« L’industrie pétrogazière africaine se trouve dans une position précaire », explique NJ Ayuk

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Le Cameroun NJ Ayuk, président de la chambre africaine de l’énergie s’est adressé, via une lettre ouverte, aux dirigeants mondiaux actuellement à Glasgow en Ecosse pour la 26ème Conférence des Nations unies contre le changement climatique (COP26). Rappelons que les dirigeants du monde ont réitéré leur engagement en faveur de la baisse des émissions de gaz à effet de serre, impliquant en amont une réduction de l’utilisation des énergies fossiles. Une décision que l’expert Camerounais qualifie de véritable casse-tête en particulier pour les producteurs africains.

Alors que la fin de l’année 2021 et de la COP26 approche, l’industrie pétrolière et gazière africaine se trouve dans une position précaire. En effet, l’humanité est confrontée à une pression croissante pour réduire notre production de combustibles fossiles et nous tourner vers les énergies renouvelables. De nombreuses grandes entreprises commencent à se désengager des projets pétroliers et gaziers en Afrique en raison des problèmes liés à la transition énergétique.

Dans une lettre ouverte adressée aux dirigeants du monde, dans le cadre de la COP26, le président de la chambre africaine de l’énergie a déclaré que face à cette pression croissante sur le continent pour réduire sa production d’énergies fossiles, il se retrouve dans une position précaire.

Ceci, parce que les énergies fossiles restent d’une importance capitale pour répondre aux besoins économiques et énergétiques de l’Afrique qui sont plus grands que jamais à l’heure de la reprise économique.

Signalons que beaucoup de pays de la région dépendent de la production de pétrole, de gaz et de charbon pour assurer leurs recettes publiques et pour la consommation domestique. Selon le responsable Camerounais, « cette pression est mal venue alors que la feuille de route pour l’énergie de bon nombre d’entre eux table sur un emploi croissant du gaz naturel pour favoriser l’accès universel à l’électricité ».

« La Chambre africaine de l’énergie a récemment publié ses perspectives 2022, qui décrivent les prévisions du secteur pour l’année prochaine et au-delà. Si le rapport indique des signes de reprise, il signale également la nécessité pour les gouvernements africains d’intensifier leurs efforts pour assurer la santé et la longévité de notre industrie – et la nécessité d’une action encore plus immédiate et décisive dans l’environnement post-pandémique. Pour que notre industrie pétrolière et gazière puisse faire bénéficier la population africaine des avantages d’une transition énergétique juste, nos gouvernements doivent agir rapidement », a indiqué NJ Ayuk.

Qui déplore que les compagnies internationales du secteur commencent à se désengager des projets de développement, en faveur des exigences de la transition énergétique. Cela va affecter les revenus des pays africains et les empêcher de financer à l’avenir des projets d’énergie renouvelable pour équilibrer leurs bouquets énergétiques.

« Nous sommes confrontés à des défis de tous ordres. Notre survie économique dépend d’une industrie pétrolière et gazière prospère et gérée de manière stratégique, et les gouvernements africains doivent agir maintenant pour protéger notre industrie et notre avenir […]. Il est encore temps pour les gouvernements africains de prendre l’initiative et de remodeler notre avenir. Mais la fenêtre d’opportunité est petite et nous devons profiter de chaque tendance », a-t-il insisté.

M. Ayuk a laissé entendre que le rapport de l’AEC apporte une nouvelle urgence aux questions qui ont tourmenté notre industrie pendant des décennies. J’ai longuement écrit sur la nécessité de réformer nos politiques fiscales et nos structures réglementaires. Il s’agit notamment de mieux conclure des accords, de réorganiser les réglementations inefficaces et de mettre fin à la corruption, aux violations des droits de l’homme et au nationalisme des ressources. Et dans l’environnement post-pandémique, il est encore plus important d’ajuster la structure de nos transactions pour tenir compte du risque perçu comme plus élevé de faire des affaires en Afrique.

Pour Ayuk, il est essentiel pour l’Afrique de construire les infrastructures dont elle a besoin pour pouvoir industrialiser et diversifier ses économies et les appels à se détourner des énergies fossiles n’arrangent pas la situation actuelle de ces pays.

Il rejoint ainsi le ministre nigérian du Pétrole, Timipre Sylva qui a déclaré il y a quelques jours que les pays africains devraient être autorisés à aller vers la transition à leur rythme.

Moctar FICOU / VivAfrik