Le CICR alerte sur la crise alimentaire qui « passe inaperçue » en Afrique   

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L’insécurité, la sécheresse, mais aussi les effets inflationnistes sur les prix des denrées, consécutifs à la pandémie de Covid-19 et à la guerre en Ukraine ont rendu précaires les conditions de vie dans le monde entier.

Suffisant pour le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) d’alerter, mardi 5 avril 2022, sur la crise alimentaire majeure qui touche actuellement l’Afrique mais « passe inaperçue » en raison de la guerre en Ukraine.  Quelque 346 millions de personnes, soit plus d’un Africain sur quatre, souffre de faim « alarmante » et ce chiffre va probablement augmenter dans les mois à venir, a mis en garde le CICR.

Qui reconnais qu’en raison des chocs climatiques et des conflits, plus de 70% de la population du Soudan du Sud ferait face à une faim extrême cette année. Mais la crise alimentaire est plus large encore.

Celle-ci frappe l’ensemble du continent, depuis l’Ethiopie et la Somalie, touchées par la sécheresse jusqu’à la Mauritanie et le Burkina Faso. Mais les fonds manquent pour y répondre, s’inquiète le CICR. A ce propos, le directeur monde des opérations du CICR a laissé entendre lors d’une conférence de presse dans la capitale kényane, Nairobi qu’« il s’agit d’une catastrophe qui passe largement inaperçue. Des millions de familles ont faim et des enfants meurent en raison de la malnutrition ».

Poursuivant son intervention, Dominik Stillhart, a fait part que l’attention portée au « terrible » sort des Ukrainiens « ne devrait pas empêcher le monde de voir d’autres crises ». D’après l’organisation internationale, le conflit en Ukraine a contribué à la hausse des prix alimentaires et du carburant et à désorganiser les chaînes d’approvisionnement, amplifiant les effets de la pandémie de coronavirus.

Si l’on se fie aux dires de M. Stillhart, l’organisation veut consacrer un milliard d’euros cette année à sa réponse humanitaire en Afrique, mais il lui manque quelque 800 millions d’euros. « Nous intensifions nos opérations (…) afin d’aider autant de gens que nous le pouvons, mais le nombre de personnes qui n’ont pas d’eau et de nourriture est ahurissant », s’est-il désolé.

De son côté, le Programme alimentaire mondial de l’ONU (PAM) a alerté au, mois février 2022, sur le fait que plus de 70% de la population du Soudan du Sud ferait face à une faim extrême cette année, en raison de l’instabilité politique et des désastres naturels.

L’Organisation des Nations unies a indiqué en janvier 2022 que plus de six millions de personnes dans l’est et le sud de l’Ethiopie ont besoin d’une intervention « d’urgence » cette année face à l’intense sécheresse qui sévit dans la Corne de l’Afrique.

Au Burkina Faso, le nombre de personnes déplacées par la faim a plus que doublé au cours de l’année écoulée. M. Stillhart a rappelé l’impact indirect du changement climatique sur les récoltes. « L’actuelle crise de la sécurité alimentaire est clairement le résultat des effets combinés des conflits (…) mais c’est aussi le résultat de chocs climatiques répétés ».

Moctar FICOU / VivAfrik  

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