Le Mali organise des « Migrances », une série de colloques pour célébrer la Journée internationale des migrants

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La Journée internationale des migrants fait ressortir le potentiel de la mobilité humaine, la thématique de cette année étant de « Mettre à profit le potentiel de la mobilité humaine ».

L’Organisation des Nations unies (ONU) estime qu’il y aurait 281 millions de migrants dans le monde, soit 3,6 % de la population mondiale qui est contrainte de quitter son pays. Pour informer et sensibiliser le grand public à cette question, l’ONU a mis en place la Journée internationale des migrants qui a lieu chaque 18 décembre de chaque année. L’édition 2021 marque le 70ème anniversaire de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Pour marquer cette journée, le centre Amadou-Hampaté-Ba et le forum pour un autre Mali organisent une série de colloques intitulés « Migrances ». Cette année, c’est autour du thème de l’éco-panafricanisme et de l’engagement des « mères sociales » que des dizaines de chercheurs, d’écrivains et d’artistes se retrouvent à Bamako autour de la question des migrations africaines vers l’Europe.

Ici, et durant trois jours, c’est avant tout la question de la circulation de personnes au sein de territoires qui tient lieu de fil conducteur. « Nous nous parlons d’émigration, c’est à dire, nous considérons la question à partir du point de vue africain, explique Boubacar Diop. Émigration. Ceux qui s’en vont. Et puis une fois qu’ils sont partis, qu’est-ce qui leur arrive, quelle est notre part de responsabilité, mais aussi, dans quelle mesure nous pouvons interpeller ? »

Interpeller car en Occident, la question migratoire est souvent liées aux enjeux sécuritaires en période électorale. Sur un mur une affiche s’interroge. « Agenda sécuritaire et migration vers l’Europe. La sécurité pour qui ? ». Pour Aminata Dramane Traoré, figure altermondialiste et initiatrice de l’événement, c’est une manière de replacer au cœur des débats le sort des migrants.

« C’est ceux qui les laissent mourir en Méditerranée ou dans le désert qui sont censés nous défendre ici, lance-t-elle. Alors je ne comprends pas. S’il s’agit de sauver des vies humaines, il faut juste changer de paradigme de développement et de partenariat mondial, notamment les relations franco-africaines. » Une conviction qui se matérialisera ce samedi par le lancement d’un appel à « la communauté internationale » qui vise à construire un ordre mondial plus juste.       

Moctar FICOU / VivAfrik                                   

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