Les ONG de défense des droits humains obligent TotalEnergies à se retirer de la Birmanie

0

Dans le viseur des Organisations non gouvernementales (ONG) de défense des droits humains, le groupe mondial fournisseur d’énergie a officiellement annoncé son retrait de la Birmanie. Cette pression des ONG fait suite au coup d’État survenu le 1er février 2021 dans le pays de l’Asie du Sud-Est où il était partenaire et opérateur du champ de gaz de Yadana.  

Total avait dans un premier temps refusé de mettre fin à ses activités dans le pays, préférant protéger les employés de sa filiale. Le retrait annoncé sera effectif à l’issue d’un préavis de six mois. Face à l’escalade des violences en Birmanie, TotalEnergies se retire du pays asiatique où était partenaire et opérateur du champ de gaz de Yadana. C’est ce qu’a annoncé vendredi 21 janvier 2022 le groupe français, qui avait déjà mis fin au projet de développement d’un nouveau gisement, arrêté ses campagnes de forage et suspendu des versements aux actionnaires d’un gazoduc, parmi lesquels figure une entreprise contrôlée par l’armée birmane.

« Le contexte qui ne cesse de se dégrader au Myanmar, en matière de droits humains et plus généralement d’Etat de droit, depuis le coup d’Etat de février 2021 nous a conduits à réévaluer la situation et ne permet plus à TotalEnergies d’apporter une contribution positive suffisante dans ce pays », a indiqué le groupe dans un communiqué. Une position que demandait des ONG de défense des droits humains.

Les ONG faisaient pression depuis des mois en ce sens. Human Rights Watch avait à nouveau appelé les États-Unis et l’Union européenne à « imposer des mesures indispensables pour cibler les fonds qui financent le régime abusif de la junte », après avoir reçu un lettre du PDG de TotalEnergies Patrick Pouyanné soutenant « la mise en œuvre de sanctions ciblées ».

Le processus de retrait « prévu aux contrats du champ de Yadana et de la société de transport MGTC au Myanmar » a été initié, et ce « sans aucune contrepartie financière pour TotalEnergies », précise le géant de l’énergie, implanté de longue date dans le pays.

Il sera effectif à l’issue du préavis de six mois et les intérêts de TotalEnergies seront répartis entre les partenaires actuels « sauf refus de leur part », tandis que les opérations seront reprises par l’un d’eux.

TotalEnergies est partenaire (31,24%) et opérateur du champ offshore gazier de Yadana dans la mer d’Andaman aux côtés des américains Unocal-Chevron (28,26%), de PTTEP (25,5%), filiale de la société nationale d’énergie thaïlandaise, et de la société d’Etat birmane MOGE (15%).

En avril 2021, le fournisseur avait préféré maintenir sa présence en Birmanie et s’était engagé à verser l’équivalent des taxes dont l’entreprise s’acquitte auprès de l’État birman aux associations de défense pour les droits humains.

Total met donc fin à 20 ans de présence en Birmanie. EDF avait déjà jeté l’éponge en mars 2021 suspendant un projet de 1,5 milliard de dollars pour la construction d’un barrage hydroélectrique.

Moctar FICOU / VivAfrik