L’envol du marché mondial du sésame

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L’approche du Nouvel An chinois qui sera célébré le 1er février 2022 a réveillé le marché mondial du sésame après un début de campagne assez terne. A l’origine de ce réveil la manœuvre des acheteurs chinois.

Cela fait deux à trois semaines que le marché du sésame retrouve un peu de dynamisme. Un réveil que l’on doit à la Chine et à ses importateurs qui sont revenus aux affaires, avant le Nouvel An. 

En Afrique, renseignent les statistiques communiquées par le spécialiste n’kalô cité par commodafrica.com, les exportations cumulées du Niger et du Nigeria  vers  Pékin ont quasiment doublé  pour atteindre 192 985 tonnes, soit près de 30% des importations totales de la Chine. Le Burkina Faso et le Togo font aussi partis des bénéficiaires. Avec  94 466 tonnes exportées, en hausse de 42%, les deux pays se placent à la troisième place des fournisseurs de Pékin après le Niger/Nigeria et le Soudan (120 554 tonnes).

La Chine, c’est environ 50 % des achats mondiaux de sésame – loin devant le Japon et la Turquie, les deux autres gros importateurs –  alors forcément quand le pays achète peu, le marché ronronne… Et c’est ce qui s’est passé ces derniers mois. Et même ces deux dernières campagnes. La Chine qui se ruait sur le marché international depuis plusieurs années a ralenti le rythme. Notamment à cause de stocks portuaires plus élevés que d’ordinaire, a souligné Marie-Pierre Olphand à RFI. 

Le début de l’année 2022 a cependant marqué un rebond, pour ne pas dire un emballement, qui s’explique peut-être selon un expert par un effet d’entraînement : des acheteurs s’activent et les autres suivent par contagion… 

Cette reprise donne des prix fermes sur le marché, avec une tendance à la hausse, qui devraient durer jusqu’aux vacances des acheteurs chinois dans quelques jours. Le Nouvel An marquera un ralentissement sur le marché international, mais les prix devraient néanmoins rester fermes.  

Le bulletin d’information agricole N’Kalo précise qu’en Europe, les importations de sésame reculent de 6% à 60 104 tonnes avec un forte chute de l’Inde (-22 170 tonnes) partiellement compensée par la Turquie, dont les exportations ont été multipliées par près de 4, les pays d’Amérique du Sud et dans une moindre mesure les pays d’Afrique, en particulier le Nigeria (+24%), a relayé commodafrica.com dans ses colonnes.

La Chine s’approvisionnant à 90 % sur le continent africain, c’est là que l’agitation se fait le plus sentir. Or l’Éthiopie étant moins présente à cause du conflit armé qui secoue le pays depuis plus d’un an et le Nigeria souffrant lui d’une production en baisse, la demande se focalise sur les pays tels que le Burkina Faso, où certains exportateurs se demandent s’ils vont avoir assez de sésame pour honorer tous leurs contrats, selon les informations rapportées par le bulletin d’information agricole N’Kalo. D’autant que la nouvelle donne politique dans le pays risque de ralentir les échanges.

Il reste globalement assez peu de stock de sésame du côté des producteurs. Ce sont donc les exportateurs et les commerçants qui devraient profiter des prix soutenus du moment. À l’exception peut-être des Maliens, le marché étant en berne du fait des restrictions commerciales imposées au pays.    

Moctar FICOU / VivAfrik