« Nous n’accepterons pas que des pays pollueurs… nous disent qu’on ne va plus financer les énergies fossiles », s’en porte Macky Sall

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Le président de la République du Sénégal a insisté sur le règlement de la question de l’énergie en Afrique, espérant que la communauté internationale prendra des « engagements forts » en termes de financement, en faveur du continent. « Nous n’accepterons pas que des pays pollueurs, responsables de la situation de la planète, nous disent qu’on ne va plus financer les énergies fossiles. C’est une énième injuste! »

Ainsi, l’arrêt des financements de la filière gazière serait une « grave atteinte » aux efforts de transition énergétique, aux yeux de Macky Sall qui s’exprimait vendredi 12 novembre 2021, à New York.                  

« Nos pays ne peuvent réussir la transition énergétique et renoncer aux schémas pollueurs des pays industrialisés, sans une alternative viable, juste et équitable. L’exploitation du gaz naturel comme énergie de transition doit être soutenue », a-t-il dit dans son discours lors de la 76ème session de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU).

C’est pourquoi, « le Sénégal considère que l’arrêt des financements de la filière gazière, sous prétexte que le gaz est une énergie fossile, sans tenir compte du fait qu’il est aussi et surtout une énergie propre, serait une grave atteinte à nos efforts de transition énergétique, d’accès universel à l’électricité, de compétitivité et de développement économique et social ».

A ses yeux, la limitation, voire la disparition progressive des énergies fossiles tant souhaitée à l’occasion de la COP26, des décisions accouchées dans la douleur, a donné au président Sall une belle tribune pour livrer le fond de sa pensée. Il est clair qu’à l’issue de cette rencontre internationale sur le climat, le résultat ne prend pas en compte les intérêts et préoccupations de l’Afrique. Ce qui n’a pas été du goût du chef de l’État sénégalais qui est sortie de son silence pour porter la voix de l’Afrique devant les cadres de la diaspora sénégalaise qu’il a rencontrés à Paris, à l’occasion de son séjour pour les besoins du « Forum pour la paix ».                                

Cette épineuse question de la transition énergétique interpelle le président Macky Sall car, étant un enjeu fondamental de développement. « Avant-hier, j’ai fait un plaidoyer sur la transition énergétique. Vous avez suivi qu’à Glasgow, 29 pays se sont engagés pour dire qu’ils ne vont plus financer les énergies fossiles. C’est l’arrêt de mort de notre développement qui est ainsi signé. On ne peut pas l’accepter », dira le président Macky Sall choqué de voir cette idée alimentée par ces pays industrialisés qui sont, selon lui, les principaux pollueurs et responsables de la situation actuelle de notre planète et qui continuent  d’utiliser le charbon, qui est le plus pollueur, venir nous dire que les énergies fossiles dont le gaz, qui est une énergie propre, on ne peut plus le financer. Pour le président Macky Sall, c’est une situation qu’en tant qu’africain, soucieux de son développement, il ne peut accepter.

« Nos pays qui subissent déjà le poids écrasant de l’échange inégal ne sauraient porter le fardeau d’une transition énergétique inéquitable », a dénoncé le chef de l’Etat sénégalais. Par conséquent, Macky Sall a appelé au maintien des mécanismes de financement du gaz comme énergie de transition. Le Chef de l’Etat a rappelé qu’au titre de sa Contribution déterminée nationale (CDN), le Sénégal poursuit ses efforts de transition énergétique, portant les énergies renouvelables à plus de 30% de ses capacités électriques installées.

« Ce taux sera renforcé avec le projet en cours d’électrification solaire de 1000 villages, en partenariat avec le Fonds Vert Climat et la Banque ouest africaine de développement. A terme, grâce à la stratégie gaz-to-power, nous visons un objectif de 100% d’énergies propres avec l’exploitation prochaine de nos ressources gazières », a ajouté Macky Sall.

Qui affirme que pour un continent qui est très discipliné en matière d’émission de gaz à effet de serre, et qui émet au maximum 3% et qui subit dramatiquement les conséquences du réchauffement climatique, cette situation est injuste et injustifiée. « Les conséquences, on les voit partout en Afrique avec notamment l’avancée du désert, la sécheresse, les inondations etc… Pour notre développement, nous avons besoin d’énergie et par la grâce de Dieu, nous avons des sources d’énergie. Je ne comprends pas alors, pourquoi, avec ces pays qui ont ces richesses, on les prive de financement ? S’est encore interrogé le président de la République du Sénégal.

Par conséquent, le combat doit être mené, selon le président Macky Sall. « Nous avons atteint les objectifs en matière d’énergie renouvelable. Nous voulions passer du gaz à l’électricité (Gaz to Power). Une énergie plus propre que le charbon et d’autres types d’énergie. Le temps que l’hydrogène soit au point et que le stockage du solaire soit compétitif, il nous faut une période de transition pour laquelle, le gaz doit être financé », a encore précisé le chef de l’État qui se dit engagé pour poursuivre ce combat dans lequel, il appelle tous les Africains et porteurs de voix soucieux du développement de l’Afrique.

Selon lui, « un autre défi majeur nous interpelle : celui de la condition féminine dans le monde ».

Moctar FICOU / VivAfrik

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