Le GTA prend en compte la réduction des émissions de gaz à effet de serre, selon la Directrice pays de Kosmos Sénégal

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La vice-présidente, directrice pays de Kosmos Sénégal, Khady Dior Ndiaye a indiqué que le projet de l’exploitation du champ gazier offshore de Grand Tortue Ahmeyim (GTA) qui s’inscrit dans la transition énergétique au Sénégal a pris en compte l’impératif de réduire au maximum, les émissions de gaz à effet de serre. La responsable Sénégalaise s’exprimait, jeudi 17 décembre 2021 à Dakar lors d’un panel sur les évolutions du projet au deuxième jour de la conférence-exposition Msgbc oil, gas and power.

Se prononçant sur la mission de cette table ronde, Serigne Mboup, modérateur du panel, a expliqué que « ce qui est attendu de ce panel, c’est que nous puissions savoir de par les présentateurs, où en est le projet, est-ce qu’on est encore dans les temps ? ».

La vice-présidente, directrice pays de Kosmos a tenu à rassurer M. Mboup en prenant en compte ses préoccupations. Ainsi, Mme Ndiaye a indiqué que non seulement le projet avance à grands pas, car le niveau de réalisation est d’environ 70%, mais également il s’inscrit dans la transition énergétique. « Je me rappelle qu’à l’époque, quand les découvertes ont été faites, certains esprits ont dit : « mais pourquoi ce n’est pas du pétrole ? » Aujourd’hui, on est content que ce soit du gaz, parce que le gaz s’inscrit dans la transition énergétique et le projet GTA est un projet qui a pris en compte justement, cet impératif de réduire au maximum les émissions de gaz à effet de serre. Donc, cela sera un projet gazier, qui va produire du bon gaz. Donc oui, on s’inscrit également dans la transition énergétique », a-t-elle rassuré.

Signalons quele champ GTA sera développé avec un système de production sous-marin en eaux profondes, de stockage composé de quatre puits de production de gaz, qui seront reliés à une unité flottante de production et de déchargement (FPSO), d’où le gaz traité sera envoyé vers un navire GNL flottant, proche des côtes.

Le FPSO est en train d’être construit en Chine, mais toute la partie ingénierie a été faite à Paris, a renseigné Franck Pliya, directeur pays et vice-président du développement en Afrique de l’Ouest et du Centre de Technip energies.

Poursuivant son speech, M. Pliya a expliqué que « le FPSO partira de Chine en septembre 2022, il est tracté jusque dans les eaux territoriales pendant trois mois. Décembre 2022, le FPSO sera sur le champ de GTA, sur les eaux territoriales sénégalo-mauritaniennes. C’est un engagement qu’on peut prendre maintenant, il peut y avoir des aléas de la vie, mais l’engagement c’est fin d’année 2022. A partir de là, il y a un certain nombre de travaux à faire, dont le positionnement du FPSO, l’ancrage… Ces opérations doivent être faites durant tout le mois de janvier 2023. Après, il y a toute la phase de connexion, qu’il faut faire. Cela va se faire en février, jusqu’au mois de mars, voire avril 2023. Et à partir de là normalement, le FPSO sera livré à BP, le 15 juin 2023. Nous Technip énergies, on aura normalement terminé notre projet, le 15 juin 2023 ».

Ce qui, aux yeux du Directeur général des Hydrocarbures au ministère du Pétrole, des Mines et de l’Energie de la Mauritanie, est rassurant. Moustapha Béchir trouve que « le projet a été bien présenté techniquement ». « Au-delà de l’exemplarité dans la préparation de ce projet, la bonne collaboration qui existait entre les deux pays, basée sur les relations historiques et le vécu, le présent et le futur commun des deux peuples, c’est une parfaite traduction de ce que nos peuples peuvent faire, quand il y a la volonté. C’est aussi un exemple parfait de la bonne collaboration entre nos partenaires, les investisseurs qui nous font confiance, qui prennent les risques de développer des projets de telles, tailles dans nos pays », a ajouté Moustapha Béchir.

Qui renseigne que « ce projet est un record sur tous les plans. C’est un record au niveau de ce développement conjoint de ressources entre deux pays, au niveau des infrastructures qui seront mises en place pour son exploitation, au niveau du timing entre la prise de la décision finale d’investissement et la production attendue ».

A l’en croire, les deux pays restent « sereins par rapport à la suite du projet, à sa délivrance. Les dates commencent à se préciser sous les différentes formes du projet. Ce qui nous réconforte dans cette approche de collaboration, que nous appelons un partenariat durable entre nos deux partenaires, pour faire en sorte que le projet soit délivré dans les temps, dans les budgets et avec la qualité qui a été définie au préalable ».

Pour sa part, le directeur des Hydrocarbures au ministère du Pétrole et des énergies du Sénégal a salué « le professionnalisme et l’engagement des partenaires BP et Kosmos, et aussi l’engagement des sociétés nationales » ; mais également « la disponibilité des Etats ».

A ce propos, Thierno Seydou Ly explique : « si aujourd’hui, on est arrivé à faire ces réalisations, c’est parce que les deux chefs d’Etat ont mis à disposition les ministères pour qu’ils accompagnent ces sociétés nationales. Comme vous l’avez vu récemment, les deux Etats ont déclaré ce projet d’intérêt national stratégique. C’est pour dire l’importance qu’accordent ces deux Etats à ce projet, en termes de retombées économiques, sociales pour les deux populations, sénégalaises et mauritaniennes ». M. Ly a rappelé que cette phase 1 est le début d’une aventure.

« Cette phase une, nous l’avons bâtie sur un concept plus orienté vers l’export de GNL pour générer des revenus, afin de pouvoir financer les projets au Sénégal et en Mauritanie.  Malgré cela, il y a quand même une provision qui est prévue au niveau de cette phase, pour une consommation locale. Nous avons à peu près 70 mille pieds cubes de gaz qui sont prévus de façon équitable, à être partagés entre les deux Etats, en raison de 35 millions de pieds cubes par Etat. Pour ce qui est de l’Etat du Sénégal, il est prévu d’avoir une centrale électrique au Nord, pour absorber ces 35 millions de pieds cubes. L’étude de faisabilité avance très bien et donc, ce qui amorce le début de la mise en œuvre de la stratégie Gaz to power. L’une des premières utilisations qui a été identifiée, utilisation de ce gaz au niveau local. Mais au-delà, nous sommes en train de réfléchir sur une deuxième phase de ce projet et elle devrait consolider, augmenter cette utilisation du gaz au niveau local. L’objectif des deux Etats, c’est de créer une chaîne de valeur pour maximiser l’impact de ces investissements, que ce soit au niveau du Sénégal qu’au niveau de la Mauritanie », a conclu le directeur des Hydrocarbures au ministère du Pétrole et des énergies du Sénégal.

Moctar FICOU / VivAfrik

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