Des experts indépendants de l’ONU invitent à passer des promesses de la COP26 aux actes

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La célébration du 35ème anniversaire de la Déclaration sur le droit au développement a servi de tribune pour les experts indépendants des droits de l’homme de l’Organisation des Nations unies (ONU) de lancer, vendredi 3 décembre 2021, un appel urgent à « passer des promesses à l’action » concernant les résultats de la conférence historique sur le climat COP26 de l’ONU.

D’après un communiqué de l’ONU transmis à la presse, plus de trois douzaines d’experts des Nations Unies ont « approuvé une déclaration appelant à une plus grande transparence et à un suivi rigoureux des engagements pris à Glasgow le mois dernier (Ndlr : du 1er au 13 novembre 2021), tels que la promesse faite par une centaine de pays de mettre fin à la déforestation d’ici à 2030, de réduire les émissions de méthane de 30 % d’ici à la fin de la décennie et d’établir un système de cliquet obligeant les États à renforcer leurs engagements chaque année ».

Le document des Nations unies relève que les experts ont rappelé que « les économies les plus grandes et les plus riches du monde n’ont toutefois pas réussi à prendre des engagements suffisamment forts pour limiter le réchauffement de la planète à 1,5°C », ajoutant que « la conférence n’a pas non plus permis de réaliser des progrès suffisants en ce qui concerne les fonds pour les pertes et les dommages, laissant de nombreux pays vulnérables au changement climatique sans les ressources nécessaires pour passer à des énergies plus propres et faire face à des catastrophes climatiques de plus en plus extrêmes ».

L’ONU qui évoque des règles du jeu équitables a rappelé que l’Accord de Paris de 2015 et la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) sont fondés sur la nécessité d’une équité entre le Nord et le Sud de la planète.

« Ils appellent les États parties à faire face au changement climatique conformément à leurs responsabilités communes mais différenciées ainsi qu’à leurs capacités respectives et exhortent les pays développés parties à prendre la tête de la lutte contre le changement climatique et ses effets néfastes », fait valoir le communiqué.

Selon le texte des Nations unies, les deux documents reconnaissent également que le développement économique et social, la réduction de la pauvreté et la sécurité alimentaire figurent parmi les premières et principales priorités des pays en développement.

L’Accord de Paris reconnaît que le changement climatique concerne l’ensemble de l’humanité et que, lorsqu’ils prennent des mesures pour y faire face, les pays doivent respecter, promouvoir et prendre en compte leurs obligations respectives en matière de droits de l’homme, de santé, de peuples autochtones, de communautés locales, de migrants, d’enfants, de personnes handicapées et de personnes en situation vulnérable, ainsi que d’égalité des sexes.

Les parties à l’Accord de Paris ont en outre convenu d’apporter un soutien financier au développement résilient au changement climatique.

Suffisant pour elles d’appeler à relever le double défi de l’urgence climatique, de la pandémie de Covid-19 et d’accroître la préparation et la résilience aux catastrophes naturelles et aux futures pandémies. Pour cela, les experts ont déclaré que les États devaient agir « conformément aux principes qui sous-tendent le droit au développement ».

Ces principes comprennent « la participation, la réalisation progressive, l’égalité au sein des pays et entre eux, la solidarité internationale et la coopération et l’assistance ».

Et pour s’assurer que les engagements de la COP26 sont mis en œuvre dans l’esprit de la Convention et de l’Accord de Paris, les experts nommés par l’ONU ont soutenu que les États parties doivent « assurer un suivi rapide, en élaborant et en rendant publics des plans de mise en œuvre concrets », rapporte le communiqué.

Ces plans doivent inclure des calendriers spécifiques, l’allocation de ressources financières, une transition juste en intégrant les perspectives de genre, ainsi que des processus transparents pour examiner les progrès.

Il y a trente-cinq ans, la Déclaration sur le droit au développement promettait que toute personne a le droit de participer et de contribuer au développement économique, social, culturel et politique et d’en bénéficier.

Elle soulignait également la nécessité d’éliminer les obstacles historiques et systémiques, notamment le racisme et la discrimination raciale, pour favoriser l’égalité des chances de développement pour tous.

« Aujourd’hui, le monde est confronté à une urgence climatique d’une ampleur sans précédent et la fenêtre d’opportunité pour tenir ces promesses se referme rapidement. Nous appelons les États à passer des promesses à l’action », a-t-on conclu dans le texte.

Moctar FICOU / VivAfrik                    

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