerciale des pays de l’OCI, du 6 au 9 (décembre 2021). Donc, nous allons mettre en place un dispositif anti-Covid. Nous allons également effectuer un déplacement au Maroc pour rencontrer les autorités de l’OCI afin d’échanger sur les dispositions prises sur le plan organisationnel. J’en suis sûre que nous allons prendre les bonnes dispositions qui seront présentées aux autorités de l’OCI afin de permettre une meilleure organisation de cette activité à Dakar.

Vous travaillez sur la relance économique affectée par le Covid-19. Comment comptez-vous réussir votre mission ?

Nous travaillons aujourd’hui avec la tutelle technique qui le ministère du commerce. Nous avons rencontré madame le ministre pour lui présenter la nouvelle feuille de route. Nous avons fait ce travail tout simplement parce que nous voulons apporter notre contribution afin de véritablement promouvoir les échanges commerciaux entre les opérateurs économiques nationaux et ceux de l’étranger. C’est pourquoi j’ai dit tantôt que notre mission c’est d’organiser des Salons et des Foires pour favoriser ces échanges commerciaux et aller vers le renforcement de la coopération économique et commerciale entre le Sénégal et reste du monde. A travers un centre commercial professionnel et grand public, le CICES offrira des opportunités d’affaires pour les  professionnels et de consommations pour les particuliers.            

Conformément à la vision du chef de l’Etat à travers le Plan d’action prioritaire ajusté et accéléré (PAP2A)  pour la relance de l’économie frappée de plein fouet par la pandémie de la Covid-19, nous avons décliné, sur la base d’innovations majeures, une nouvelle vision du CICES. Cette vision à court terme, permettra, à travers une orientation stratégique et une mise en synergie de toutes les entités, une autonomisation par l’innovation, un repositionnement stratégique et opérationnel, une amélioration des performances du CICES pour mieux contenir les flux de risques et d’incertitudes et retrouver son lustre d’antan. Pour ce faire, la nouvelle équipe que je dirige, à travers une démarche inclusive et participative, libère tous les talents et toutes les énergies positives afin de placer le CICES sur orbite à l’assaut du développement socio-économique et des défis du moment. En outre, cette vision entend mettre en exergue le Plan de développement (PSD), les missions et fonctions du CICES, les stratégies et plans de communication mise en œuvre pour une meilleure visibilité de l’entreprise.

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