Emigration clandestine : plus 4 400 personnes mortes ou disparues, selon Caminando Fronteras

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L’année écoulée a été la plus meurtrière sur les routes migratoires qui mènent à l’Espagne. Actif depuis 2002, le collectif Caminando Fronteras a publié lundi 3 janvier 2022 son rapport annuel des victimes des routes migratoires de la frontière Euroafricaine. En termes clairs, au cours de l’année 2021, l’association Caminando Fronteras a comptabilisé 4 404 personnes mortes ou disparues, dont 628 femmes et 205 enfants, parmi les arrivées de migrants via la voie maritime. Une augmentation de plus de 100% par rapport à 2020.  

Ce qui ressort de l’exhaustif rapport annuel fait minutieusement par l’association espagnole Caminando Fronteras, c’est non seulement la terrible hausse des morts en mer d’une année sur l’autre, mais aussi le fait que la route la plus dangereuse est de loin celle des Canaries.

Il est là question de ces embarcations de fortune qui partent depuis le littoral africain, surtout de Tan Tan ou d’El-Ayoun, à l’extrême sud du Maroc, et qui tentent d’arriver vers l’archipel des Canaries.

Chaque année, cette ONG dresse le bilan des victimes de drames migratoires grâce aux appels de migrants ou de leurs proches sur ses numéros d’urgences. En 2021, 4404 personnes sont mortes ou disparues sur les routes migratoires vers l’Espagne, soit en moyenne douze personnes par jour.

C’est deux fois plus qu’en 2020. À cette époque déjà, 2 170 personnes étaient mortes ou disparues en tentant de rejoindre l’Europe via l’Espagne. Des nombres tragiques qui font de 2021 l’année la plus meurtrière depuis 2015 et le début des rapports de l’ONG Caminando Fronteras.

Selon cette association, spécialisée dans l’aide aux migrants qui passent par les mers, cette route tragique a induit en 2021, 124 naufrages. Les raisons avancées par la présidente Helena Maleno sont multiples : les embarcations seraient dans un état déplorable, les capitaines de ces traversées seraient de moins en moins expérimentés, les routes maritimes seraient chaque fois plus périlleuses.

Enfin, à ses yeux, la vigilance maritime espagnole et européenne serait chaque fois plus musclée et brusque, ce qui provoquerait de nombreux naufrages.

Moctar FICOU / VivAfrik

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