L’eau et la paix, au cœur du prochain Festival A Sahel Ouvert

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« La 6e édition du Festival A Sahel Ouvert se déroulera du 25 au 27 février 2022, comme tous les deux ans à Mboumba, au nord du Sénégal. Le Festival est partenaire de l’initiative « Voix du Fleuve, Voie de la Paix », en préambule au Forum Mondial de l’Eau qui se tiendra à Dakar (21-26 mars), et en partenariat avec Baaba Maal. De nombreux artistes, de plusieurs pays, seront à l’affiche », lit-on dans un communiqué de presse parvenu à VivAfrik.

Selon le document, le concept de la prochaine édition du Festival A Sahel Ouvert (« FASO ») sera inédit cette année. L’événement se positionne, en effet, sur la route du Forum mondial de l’eau (FME) qui aura lieu à Dakar du 21 au 26 mars 2022. Le FASO est ainsi partenaire de l’initiative « Voix du fleuve, Voie de la paix » qui vise à organiser une réflexion stratégique et créative sur les enjeux liés à l’eau entre populations riveraines du fleuve Sénégal, dirigeants de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS), personnalités et experts en gestion de l’eau. Le projet est centré sur l’écoute des populations locales et la création d’emplois locaux pour le renforcement de la paix dans le bassin.

Les organisateurs précisent dans le texte que l’initiative est portée par des artistes dans le domaine de la musique, du cinéma, du théâtre et de la photographie. Une suite musicale collaborative, intitulée Voix du fleuve, voie de la Paix appelant à l’engagement pour l’eau et la paix entre les peuples, a été composée  par des artistes de renommée internationale des quatre pays riverains du fleuve Sénégal : Baaba Maal (Sénégal), Fatoumata Diawara (Mali), Noura Mint Seymali (Mauritanie), Sékou Kouyaté (Guinée), Noumoucounda (Sénégal). L’album paraîtra le 22 mars sur le label Milk Music et sera interprété en live au Festival en avant-première. Un premier morceau, Maayo Senegal, de Baaba Maal, est déjà disponible sur les plateformes de musique, en accès libre.

Ce dernier a contribué à cet album et s’engagera, en tant que parrain du projet et personnalité fédératrice du fleuve Sénégal, à convier le dialogue avec les populations locales de la région du Fouta. Parrain du festival depuis sa création en 2010, porte-parole par excellence de la culture pulaar à travers le monde, oscarisé aux États-Unis pour la musique du film Black Panther, et nommé ambassadeur des Nations unies contre la désertification, sa participation au projet est apparue comme une évidence pour les organisateurs.

Le projet « Voix du fleuve, voie de la Paix », porté par l’OMVS, l’agence de bassin transfrontière du fleuve Sénégal, est mis en œuvre par une coalition de partenaires, notamment : le Geneva Water Hub, l’association GLOBE, le Secrétariat International de l’Eau (SIE), l’IPAR, Milk Music, le Pôle Eau Dakar, le Réseau International des Organismes de Bassin (RIOB), Nann-k, Bois Sakré, Waterpreneurs.

Enfin, cette activité ne serait pas réalisable sans le soutien financier de la Direction du développement et de la coopération Suisse (DDC), et de l’Union européenne. La DDC travaille en coopération multilatérale avec une large gamme d’acteurs dans plusieurs régions du monde. Elle s’adresse aux défis globaux tels que le changement climatique, l’approvisionnement en eau et la bonne gouvernance. De plus elle reconnaît l’importance de l’art et de la culture comme des axes indissociables de la promotion de la paix et du développement durable. L’Union européenne reconnait l’accès à l’eau et à l’assainissement comme une condition essentielle au développement humain, mais aussi comme une source de vie par sa faculté à protéger l’environnement et la biodiversité. Elle promeut également une gestion de l’eau transfrontalière afin de préserver la paix et la sécurité, a encore indiqué le communiqué.

L’objectif est, selon la même source, de faire émerger un plaidoyer local et une nouvelle grille de lecture des projets à forte valeur intégrative et équitable des intérêts locaux, en particulier ceux des femmes et des jeunes. Les résultats des consultations populaires seront restitués au FME, et intégrés aux réflexions institutionnelles de haut niveau comme un modèle pour la prise en compte des intérêts locaux dans le développement stratégique du fleuve. Ils seront aussi intégrés dans des échanges sur le concept d’un Fonds bleu pour l’emploi et l’entrepreneuriat social.

Le FASO s’articulera, comme d’habitude, autour de concerts, sur une grande scène installée dans le lit du fleuve, d’ateliers artistiques centrés sur le thème de l’eau, et de panels et débats faisant intervenir aussi bien des institutions, des experts, que des représentants des populations locales.

Un espace de soutien d’initiatives menées par les jeunes

Dans le but d’identifier, encourager et soutenir l’engagement des jeunes en matière de gestion des ressources en eau et d’adaptation aux changements climatiques qui touche le fleuve Sénégal, un appel aux idées de projets « Voix du fleuve, Voie de la Paix » a été lancé les 20 et 22 décembre 2021 à Podor et Saint Louis, à travers l’IPAR. Cet appel à propositions vise à soutenir des initiatives innovantes menées par les jeunes concernant l’eau et la santé, l’eau et l’agriculture et l’eau et l’environnement, dans un élan de contribution à l’atteinte des Objectifs de Développement Durable (ODD) 6 et 13 des Nations unies, a poursuivi le communiqué.

Les dix meilleures idées de projets de jeunes issues de cet appel seront accompagnées techniquement à travers un atelier dans le cadre du village du FASO. La mise en œuvre des trois meilleurs projets sera appuyée financièrement jusqu’ à 3 000 euros pour chaque projet.

Le FASO, c’est aussi l’organisation de consultations gratuites de médecine générale et de spécialités. Cette année, focus sur les maladies gynécologiques, en partenariat avec le ministère de la Santé du Sénégal et des ONG spécialisées. Le festival sera, par ailleurs, marqué par la pose de la première pierre du centre Wendoogo : après 10 ans d’actions, GLOBE a lancé en 2020 un projet de centre de formation et de création artistique en zone rurale, pour faire de la culture un levier de développement. Il sera aussi un lieu de production d’œuvres. Sa construction sera achevée en 2023.

Le FASO est avant tout soutenu par des centaines de bénévoles ainsi que des partenaires sans qui cet événement n’existerait pas. Parmi ces derniers, on compte, notamment, le groupe de média GFM, l’Institut français, l’AFD et Nouvelles Frontières Sénégal.

Au cours des cinq précédentes éditions du Festival, plus de 300 artistes ont été programmés, plus de 70 000 festivaliers ont assisté aux concerts et activités, un théâtre de verdure inédit en zone rurale a été construit, plus de 1 000 arbres ont été plantés, des actions médicales inédites ont été engagées, 900 bénévoles, dont 600 femmes, sont impliqués chaque année dans ce projet hors du commun.

Moctar FICOU / VivAfrik