La FAO alerte sur le risque de famine en Afrique de l’Ouest

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L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a informé que la région ouest-africaine va devoir affronter une grave crise alimentaire. Selon l’organisation onusienne, en Afrique de l’Ouest et au Sahel, 27 millions de personnes souffrent actuellement de la faim ou de malnutrition. Ce chiffre pourrait bondir de 40% et atteindre 38 millions de personnes d’ici au mois de juin 2022. En cause, l’insécurité, la sécheresse, mais aussi les effets inflationnistes sur les prix des denrées, consécutifs à la pandémie de Covid-19 et à la guerre en Ukraine.

La guerre en Ukraine ne doit pas faire oublier les autres crises dans le monde et notamment les crises alimentaires en Afrique, c’est ce que répète depuis plusieurs semaines la FAO. Une consultation internationale réunissant des dirigeants africains, européens et des instances onusiennes se tient ce mercredi 6 avril 2022 à Rome au siège de la FAO. Car la situation alimentaire s’aggrave de jour en jour, notamment en Afrique de l’Ouest.

En termes clairs, les sécheresses extrêmes, l’épidémie de Covid-19 et maintenant la guerre en Ukraine sont « autant de facteurs qui exacerbent » les risques de famine au Sahel et en Afrique de l’Ouest, selon les spécialistes internationaux.

Une réunion virtuelle de haut niveau est organisée à ce sujet par l’Union européenne, le Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest, et le Réseau mondial contre les crises alimentaires (RPCA) pour la région, à laquelle participeront le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell et deux Commissaires européens.

Dans la région sahélienne, ainsi qu’autour du lac Tchad, en quatre ans, le nombre de personne souffrant de malnutrition a été multiplié par quatre. En cause, l’insécurité. Les groupes armés, le terrorisme, mais aussi les coups d’État, souligne un responsable de la FAO. Les déplacements de population en raison de ces conflits battent tous les records. Et les paysans éloignés de leurs champs ne peuvent plus travailler, ce qui renforce l’insécurité alimentaire. Autre phénomène aggravant : la sécheresse et le changement climatique.

Enfin, depuis la pandémie de Covid-19, les prix des produits de base ne cessent d’augmenter. L’inflation est encore alimentée depuis un mois par la guerre en Ukraine, avec le renchérissement du coût de l’énergie et donc du transport, ainsi que la raréfaction du blé ukrainien dont dépendent nombre de pays. L’Afrique de l’Ouest et le Sahel sont prisonniers d’un enchaînement de circonstances que la FAO espère briser grâce à la solidarité internationale.

Moctar FICOU / VivAfrik