Le PRCM invite à un changement de comportements durables pour une amélioration de la gouvernance des pêches au Sénégal

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La juriste environnementaliste par ailleurs coordonnatrice du projet gouvernance des pêches au Partenariat régional pour la conservation de la zone côtière et marine en Afrique de l’ouest (PRCM) a peint un tableau sombre de la gouvernance des pêches au Sénégal et en Afrique de façon générale.

Dr Khady Sané Diouf s’exprimait lors d’un déjeuner de presse organisé lundi 22 nombre 2021 à Dakar par le PRCM et ses partenaires sous le thème « Renforçons la gouvernance des Pêches ». Ce déjeuner de presse fait suite à la Journée mondiale de la Pêche célébrée le 21 novembre 2021.  

Au cours de ces échanges, les experts ont éclairé les médias sur les questions de gouvernance de la pêche au Sénégal et le besoin de maitriser la Pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) qui représente une menace pour les économies nationales, la vie et la sécurité alimentaire des communautés côtières. En termes clairs, les organisateurs entendent susciter la discussion autour des problématiques de la gouvernance des pêches au Sénégal ; sensibiliser les médias sur les impacts de la pêche INN et informer sur les initiatives de transparence comme pilier de bonne gouvernance dans le secteur de la pêche.

Occasion saisie par la juriste environnementaliste pour passer au peigne fin la problématique de la gouvernance des pêches en Afrique et particulièrement dans les sept pays où intervient le PRCM (Mauritanie, Cap Vert, Sénégal, Gambie, Guinée Bissau, Guinée et Sierra Leone).

« La gouvernance des pêche est dans une situation alarmante. C’est une gouvernance qui n’est pas effective. Parce que justement, les conditions qui doivent permettre d’aller vers la bonne gouvernance des pêches ne sont pas là. Parmi ces conditions, il y a les conditions juridiques, institutionnelles qu’il faut renforcer, les cadres de concertation pour appliquer le dialogue politique qui sont là mais qui ne sont pas efficaces. Car il y a des capacités qu’il faut renforcer à tous les niveaux pour permettre à ces cadres de mieux fonctionner. Nous avons aussi un autre élément qui est extrêmement important, ce sont les connaissances. En matière de recherches, vous savez qu’on ne peut pas gérer quelque chose qu’on ne connait pas. Donc, pour avoir une maitrise du potentiel qui est sur la table et tous les facteurs qui doivent entrer en jeux pour pouvoir mener vers une gestion durable des ressources halieutiques, il faut des données surtout des données scientifiques. Cela veut dire que nous devons renforcer nos chercheurs mais aussi il faut capacités les acteurs de tel sorte qu’ils puissent produire leurs propres données (Ndlr : connaissances locales) qu’il faut confirmer ou infirmer, en tout cas, il faut les valoriser dans ce processus de prise de décision », a détaillé la coordonnatrice du projet gouvernance des pêches au Partenariat régional pour la conservation de la zone côtière et marine en Afrique de l’ouest.  

A l’en croire, quand on a tout cet ensemble-là, cela peut aider à un changement de comportements durables pour une amélioration de la gouvernance des pêches. Si les acteurs ont les capacités techniques et financières, ils peuvent penser autrement, ils peuvent mieux exercer leur fonction. Ce changement de comportement durable va aussi booster la bonne gouvernance des pêcheries.   

Elle recommande d’« améliorer la gouvernance, la transparence » et de « prendre des décisions appropriés en vue d’atténuer les menaces ». Elle estime que « cela passe par un changement de comportement durale des pêcheries au Sénégal, à travers un renforcement de capacités des acteurs.

Dr Khady Sané Diouf a en outre rappelé que l’une des initiatives du PRCM consiste à contribuer au renforcement des capacités à tous les niveaux, de façon à promouvoir la bonne gouvernance, ajoutant qu’il s’agit de faire en sorte que les différentes parties prenantes soient en mesure de contribuer à l’effort déjà consenti par les pays dans le cadre de la lutte contre la pêche INN.

« Cela permet au Sénégal de jouer son rôle dans l’application de l’accord sur les mesures de l’état du port », a-t-elle ajouté avant de rassuré que le projet va aider le Sénégal à mettre en œuvre des dispositions du Code de la pêche.

Moctar FICOU / VivAfrik  

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