La production maraîchère de deux villages de l’arrondissement de Toubacouta (Sénégal) dopée par des systèmes d’irrigation

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Les maraîchères du Sénégal notamment ceux de l’arrondissement Toubacouta, situé dans la région de Fatick (centre) sont aux anges. En effet, l’encadrement technique fourni à deux groupements de femmes des villages de Néma Bah et de Dassilamé Sérère a permis d’augmenter fortement la production maraîchère de ces deux villages de l’arrondissement de Toubacouta, situé dans la région de Fatick (centre).

Les systèmes d’irrigation et d’aménagement des terres utilisés ont été vulgarisés dans cette partie du département de Foundiougne par le Projet d’appui régional à l’initiative pour l’irrigation au Sahel (PARIIS).

Selon la secrétaire générale du groupement des femmes « Yoon Ndiofor » de Némah Bah, « les installations agricoles modernes du PARIIS nous ont permis d’augmenter notre production annuelle, qui est passée, pour l’oignon, de 49 tonnes avant l’arrivée du projet à 131 tonnes en 2022 ».

Une mission de la Banque mondiale, un partenaire financier du PARIIS, a visité quatre hectares exploités à Némah Bah en compagnie de plusieurs journalistes.

Les 81 femmes membres de « Yoon Ndiofor » ont produit 200 kilogrammes de chou, 12 tonnes d’aubergine et trois tonnes 150 kilogrammes de pomme de terre, grâce au projet, a indiqué la secrétaire générale de ce groupement.

Selon elle, les méthodes d’irrigation et d’aménagement des terres utilisées par le PARIIS ont permis d’exploiter les champs pendant douze mois. Auparavant, la durée de travail n’était que de trois mois par an.

Le projet a permis aux femmes de faire deux campagnes agricoles dans l’année, selon la secrétaire générale du groupement « Yoon Ndiofor ».

« Les recettes générées par nos activités nous permettent de prendre en charge certaines dépenses familiales », s’est-elle réjouie.

Après Néma Bah, la mission de la Banque mondiale a visité un champ communautaire exploité avec l’aide du PARIIS à Dassilamé Sérère.

« Ici aussi, la production agricole a augmenté grâce aux aménagements et au système d’irrigation du PARIIS », a dit le coordonnateur de l’association intervillageoise de Dassilamé Sérère, Mamadou Bakhoum.

« Grâce à nos partenaires, la production a atteint 23 tonnes à l’hectare pour la pomme de terre et 28 tonnes à l’hectare pour l’oignon. Nous avons atteint des niveaux considérables de productivité », a ajouté M. Bakhoum.

Selon lui, les récoltes de pomme de terre vont générer 15 millions de francs CFA, cette année, à Dassilamé Sérère, grâce au projet et à ses partenaires.

Cinquante-neuf femmes exploitent le champ de ce village.

Les groupements de femmes de Néma Bah et de Dassilamé Sèrére ont demandé à leurs partenaires de les aider à transformer la production maraîchère et à leur construire des magasins de stockage et de conservation du surplus de la récolte.

Le coordonnateur du PARIIS, Ali Sané Niang, a dit avoir pris note des doléances des femmes.

Le but du projet est de permettre aux femmes des deux villages de dérouler leurs activités maraîchères tout au long de l’année et d’augmenter leur production, ainsi que leurs revenus.

« Nous utilisons un système d’irrigation par aspersion, qui fonctionne à l’énergie solaire, en plus de la technique dite du goutte-à-goutte », a expliqué M. Niang.

Le PARIIS est financé par la Banque mondiale pour aider les agriculteurs à exploiter neuf sites aménagés dans les régions de Fatick, Kaolack (centre) et Thiès (ouest).

L’aménagement et l’équipement des sites a coûté 200 millions de francs CFA, a indiqué Ali Sané Niang, ajoutant que le projet sera mis en œuvre jusqu’en 2024.

L’agroéconomiste Aïfa Fatimata Ndoye Niane, chargée du PARIIS à la Banque mondiale, s’est réjouie des rendements agricoles obtenus.

Moctar FICOU / VivAfrik

Avec APS