L’Afrique du Sud enregistre des précipitations records, plus de 300 morts dénombrés

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Les pires inondations jamais connues qui ont touché ces derniers jours la côte est de l’Afrique du Sud ont tué au moins 306 personnes, selon le dernier bilan diffusé mercredi 13 avril 2022 par les autorités locales. D’après le représentant du département de la santé de la province du Kwazul-Natal, les corps continuent d’affluer dans les morgues, alors que des dizaines de personnes sont encore portées disparues.  Le président Cyril Ramaphosa s’est rendu sur place et a déploré « une catastrophe » naturelle.

Les précipitations records qui ont atteint depuis le week-end du 9 au 10 avril 2022 un niveau jamais connu depuis plus de 60 ans, ont laissé derrière elles des paysages dévastés. Ponts effondrés, routes submergées, à certains endroits autour de la ville portuaire de Durban, première ville du Kwazulu-Natal (KZN, est) et épicentre de la catastrophe, les glissements de terrain ont laissé de géantes brèches dans la terre comme fendue par les torrents d’eau. « Le 13 avril (2022) au soir, nous avons été informés que le bilan des inondations dans le Kwazulu-Natal s’élève à 306 morts », a déclaré Nonala Ndlovu, porte-parole. Un précédent bilan faisait état de 259 morts.

« En quarante-huit heures, il est tombé plus de 450 mm d’eau dans certaines zones », a fait savoir la prévisionniste Dipuo Tawana. Les météorologues ont comparé le niveau des précipitations à celui « normalement associé aux cyclones ».

« Nous voyons des tragédies similaires frapper le Mozambique, le Zimbabwe, mais aujourd’hui, c’est nous qui sommes touchés », a déploré le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, qui s’est rendu dans la matinée du mercredi 13 avril 2022 auprès de familles endeuillées à Clermont, une banlieue pauvre de Durban. Les autorités locales réclament que l’état de catastrophe naturel soit déclaré.

Il a promis l’aide du gouvernement à un père de famille qui a perdu ses quatre enfants, ensevelis dans l’effondrement d’un pan de leur maison. Cyril Ramaphosa a aussi déploré « une catastrophe aux proportions énormes ». Les mains jointes, l’homme a raconté au chef de l’État l’eau qui monte au milieu de la nuit, l’électricité coupée, ses enfants endormis dans une autre pièce et qu’il n’a pas réussi à sauver.

« C’est le changement climatique qui s’aggrave »

L’armée a été mobilisée pour apporter un soutien aérien pendant les évacuations. Des milliers de maisons ont été détruites et au moins 140 écoles touchées, selon les autorités locales. Les intempéries ont entraîné le blocage de nombreuses routes. L’activité au port de Durban a dû être suspendue, des conteneurs ayant été emportés par les eaux. Les autorités ont signalé des pillages.

Les fortes précipitations ont aussi entraîné des coupures d’électricité et perturbé l’approvisionnement en eau. Les liaisons ferroviaires ont été suspendues et les habitants appelés à éviter tout déplacement.

« Nous savons que c’est le changement climatique qui s’aggrave, on est passé de tempêtes extrêmes en 2017 à des inondations supposées records en 2019 mais clairement dépassées aujourd’hui en 2022 », a mis en garde Mary Galvin, professeur d’études du développement à l’université de Johannesburg. En 2019, des inondations dans la région et la province voisine du Cap-Oriental avaient déjà fait 70 morts et dévasté plusieurs villages côtiers dans des coulées de boue.

Moctar FICOU / VivAfrik