Les grandes villes africaines expérimentent l’agriculture hors-sol

0

L’agriculture hors-sol est un système de culture qui ne nécessite pas d’avoir un terrain pour pratiquer une activité agricole. Cette méthode encore appelée agriculture hydroponique connaît un succès grandissant dans les métropoles africaines en raison du manque de terrain cultivable.

Dès lors, les entreprises et les particuliers se mettent peu à peu à l’agriculture hors sol. C’est ainsi que les entrepreneurs créent des fermes hydroponiques pour approvisionner les habitants des milieux urbains en produits maraichers. Cette activité est un excellent moyen de se faire des revenus à partir d’un coût de production réduit.

Parmi les innovateurs, il y a Cocosol, une société abidjanaise qui a développé une technique d’agriculture à partir de substrat en fibre de noix de coco. C’est un bout de terrain dans le quartier d’Abatta. Cernés par des clôtures en bois au milieu des habitations, des centaines de plants de tomates sont alignés. Des cultures hors-sol pur jus que Romain Kouadio, le technicien de l’entreprise Cocosol, s’emploie à faire pousser grâce à un engrais bien particulier.

Décrivant ce procédé, Romain Kouadio a expliqué que « c’est le substrat de coco broyé qu’on utilise pour faire la culture hors-sol. Quand on fait la pépinière, on sème. Trois semaines après, on fait le repiquage. On prend le plant et on le met le substrat dans le Cocosol ».

A l’en croire, il faut avoir des connaissances en culture hydroponique et en horticulture, prendre connaissance des fermes hydroponiques locales, maîtriser les méthodes de culture des semences, connaître comment le système d’arrosage fonctionne, la durée avant la récolte pour chaque plante, la température idéale sous serres, l’installation et le nettoyage de la ferme hydroponique.

Le substrat de fibre de coco pour remplacer la terre, c’est le défi que s’est donné Joseph Danumah, directeur général de Cocosol. « La fibre de coco est biologiquement saine, elle a une forte capacité de rétention en eau. Elle est dépourvue de parasites, de champignons parasites, d’insectes, etc. Donc, ce produit-là est sain. Il n’y a aucune concurrence à cultiver la fibre de coco. Les plantes peuvent donc se développer au maximum de leur potentiel génétique. Cela nous permet d’avoir des plantes saines, vigoureuses et qui produisent presque inévitablement », a-t-il précisé. 

On trouve différentes tailles de fermes hydroponiques ; le coût exact dépend de la taille envisagée. Si on n’a pas les moyens de se payer une location, on peut installer des serres chez soi dans un environnement intérieur à température contrôlée. Cette forme d’agriculture est très productive sur de très petites surfaces.

Pour ce type de culture, plus besoin de terre arable. Une simple dalle suffit pour installer une serre. « Avec 250 m2, tu peux faire ton coin de 780 à 800 plants. Tu peux peut-être nourrir le quartier au fur et à mesure », a expliqué Romain Kouadio.

« Puisque nous avons des rendements qui partent du simple au triple ou du simple au quintuple, nous pouvons effectivement résorber ce besoin alimentaire. C’est une agriculture qui est très rentable, très productive sur de très petites surfaces. On parle plutôt d’agriculture intensive parce qu’on a de grandes récoltes sur de petites superficies. Dans la périphérie de la capitale ivoirienne, on peut développer ce type d’agriculture pour nourrir la population », a dit Joseph Danumah expliquant que l’agriculture hors-sol, c’est une des solutions pour nourrir les grandes villes de la Côte d’Ivoire.

Le budget d’un système hydroponique d’une capacité de 140 plants est d’environ 900 dollars. Il permettra de cultiver à petite échelle, une variété de fruits et de légumes. A cela s’ajoute le budget à prévoir pour les semences et le matériel agricole. En termes clairs, la mise en place de ces fermes hydroponiques est très coûteuse. Suffisant pour Cocosol de chercher des soutiens au sein des institutions et des acteurs de l’agriculture ivoirienne pour mettre un coup d’accélérateur et rendre cette technique accessible à tous.

Moctar FICOU / VivAfrik

Laisser un commentaire