A la rencontre d’Elysée Gatarayiha, pionnier de l’industrie de la noix de macadamia au Rwanda

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Norce Elysée Gatarayiha a établi l’une des premières entreprises de culture et de transformation de noix de macadamia au Rwanda il y a plus de 16 ans. Ses produits s’exportent sur plusieurs continents, valorisant à l’international le « made in Rwanda », a souligné Aïsha Moyouzame à Ecofin.

Notre consœur qui a rencontré M. Gatarayiha a précisé que, dans la province de l’Est, principalement dans le district de Ngoma, l’entreprise Norelga macadamia cultive cette noix à destination du marché local et international. Décrite comme la toute première usine de transformation de macadamia au Rwanda, l’entreprise commercialise ses dérivés sous la marque Wihangire and Utamu Products. Elle possède sa propre ferme de 50 hectares, ainsi que des centres de collecte dans quatre provinces pour acheminer les noix récoltées vers l’usine de Kigali. En plus du macadamia, l’entreprise fabrique aussi des cacahuètes torréfiées, de l’huile de tournesol, des lotions, du beurre de cacahuètes, et d’autres produits comme du jus de canne à sucre.

Rappelons que l’entreprise qui est lancée en 2010 par l’entrepreneur Norce Elysée Gatarayiha, a obtenu entre 2011 et 2017 plusieurs certificats dont celui d’enregistrement et celui bio. L’idée de créer une usine de transformation de macadamia lui est venue après avoir constaté que la production de la coopérative de macadamia Twihangire où il est membre, restait inexploitée. Il a travaillé à l’époque pour un projet gouvernemental de recherche alimentaire qui souhaitait renforcer les exportations et diversifier l’agriculture, dont le macadamia figurait parmi les cultures susceptibles de diversifier l’agriculture du pays. A partir de cette expérience, il a décidé de créer une plantation de macadamia entre 2003 et 2005.

Selon Aïsha Moyouzame, le macadamia fait partie des noix les plus chères au monde. Son prix lucratif attire de plus d’entrepreneurs dans ce domaine, la demande extérieure était très élevée avant la venue de la Covid-19 ayant affecté pratiquement tous les commerces. En plus de sa valeur économique, le macadamia a une bonne longévité de la production, car un arbre peut fournir des récoltes substantielles pendant 100 ans.

Au début de son aventure, raconte notre consœur, Norce Elysée Gatarayiha a toutefois fait face une faible demande de son produit, en conséquence, certains agriculteurs se sont découragés et ont même commencé à couper les arbres qu’ils avaient fait pousser jusqu’à la production. Il a décidé d’intervenir et a transformé lui-même les noix pour leur donner une valeur ajoutée avant de trouver des clients. Il a fait appel aux connaissances des mêmes amis kenyans et zimbabwéens qui lui avaient fait découvrir cette culture lors de ses multiples déplacements, pour guider les premières opérations de transformation.

C’est lorsque l’entreprise a été certifiée qu’il a progressivement développé son projet. Au départ, tout était manuel et, au fil du temps, il s’est procuré des équipements d’occasion et a progressivement augmenté la production, décortiquant les noix et les vendant brutes ou grillées aux supermarchés locaux, ajouté Aïsha Moyouzame.

« Au fur et à mesure que je réalisais des bénéfices, j’utilisais les fonds pour acheter plus de noix aux agriculteurs pour les transformer », a-t-il déclaré sur How We Made It In Africa.

Winning the RDB excellent Award

A ce jour, Norelga Macadamia compte parmi ses plus gros clients la compagnie RwandAir, mais aussi, les acteurs de l’industrie hôtelière comme le Radisson et le Marriott. Elle exporte vers le Kenya, la Tanzanie, la République démocratique du Congo, le Burundi, l’Europe, l’Afrique du Sud, les Pays-Bas, la Pologne, le Vietnam et la Chine. Bien que devenue très prospere au fil des années, Norelga doit néanmoins faire face à une concurrence croissante de la part de nouveaux entrants parmi les entreprises étrangères japonaises et chinoises installés dans le pays, a conclu Mme Moyouzame.

Moctar FICOU / VivAfrik

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