Madagascar à la quête davantage de fonds pour lutter contre la famine

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Pour endiguer la propagation de la famine à Madagascar, il faut d’abord s’attaquer à la sécheresse. C’est du moins ce qu’a estimé Mahatante Paubert, enseignant chercheur à l’université de Tuléar, sur la côte sud-ouest de la Grande Ile, la cause de l’insécurité alimentaire aiguë est le manque d’eau.

C’est dans cette perspective que l’Organisation des Nations unies (ONU), qui estime que la famine qui frappe le pays est la première due au réchauffement climatique provoqué par l’homme, a réclamé vendredi 19 novembre 2021, plus de fonds aux donateurs pour venir en aide à 1,3 million de personnes dans le sud de l’île.      

Les besoins financiers ont été multipliés par trois, et il faut désormais 231 millions de dollars d’ici au mois de mai 2022, dont seulement 120 millions ont pour le moment été versés par des donateurs, a expliqué Jens Laerke, porte-parole du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) lors du briefing de presse régulier de l’ONU à Genève. En effet, cette crise liée à la pire sécheresse qu’a connu la région depuis une quarantaine d’années.

Poursuivant son allocution, M. Laerke a indiqué que « techniquement la famine n’a pas encore été déclarée » à Madagascar parce que tous les critères de l’ONU ne sont pas encore réunis mais, a-t-il insisté. 

« Il y a déjà 28 000 personnes qui souffrent de conditions similaires à la famine ». Les fonds supplémentaires -initialement l’ONU avait demandé 76 millions de dollars- sont indispensables pour fournir nourriture, eau, services de sanitaires à près de 1,3 million de personnes dans le Grand Sud, où la pire sécheresse depuis 40 ans rend pratiquement impossible pour les gens de cultiver leur propre nourriture.

Pour sa part, la ministre de l’Environnement et du Développement durable Baomiavotse Vahinala Raharinirina qui s’exprimait lors d’un entretien a souligné que « la situation est critique et les prévisions en termes de pluviométrie ne sont pas bonnes ». « La désertification, la température de 45°C tout au long de l’année, le manque d’eau, les femmes qui font maintenant 20 km pour aller chercher un bidon d’eau, ça c’est des réalités », a relevé Mme Raharinirina. Qui évoque la sous-nutrition, les risques de décès, et les maladies provoquées par l’impossibilité pour les habitants de boire suffisamment. « Depuis une dizaine d’années cette famine est là régulièrement, et depuis quatre ans, c’est chaque année et ça s’intensifie », a constaté la responsable Malgache.

Moctar FICOU / VivAfrik

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