Agriculture : Le PARIIS constitue une réponse assez adéquate par rapport à l’accès à l’eau, selon Dr Aifa Fatimata Ndoye Niane 

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L’économiste principale de l’Agriculture à la Banque mondiale, a fait valoir, mardi 25 avril 2022 que « le Projet d’appui régional à l’initiative pour l’irrigation au Sahel (PARIIS) constitue une réponse assez adéquate par rapport à une contrainte majeure de notre agriculture qui est l’accès à l’eau ».

Dr Aifa Fatimata Ndoye Niane s’exprimait au terme de la visite effectuée dans les premières réalisations du PARIIS Sénégal dans le bassin arachidier, notamment les périmètres maraîchers féminins de Nemah Ba (3,5ha) et de Dassilamé Sérère (4ha), dans la commune de Toubacouta. Elle a profité de cette tournée pour apprécier de visu les résultats et les impacts de ces aménagements sur le terrain.

L’experte s’est félicitée des premières réalisations du Projet d’appui régional à l’initiative pour l’irrigation au Sahel Sénégal dans le bassin arachidier en présence du coordonnateur national du PARIIS, Aly Sané Niang, et des services techniques. Sur place, la responsable a découvert avec « satisfaction et une impression positive » que les femmes bénéficiaires de ces réalisations ne passent plus la nuit ou ne se réveillent plus à 2 heures du matin pour aller puiser de l’eau.

Dr Aifa Fatimata Ndoye a en effet estimé qu’avec l’intervention du projet, ces périmètres maraîchers ont connu « une évolution considérable avec des infrastructures/équipements modernisés, constitués notamment de mini-forages munis de pompes immergées et alimentées par une source d’énergie solaire permettant une irrigation sous pression au goutte-à-goutte ou à l’aspersion de parcelles viabilisées à la herse mécanique et sécurisées par des clôtures en grillage. Grâce à ces aménagements, les femmes bénéficiaires des périmètres ont aujourd’hui, retrouvé le sourire avec une amélioration de leurs revenus due à un accroissement et une diversification de la production ».

« Le PARIIS constitue une réponse assez adéquate par rapport à une contrainte majeure de notre agriculture qui est l’accès à l’eau, en permettant à ces bonnes dames d’avoir accès à l’eau, mais également à une solution d’irrigation. En plus les autorités sont engagées dans le système pour assurer une bonne appropriation, mais aussi une pérennisation de l’investissement. Ce qui est salutaire en termes de démarche, en plus de la dimension technologique », a laissé entendre l’agro-économiste, en charge du PARIIS au Sénégal à la Banque mondiale.

A l’en croire, le PARIIS « est un bon modèle, un projet exemplaire qui doit pouvoir ouvrir l’œil en termes d’appui au secteur ».

Dans son allocution, l’experte a rappelé que l’initiative PARRIS est un projet sous régional qui couvre cinq pays de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel avec un objectif global d’1 milliard d’hectares à emblaver. « Nous sommes juste au début, c’est une phase-pilote que nous sommes en train de mettre en œuvre et qui porte ses fruits et qui pourra ouvrir d’autres opportunités en termes de financements au niveau de la Banque mondiale ; mais également au niveau de nos partenaires. Nous avons la coopération espagnole, qui a mobilisé 15 millions d’euros pour le Sénégal, au-delà des 25 millions de dollars de la Banque mondiale. Et je suis sûre qu’avec les résultats que nous sommes en train de voir, il y aura d’autres opportunités pour étendre encore cette belle initiative pour assurer la transformation durable de notre système alimentaire et construire toute la résilience par rapport au changement climatique », a assuré l’experte de la Banque mondiale.

Poursuivant, elle a précisé que le projet a signé une convention avec l’Agence nationale de conseil agricole et rural (ANCAR) afin de faire face aux problèmes liés à l’accompagnement, l’encadrement, au stockage, la mise en marché, entre autres.

L’agro-économiste, en charge du PARIIS au Sénégal à la Banque mondiale a, en outre fait une promesse de taille. « Il faut une démarche chaîne de valeur. Aujourd’hui, les femmes sont contentes d’avoir augmenté considérablement leur production, mais si elles n’arrivent pas à trouver un marché, ça sera une autre source de démotivation. Ce qui fait que tous les problèmes liés à la chaîne de valeur, notamment le stockage, la conservation, la mise en marché, font partie intégrante du projet. Le maximum sera fait pour répondre à ces exigences et motiver davantage l’accroissement de la production et de la productivité ».

Pour rappel, le PARIIS Sénégal a aménagé, avec l’appui de la Direction des bassins de rétention et des lacs artificiels (DBRLA), vingt-deux ha de périmètres maraîchers au profit de 600 femmes des régions de Thiès, de Fatick et de Kaolack.

Moctar FICOU / VivAfrik