Quatre organisations alertent sur la crainte d’une baisse de l’aide humanitaire au Burkina Faso

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Dans un communiqué commun publié jeudi 10 mars 2022, quatre organisations internationales notamment Oxfam, Médecins du monde, Action contre la faim et le Conseil norvégien pour les réfugiés ont fait part que les fonds promis, dans le cadre de soutiens financiers l’an dernier, n’ont pas été totalement alloués et la guerre en Ukraine pourrait entraîner une forte baisse de l’aide humanitaire.

Cette guerre pourrait impacter fortement l’aide humanitaire en Afrique. Dans le cas spécifique du Burkina Faso, le nombre de déplacés internes est en forte augmentation depuis le début de l’année. Suffisant pour l’État d’indiquer qu’1,7 million de personnes ont dû quitter leur zone d’habitation en raison de la crise sécuritaire.

Les organisations d’aide aux déplacés sont gagnées par l’inquiétude car, leur nombre augmente de plus en plus. Quasiment 10% de la population au Faso est aujourd’hui déplacée, 80% de ces personnes ont moins de 18 ans. Et les promesses d’aides financières prévues en 2021 sont loin d’être atteintes. Pire, celles de 2022 pourraient être réduites en raison de la guerre en Ukraine.

« Burkina, Mali, Niger, il y avait eu des promesses à la hauteur de 1,7 milliard de dollars et on est bien en deçà, a pointé Marine Olivesi, porte-parole du Conseil norvégien pour les réfugiés au Burkina Faso. Il manque en gros un milliard de dollars, avec la crainte aussi que la crise en Ukraine ne désengage un peu plus encore les bailleurs de fonds. »

Au sein de Médecins du monde, même inquiétude. Certains donateurs ont informé l’organisation que les aides pourraient être réduite de 70% en raison du conflit en Ukraine.

« C’est une réelle inquiétude. On a peur que les fonds soient déviés vers l’Ukraine. Les besoins augmentent de façon exponentielle depuis le début de l’année, et il est indispensable que les financements suivent cette évolution dramatique dans le pays », a dit Safia Torche qui dirige l’organisation au Burkina Faso.

L’antenne burkinabè de l’organisation Action contre la faim craint une hausse des prix des céréales, l’Ukraine et la Russie étant d’importants exportateurs vers l’Afrique de l’Ouest, alors que près de 3 millions de Burkinabè sont déjà confrontés à l’insécurité alimentaire.

Le constat que nous faisons dans ce communiqué, c’est surtout celui de promesses de financement qui ne sont pas atteints. Ça se traduit par le fait que certains secteurs de la réponse humanitaire sont extrêmement sous-financés, s’est montrée déçue l’Organisation non gouvernementale.

Moctar FICOU / VivAfrik