Pour Neo Performance Materials, la pérennité de l’industrie des terres rares dépend de l’augmentation de la production

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Le Président-directeur général (PDG) de Neo Performance Materials, société spécialisée notamment dans la production d’aimants en terres rares pour le marché éolien et les véhicules électriques, Constantine Karayannopoulos estime que la hausse des prix des éléments de terres rares et le déficit sur le marché mondial sont des facteurs susceptibles de nuire à cette industrie.

Notons que le marché des véhicules électriques, en plein boom, et celui de l’éolien entrainent une hausse de la demande mondiale en terres rares, ainsi qu’une augmentation des prix. Si l’offre mondiale ne suit pas la même tendance, les consommateurs risquent de trouver des alternatives.

« Aux prix actuels, tout le monde gagne de l’argent […], mais mon mot d’ordre est que l’industrie doit faire très attention à ne pas tuer la poule aux œufs d’or », a indiqué M. Karayannopoulos au cours de la 17ème conférence internationale sur les terres rares organisée du 10 au 12 octobre 2021 à Londres par Metal Events. Il poursuit en expliquant, dans des propos relayés par Reuters, que « même si les terres rares sont terriblement importantes, elles ne sont pas indispensables. Si l’on dispose de suffisamment de motivation, de ressources et de matière grise, il est possible de les éliminer ».

Ces déclarations interviennent dans un contexte où la demande mondiale pour les produits contenant des terres rares explose. En cause, l’accélération de la transition énergétique qui entraine un boom du marché des véhicules électriques et de l’éolien, avec une demande d’aimants permanents en hausse respectivement de 14 % et 5 % sur la décennie pour ces deux secteurs, selon David Merriman, du cabinet de conseil Wood Mackenzie.

Il estime que la demande de matériaux pour produire ces aimants permanents devrait augmenter annuellement de 22 % en moyenne jusqu’en 2030, nécessitant environ 6 milliards $ d’investissements pour y faire face, sans quoi des déficits se feront sentir d’ici 2024.

Pour rappel, l’approvisionnement mondial en terres rares dépend actuellement de la Chine à 80 % et 98 % en ce qui concerne spécifiquement l’Union européenne. Les 27 Etats membres cherchent d’ailleurs à réduire cette dépendance via notamment un plan d’action présenté dans le rapport Rare Earth Magnets and Motors : A European Call for Action, publié le 30 septembre dernier.

Alors que ce plan d’action élaboré par l’European Raw Materials Alliance mise plutôt sur le recyclage et l’installation de capacités de production en Europe, il faut souligner que l’Afrique peut jouer un rôle plus important dans l’approvisionnement mondial dans quelques années.

Le continent abrite depuis 2017 un seul producteur (le Burundi) encore très marginal au niveau mondial, mais les projets de terres rares se multiplient laissant espérer une diversification à moyen terme de l’offre mondiale.

Moctar FICOU / VivAfrik

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