Etats unis : Le gouvernement envisage d’interdire la construction de routes dans l’immense forêt tropicale de l’Alaska

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Le nouveau président américain, Joe Biden et son gouvernement ont fait de l’environnement l’une de leurs premières priorités, juste après la lutte contre la pandémie du Coronavirus (Covid-19). Le chef de l’Etat a déjà signé plusieurs décrets mettant un coup d’arrêt à la politique de Donald Trump. Le programme de Joe Biden pour faire face au changement climatique est vu comme très ambitieux. « Nous allons lutter contre le changement climatique comme nous ne l’avons jamais fait jusqu’ici », a-t-il déclaré le soir même de son investiture. Joe Biden s’est aussi engagé à mettre les Etats-Unis sur la voie de la neutralité carbone d’ici à 2050 pour permettre une diminution des émissions de gaz à effet de serre.

Une politique que le gouvernement fédéral prévoit de consolider. L’une des premières mesures de cette consolidation est l’interdiction de « la construction de routes et l’exploitation forestière sur 9 millions d’hectares de la forêt nationale de Tongass en Alaska, rétablissant ainsi un ensemble de restrictions pour la plus grande forêt pluviale tempérée restante au monde, que le gouvernement Trump avait levées », lit-on dans un article de Joe Walsh et traduit de Forbes US.

Les faits marquants de cette interdiction sont révélateurs. En effet, le ministère américain de l’Agriculture va proposer une interdiction de construction de routes et d’exploitation forestière couvrant la majeure partie de la plus grande forêt nationale du pays, a-t-il déclaré dans une déclaration à Forbes jeudi 18 novembre 2021 (la décision a d’abord été rapportée par le Washington Post).

L’agence prévoit de publier un changement de règle la semaine prochaine, donnant ainsi le coup d’envoi à un processus de commentaires publics de plusieurs mois avant que la nouvelle politique ne puisse entrer en vigueur.

Cette décision annulerait la décision du gouvernement Trump de l’année dernière d’exempter la forêt nationale de Tongass de la « règle sans route » de 2001 du gouvernement fédéral, qui limitait la plupart des constructions de routes et l’exploitation forestière sur plus de 23 millions d’hectares de terres forestières nationales, a rappelé Joe Walsh.

« Le rétablissement de la protection de la forêt de Tongass contre l’absence de routes soutient la promotion de la durabilité économique, écologique et culturelle dans le sud-est de l’Alaska d’une manière qui est guidée par les voix locales », a déclaré le secrétaire à l’agriculture Tom Vilsack dans un communiqué transmis à la presse. 

Le média en ligne forbes.fr souligne que le ministère de l’agriculture a déclaré en juillet 2021 qu’il prévoyait de ne plus autoriser la vente de bois ancien et de rétablir la règle de l’absence de route dans la forêt nationale de Tongass. Cette forêt couvre de vastes étendues du sud-est de l’Alaska et les experts affirment que ses arbres anciens ont absorbé des quantités massives de carbone dans l’atmosphère.

Les groupes environnementaux sont susceptibles de soutenir des protections supplémentaires pour la forêt nationale de Tongass. Le groupe de défense Earthjustice a intenté un procès contre le gouvernement Trump l’année dernière, arguant que la levée de l’interdiction de construire des routes pourrait nuire à l’écologie de la forêt et perturber les résidents – y compris les autochtones d’Alaska – qui en dépendent pour des raisons culturelles et économiques, a ajouté forbes.fr.

Cependant, certains politiciens locaux en Alaska ont soutenu la décision de l’ancien président Donald Trump de lever les protections spéciales pour la forêt nationale de Tongass. Les trois membres du Congrès de l’État – tous républicains – ont qualifié l’an dernier de rigide et d’inutile la règle de 2001 relative aux zones sans route, arguant que cette politique coupait les communautés du sud-est de l’Alaska. Lorsque les restrictions ont été levées en octobre 2020, le gouverneur Mike Dunleavy a déclaré que l’Alaska avait besoin de sa propre règle sans route au lieu d’être confronté à des « règles nationales uniformes ».

Moctar FICOU / VivAfrik

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