Le Cameroun plaide pour une amélioration de la rémunération des producteurs de cacao

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Les autorités Camerounaises œuvrent pour asseoir une filière de cacao durable à travers le monde. En effet, les revenus des planteurs de cacao restent en deçà des attentes des agriculteurs mais tout sera mis en œuvre pour que les prix soient décents, a promis le ministre Camerounais du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana à Yaoundé lors d’une séance de travail regroupant l’interprofession. Avec pour principale interrogation comment faire pour continuer à bien rémunérer les producteurs de cacao particulièrement ceux du camerounais ?

Selon les données de l’Organisation internationale du cacao (ICCO), l’industrie chocolatière mondiale génère annuellement 100 milliards $. Les pays producteurs ne captent que 6% de cette manne financière, dont 2% pour les paysans. Une injustice que les autorités comptent corriger.

« Mon souhait est d’institutionnaliser cette réunion pour trouver une solution aux problèmes des producteurs considérés comme le maillon faible », a pour sa part déclaré Apollinaire Gwe Gwe le président du Conseil Exécutif du CICC. Ce rendez-vous organisé en prélude à l’ouverture solennelle de la prochaine Campagne cacaoyère, a permis à Omer Gaetien Malledy le Secrétaire Exécutif du Conseil Interprofessionnel du cacao et du Café-CICC d’énumérer une série d’actions à entreprendre à savoir la valorisation de l’origine Cameroun afin d’obtenir un meilleur prix, travailler au niveau gouvernemental pour atteindre 420 dollars la tonnes et améliorer la fiscalité.

Après le Ghana et la Côte d’Ivoire, le Cameroun a officiellement engagé, jeudi 18 novembre 2021 à Yaoundé, la capitale du Cameroun, avec l’Union européenne (UE), premier importateur de cacao mondial, le « Cocoa Talks » (dialogue sur la production du cacao durable). Selon les explications du chef de la délégation de l’UE au Cameroun, Philippe Van Damme, ce dialogue vise à contribuer à la lutte contre l’élimination du travail des enfants et la traite des enfants dans la chaîne de valeur du cacao, à renforcer la protection et la restauration des forêts dans les régions cacaoyères et assurer un revenu minimum vital aux cultivateurs de cacao.

C’est dans cette logique que Luc Magloire Mbarga Atangana, a fait observer que la partie européenne semble ne pas mettre l’accent sur l’augmentation du revenu des producteurs.

Le responsable Camerounais cité par Investir au Cameroun a laissé entendre que « la durabilité implique la protection de l’environnement. Mais la durabilité implique aussi la survie des producteurs. Cela nous amène à la question fondamentale de la rémunération des producteurs. La durabilité rime forcément avec la survie des producteurs. La durabilité rime avec la protection de l’environnement, l’interdiction du travail des enfants, mais au final, la prospérité des producteurs. C’est ce tryptique-là que nous voulons voir prendre en compte dans les discussions ». A l’en croire, le prix bord-champ est encore insuffisant au Cameroun même s’il a progressé de 700 FCFA le kg dans les années 1990 à des pics de 1700 FCFA à certaines périodes.

L’effectivité de ces mesures passe nécessairement par l’accélération de l’identification des producteurs de cacao, l’appui à la structuration de la production, la mise en place d’un véritable programme de promotion du label Cameroun, la mise en place d’un Comité de promotion pour mieux communiquer sur les actions, la rationalisation de la fiscalité pour éviter la faillite de nombreuses entreprises.

A ce propos, Gabriel Mbairobe le minader a fait valoir que « 20 milliards de FCFA sont déjà mobilisés pour l’identification des agriculteurs et des éleveurs, nous travaillons avec l’Union européenne à ce propos, nous devons mobiliser 80 milliards de FCFA pour rajeunir 60% du verger, le ministre des Finances travaille sur l’impôt forfaitaire, notre rôle est d’assurer un revenu décent au petit producteur ».

Se référant aux données de l’Organisation internationale du cacao (ICCO), Mbarga Atangana a peint un tableau sombre de la situation des producteurs africains. Selon lui, sur un chiffre d’affaires annuel de 100 milliards de dollars américains dans le secteur, seulement 2 milliards de dollars, soit 2%, reviennent aux producteurs. Les chocolatiers se taillent la part du lion avec 35% du chiffre d’affaires ; le reste revient aux industries de broyage et aux transporteurs.

Le ministre du Commerce réagissait à la présentation des nouveaux règlements européens en débat au Parlement européen. S’ils sont adoptés et votés en l’état, cela fera partie du corpus législatif auquel seront soumis les importateurs européens de cacao afin d’être considérés comme « entreprises durables ».

« Ces initiatives législatives en cours vont permettre de minimiser la contribution de l’Union européenne dans la déforestation mondiale, et promouvoir la consommation de produits issus de chaînes d’approvisionnement exemptes de déforestation. La seconde proposition est relative à la gouvernance des entreprises. Cette proposition législative entraînera des obligations de diligence de l’Union européenne afin qu’elles garantissent une meilleure lisibilité et traçabilité sur leur chaîne d’approvisionnement en produits forestiers. Il est temps que les acteurs camerounais puissent réfléchir sur ces nouveaux critères d’exportation », a déclaré le diplomate européen.

A terme, tous les opérateurs économiques devront respecter les mêmes exigences et exclure de leurs chaînes d’approvisionnement les produits qui causent la déforestation et la dégradation des forêts. Les producteurs dits durables continueront à pouvoir vendre leurs marchandises dans l’UE.

Moctar FICOU / VivAfrik

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